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VIH/Sida et vie de couple : Au Mali, aimer sans se contaminer est désormais possible
Publié le mercredi 22 avril 2026  |  Mali Tribune
L`ONUSIDA
© Autre presse par DR
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Longtemps associé à la peur, au rejet et à la fatalité, le VIH/Sida continue de susciter incompréhension et stigmatisation au Mali. Pourtant, à la faveur des avancées médicales et d’une meilleure information, une réalité nouvelle émerge : celle de couples qui apprennent à vivre ensemble, malgré la séropositivité de l’un des partenaires, sans risque de transmission.

Mariée depuis six ans, une femme vivant avec le VIH partage son quotidien avec un époux séronégatif. Un cas loin d’être isolé. Ces unions, dites « sérodiscordantes », restent toutefois peu visibles dans la société malienne. « Quand j’ai appris ma séropositivité, j’ai cru que ma vie de couple était finie », confie-t-elle. Mais contre toute attente, le couple a choisi de rester uni, défiant ainsi les idées reçues.

Comme eux, de nombreux couples vivent cette réalité dans la discrétion, souvent par crainte du jugement social.

Selon les données du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida, la prévalence du VIH au Mali est estimée à environ 1,1 % dans la population générale, soit plus de 120 000 personnes vivant avec le virus. Une proportion significative d’entre elles est en couple, parfois sans connaissance du statut sérologique de leur partenaire, ce qui constitue un obstacle majeur à la prévention.

En matière de prise en charge, des progrès sont néanmoins enregistrés : entre 75 % et 80 % des personnes diagnostiquées ont accès aux traitements antirétroviraux, et une part croissante atteint une charge virale indétectable.

Le tournant des avancées médicales

L’un des changements majeurs réside dans l’efficacité des traitements antirétroviraux (ARV). Pris de manière rigoureuse, ils permettent de réduire la charge virale à un niveau indétectable. Les spécialistes sont formels : une personne séropositive sous traitement efficace ne transmet pas le virus à son partenaire.

Ce principe, désormais bien établi, est connu sous le concept « Indétectable = Intransmissible (I=I) », une avancée décisive dans la lutte contre le VIH.

En complément, plusieurs mesures renforcent la protection : usage du préservatif, dépistage régulier et communication au sein du couple.

Entre adaptation et résilience

Malgré ces progrès, vivre avec le VIH en couple reste un défi. La révélation du statut sérologique demeure une étape délicate. « J’avais peur qu’il me quitte », confie l’épouse. Mais le choix du partenaire de rester a permis au couple de construire une relation fondée sur la solidarité et la confiance.

Avec le temps, l’information et l’accompagnement médical, la peur de la transmission s’estompe progressivement, laissant place à une vie de couple plus apaisée.

Le principal obstacle reste le regard de la société. Par peur du rejet, de nombreuses personnes préfèrent taire leur statut. « Nous n’en parlons pas à notre entourage », explique l’épouse. Une situation qui alimente la désinformation et freine les efforts de prévention.

Les professionnels de santé rappellent pourtant que le VIH ne se transmet ni par contact physique ordinaire, ni par le partage des repas, mais essentiellement par des rapports sexuels non protégés, le sang contaminé ou de la mère à l’enfant en l’absence de prise en charge.

Face à ces défis, les initiatives de sensibilisation se multiplient. L’objectif est d’atteindre les cibles « 95-95-95 » : 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 95 % sont sous traitement et 95 % ont une charge virale supprimée.

Dans cette dynamique, les messages de prévention évoluent pour intégrer des dimensions sociales et relationnelles, insistant sur la fidélité, la transparence et le dialogue au sein du couple.

Au-delà des chiffres, ces témoignages rappellent une réalité essentielle : le danger ne réside pas uniquement dans le virus, mais aussi dans l’ignorance et la stigmatisation qui l’entourent.

Promouvoir une information fiable, encourager le dépistage et soutenir les personnes concernées apparaissent aujourd’hui comme des leviers indispensables pour construire une société plus inclusive.

Au Mali, aimer sans contaminer n’est plus un mythe. C’est une réalité, à condition de s’informer, de se protéger et de se soutenir.


Mariam Koné

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