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Enseignants détenteurs de licence professionnelle : La décision qui fait monter le thermomètre
Publié le mercredi 15 avril 2026  |  Mali Tribune
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© aBamako.com par Dr
Application de l`article 39 : grèves des syndicats des enseignants
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La semaine dernière, une lettre du ministre de l’Education nationale demandant aux directeurs d’académie, de redéployer les enseignants détenteurs de licence professionnelle de l’Ecole normale supérieure (Ensup), dans leurs écoles d’origine, a fait polémique et a créé un rififi entre le ministre et certains syndicats.

Dans sa lettre en la date du 2 avril, le ministre de l’Education nationale Amadou Sy Savané a demandé aux enseignants détenteurs de licence professionnelle de l’Ensup, de retourner à leurs écoles d’origine. Il a aussi instruit aux directeurs d’académie d’enseignement, de procéder à l’affectation des détenteurs de licence professionnelle de l’Ensup dans les écoles de leur ressort. Et cela, dans un délai de quinze jours en attendant une relecture des textes.

Aussitôt relayé sur les réseaux sociaux, quatre sur les sept syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre, la Synergie, dont le Synem, le Syldef, le Synefct et le Fenarec, ont dans un communiqué, demandé aux détenteurs de licence professionnelle de rester à leur poste et ont convoqué une assemblée d’information. Selon Koni Tangara, secrétaire général de la Fédération nationale de l’éducation, des arts, de la recherche et de la culture (Fenarec), il s’agit d’une assemblée de consultation et d’information de base.

L’assemblée ne concernera pas seulement le cas du redéploiement des détenteurs de licence Ensup, a précisé le secrétaire général de la Fenarec mais aussi deux autres points. « La question de la prime spéciale accordée en 2021 et l’accès des enseignants aux services sociaux de base ». Pour le moment rien n’est clair sur les futures actions à suivre. « Nous allons consulter nos bases, écouter, analyser et après prendre les dispositions idoines », nous a confié Koni Tangara.

Sur la question, le leader de la Fenarec, Koni Tangara dit être en déphasage avec le ministre de l’Education. Pour lui faire retourner ces détenteurs de licence Ensup à leur école d’origine, c’est demander à quelqu’un d’aller se former et de revenir à la case de départ. Dans son entendement, il s’agirait de faire travailler des catégories A, car les détenteurs de licence Ensup deviennent catégorie sous des ordres des catégories B2 et autres. « La plupart des directeurs de fondamental 1, sont des catégorie B2 », avance-t-il.

Plus loin, Koni Tangara soutient que l’Ensup n’est pas habilitée à former des enseignants de la fondamentale. Le corps professeur d’enseignement fondamental, a été supprimé à l’Ensup et tous les enseignants formés à l’Ensup doivent servir dans le secondaire (lycée et Instituts de formation de maitre). « Aucun texte ne cadre ce redéploiement. Le ministre devrait attendre la relecture des textes », estime le secrétaire général du Fenarec.

Le syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire des collectivités (Sypesco), est dans un sens contraire avec la Fénarec. Pour ce syndicat, à travers son secrétaire général Moulaye Koniba Coulibaly, tout a commencé avec une enquête sur un déficit de compétence dans l’enseignement secondaire. Questionnée là-dessus, l’Ensup a été claire dans une lettre, selon le patron du Sypesco. Le module enseigné pour la licence professionnelle, ne permettrait pas d’enseigner au secondaire mais juste ouvert au master. La lettre existe, a rassuré Moulaye Koniba.

Pour un observateur très averti sur les questions de l’éducation au Mali, qui a préféré garder l’anonymat, tout ceci est un faux problème car pour lui, le ministre a raison sur tous les points. Les textes sont du côté du ministre, nous confie-t-il en citant l’article 23 du statut des enseignants au Mali qui prévoit: « Sont nommés dans les emplois de professeur titulaire de l’enseignement fondamental, les maitres principaux ayant subi avec succès une formation de professeur titulaire de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaires et spéciale sanctionnée par un diplôme équivalent au moins à la licence ».

Aux dires de cet observateur, au cours de leur parcours, ces enseignants au niveau fondamental font des demandes de congé de formation qui leur est octroyé pour qu’une fois la formation terminée, ils reviennent renforcer les capacités et le capital humain au niveau de l’enseignement fondamental. Le module y est conçu pour. « Le vrai, c’est qu’une fois formée, ces gens ne veulent plus retourner dans les classes. A travers les syndicats, ils se retrouvent dans les directions, les académies et autres », juge-t-il.

Pour soutenir ses prétentions, notre observateur confie que dans certaines directions aujourd’hui, où l’organigramme ne doit pas dépasser 44 agents, l’on se retrouve à plus de 120 agents. Il cite les académies qui, pour lui, n’ont prévu que 40 agents mais la plupart se retrouve avec plus 100 travailleurs. « La plupart sont ces détenteurs de licence professionnelle, dont le ministre demande affectation », prétend-t-il.

Notre observateur soutient qu’être professeur d’enseignement secondaire nécessite d’avoir une maitrise dans le domaine enseigné et se passe sur concours. Et pour finir, il a fait savoir que ces professeurs relèveront de la direction de l’enseignement secondaire et non de la direction l’enseignement fondamentale. « Le ministre a raison sur toute la ligne et cette situation, est une grosse perte pour l’Etat qui investit beaucoup dans ces formations », conclut-il.

Le secrétaire général de la coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses), Seydou Fomba, invitent les deux parties à s’entendre, le ministre et les syndicats. Il y a beaucoup d’amalgame, estime-t-il. Il n’est pas seul. D’un côté, certains acteurs avancent qu’il est de principe que tout enseignant formé à l’Ensup doit enseigner dans les lycées ou l’enseignement normal (IFM). D’un autre, la loi, l’article 23 du statut de l’enseignant qui dit autre chose. Les deux parties doivent s’entendre et négocier, conseillent bon nombre d’acteurs.

Koureichy Cissé

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