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Femafoot : Que peut Mahazou Baba Cissé ?
Publié le lundi 20 avril 2026  |  L’aube
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Réunie en Assemblée générale élective extraordinaire le jeudi 16 avril 2026, la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) a porté - sans surprise -Mahazou Baba Cissé à sa tête. Le candidat unique qu’il était, a été plébiscité à 95,83% des suffrages. Après cette élection, de nombreuses questions se posent sur sa capacité à diriger l’instance dirigeante du football malien, et au-delà, sur l’avenir du football malien.

C’est un scrutin sans suspense qui s’est déroulé à Bamako. Mahazou Baba Cissé a été élu président de la FEMAFOOT pour un mandat de quatre ans. Sur les 72 votants enregistrés (sur 77 délégués attendus, soit un taux de participation de 93,5%), 69 voix se sont portées sur son nom, contre une seule voix défavorable et deux abstentions. Un score écrasant de 95,83% qui, à défaut de traduire un débat démocratique intense marqué par une pluralité de candidatures, témoigne d’une volonté affichée des acteurs du football malien de tourner la page de l’ère Mamoutou Touré dit Bavieux, dont la gouvernance était de plus en plus contestée. Supervisée par des émissaires de la FIFA et de la CAF, l’Assemblée générale s’est tenue dans un climat apaisé, contrastant avec les habituelles tensions qui précèdent traditionnellement les grandes élections fédérales. L’installation officielle du nouveau comité exécutif est prévue pour le 19 avril, avec une reprise attendue des activités administratives et techniques dès la semaine suivante.

Un profil de gestionnaire dans un écrin de défiance

Né le 12 janvier 1973 à Bamako, Mahazou Baba Cissé n’est pas un inconnu dans l’écosystème sportif et économique malien. Formé à l’économie et à la gestion à l’École Nationale d’Administration (ENA) de Bamako, il a bâti sa fortune dans le secteur privé, notamment minier et des services, avant de s’investir dans le football avec la création de l’Académie ABM Foot en 2022, puis du FC Malicoura en 2023, deux structures basées dans le district de Bamako. Mais cet ancrage, à la fois dans les arcanes administratifs de l’État et dans le monde des affaires privées, suffira-t-il à panser les plaies profondes du football malien ? La question est sur toutes les lèvres, des gradins aux studios des radios sportives. Si ses partisans louent son "entregent" et sa "connaissance fine des rouages de la maison", ses détracteurs redoutent la simple perpétuation d’un système de gestion opaque qui a conduit les Aigles du Mali à une élimination précoce et humiliante lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations. Cet échec sportif cuisant a précipité la fin du mandat précédent. Conscient de l’ampleur des attentes et du poids de l’héritage, le nouveau président a articulé son programme autour de trois axes majeurs : la transparence dans la gestion financière, la réconciliation des acteurs du football national (clubs, ligues, anciens joueurs) et la professionnalisation du secteur, de la formation jusqu’à l’élite.

Le Centre Technique de Kabala attend une remise à niveau urgente, tant sur le plan des équipements sportifs que des conditions d’hébergement, tandis que la plupart des stades régionaux sont en chantier permanent ou à l’état de friche. Mahazou Baba Cissé , réputé proche des milieux d’affaires et des cercles de décision économique, dispose-t-il du carnet d’adresses nécessaire pour transformer le championnat national en un produit télévisuel viable et attirer des fonds privés conséquents, à l’image des partenariats observés dans d’autres fédérations de la sous-région ? Sa capacité à professionnaliser la gestion du Stade du 26 Mars et à optimiser ses revenus commerciaux sera particulièrement scrutée.

Le casse-tête sportif

Le Mali reste un réservoir inépuisable de talents, régulièrement présent dans les phases finales des compétitions de jeunes, mais une fabrique à désillusions chez les seniors. Le futur choix du Sélectionneur national sera le premier grand test de la vision sportive de Mahazou Baba Cissé et de sa marge de manœuvre réelle vis-à-vis des interférences potentielles. Saura-t-il convaincre un technicien de renom international, capable d’insuffler une discipline tactique et une force mentale à l’Équipe nationale, ou cédera-t-il à un choix de commodité locale, moins onéreux mais potentiellement moins fédérateur ?

Élu par défaut dans un scrutin où il n’y avait aucun autre candidat, Mahazou Baba Cissé hérite d’une suspicion légitime de "verrouillage" du processus électoral. Pour y faire face et regagner la confiance de l’opinion publique, l’audit des comptes de la fédération et la publication systématique des primes de match et des frais de mission ne sont plus une option cosmétique, mais une obligation vitale pour sa crédibilité. Par ailleurs, après plusieurs échecs diplomatiques ayant vu de jeunes pousses issues de la diaspora opter pour d’autres Sélections nationales, la cellule de recrutement et de suivi des binationaux devra impérativement monter en puissance et en efficacité.

L’élection de Mahazou Baba Cissé s’est donc jouée ce 16 avril devant une assemblée presque entièrement acquise à sa cause. Cependant, il débutera son mandat de quatre ans dans un climat de scepticisme face au public sportif malien et aux réalités cruelles d’un football national en quête de résultats.

M. Sanogo

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