Le ciel de Bamako semble plus lourd aujourd'hui. En ce lundi 06 avril 2026, la nouvelle est tombée comme un couperet, glaçant le cœur de ceux qui ont eu le privilège de croiser sa route: Mme Diaby Makoro Camara a tiré sa révérence, rejoignant l’éternité.
Une pionnière au regard fier
Elle n’était pas simplement une directrice de publication; elle était une bâtisseuse. Dans un univers médiatique exigeant, Makoro a imposé son nom par la seule force de son travail et de son intégrité. De la création du journal Kabako à la mise sur pied de Mousso TV et de Radio Oxygène, elle a prouvé que l'ambition, lorsqu'elle est portée par la passion, ne connaît aucune limite.
L’esprit d’une femme libre
On se souviendra d'elle comme d'un esprit farouchement indépendant. Femme d'Affaires redoutable à la tête de «HIPPO Imprimerie», elle maniait l'art de l'excellence avec une rigueur qui forçait l'admiration. Elle était cette «femme battante» qui ne reculait devant aucun défi, transformant chaque obstacle en un tremplin pour briller davantage.
Une icône de l'engagement
Son engagement dépassait les murs de ses rédactions. Présidente de l'Association des Professionnelles Africaines de la Communication au Mali (APAC-Mali), Trésorière de la Maison de la Presse... Makoro était une colonne vertébrale pour la profession. Elle a ouvert la voie à des générations de femmes journalistes, leur montrant qu'il était possible de diriger, d'entreprendre et de réussir sans jamais trahir ses convictions.
«Une icône s'est éteinte, mais l'écho de sa voix et la précision de ses presses continueront de résonner dans chaque salle de rédaction du pays».
À notre consœur, à la cheffe d'entreprise, à la maman et à l'amie:
Ton départ laisse un vide immense, mais ton héritage est gravé dans le papier et l'onde.
Que la terre de Djélibougou te soit légère et que ton âme repose en paix dans la lumière d'Allah.
Dors en paix, Brave Dame.
La presse malienne te doit un salut éternel.
Par A.K.D
À DIEU, CHER MAHAMANE !
«Le Scorpion» a rangé son aiguillon: L'ultime envol de Mahamane Hamèye Cissé
Le ciel de Bamako s’est couvert d’un voile d’incrédulité jeudi soir, 09 avril 2026. La nouvelle est tombée comme un couperet, glaciale, irréelle: Mahamane nous a quittés. Comment admettre que celui qui, le jeudi matin encore, portait la voix des journalistes devant le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, M. Mossa Ag Attaher, s'est éteint quelques heures plus tard dans le silence feutré du destin ?
Ce matin, il était l'action, le plaidoyer, la force tranquille d'une délégation en marche. Ce soir, il est une absence qui nous glace le sang.
L'architecte de notre liberté
Mahamane n'était pas seulement un journaliste; il était la «conscience de notre métier». Père spirituel de la presse malienne, il a gravé son nom dans le marbre de l'histoire:
Visionnaire de 1992: Il fut l'artisan de la loi qui nous a libéré la parole.
Bâtisseur: C’est sous son impulsion et sa ténacité que la Maison de la Presse a vu le jour, ce toit qui nous abrite tous.
Défenseur: Il s'est battu pour que l'aide publique à la presse ne soit pas une aumône, mais un droit à la dignité pour les messagers de l'information.
Une complicité de plume et de cœur
Pour moi, son départ a le goût de la cendre. Entre nous, il n'y avait pas seulement de l'estime, il y avait cette fraternité sacrée née du partage des convictions. Je me souviens de ces visites, de ces moments suspendus où, souvent accompagné de son inséparable frère Sadou Abdoulaye Yattara, nous refaisions le monde.
Il y avait entre nos deux (02) titres ce lien invisible du «satirique».
Le fondateur de «Le Scorpion» savait que l'ironie est le dernier rempart de la liberté. Nous partagions ce goût «amer et chatouillant» de la satire, cette capacité à piquer pour réveiller les consciences, à rire pour ne pas pleurer des travers de la société.
Une sortie dans la discrétion des grands
Il est parti comme il a vécu: avec une «élégance souveraine».
Après avoir rempli sa mission matinale pour la collectivité, il s'est retiré sans bruit, nous laissant avec nos sanglots et ce frisson d'épouvante devant la fragilité de la vie.
«La mort n'emporte pas les grands hommes, elle les installe dans l'éternité du souvenir».
Mahamane Hamèye Cissé laisse un vide immense à la Maison de la Presse, mais son héritage brûle dans chaque rotative, dans chaque article audacieux, dans chaque éclat de rire satirique.
Repose en paix, cher confrère.
«Le Scorpion» a rangé son aiguillon, mais son venin contre l'injustice continuera de couler dans nos veines.
Par A.K. DRAMÉ