A peine élu, Mahazou Baba Cissé engage la mise en place de son bureau exécutif. Une équipe étoffée, aux profils variés, mais dont l’efficacité dépendra moins des noms que de la capacité à rompre avec les pratiques du passé.
Après la victoire de Mahazou Baba Cissé, la constitution du bureau exécutif s’accélère. Autour de lui, trois vice-présidents : Bassala Touré (1er vice-président), Famagan Dembélé (2e vice-président) et Ousmane Wélé (3e vice-président). Un quatuor censé incarner l’équilibre et la complémentarité au sommet.
La répartition des commissions laisse apparaître une volonté d’organisation sectorielle relativement claire. Les postes stratégiques ont été attribués à des profils identifiés : Cheick O. Haïdara aux finances, Fagnery Diarra à la technique, Badra Ali Diallo au statut des joueurs, Dramane Coulibaly dit Chiffo aux jeunes, Mamadi N’fany Diakité à la sécurité, Boubacar Dramé aux compétitions, Koman Coulibaly aux arbitres, Aly Diawara au football de masse, Fanta Niambélé à l’homologation et au fair-play, Moustaph Diop au marketing, sponsoring et TV, Alassane Souleymane aux médias, Abdoulaye Aboubacrine au juridique, Samba Coulibaly à la médecine sportive, Ousmane Bagayoko aux relations avec les membres, Mamadou N. Diallo au futsal et beach soccer, Abdine Sangaré au football professionnel, Diaty N’Diaye au football féminin.
Sur le papier, cette structuration couvre l’ensemble des segments du football moderne. Mais c’est sur le terrain de l’arbitrage que ce nouveau bureau sera le plus attendu. Car il s’agit là d’un problème épineux, ancien et profondément enraciné.
Le choix des arbitres continue de susciter incompréhensions et contestations. Manque de transparence, mauvais choix des arbitres pour siffler les matchs, soupçons de favoritisme dans le choix des arbitres fédéraux et internationaux, décisions controversées : autant de facteurs qui minent la crédibilité des compétitions.
Le choix des arbitres
Dans ce contexte, Mahazou Baba Cissé ne peut se contenter d’une gestion à distance. L’arbitrage ne doit pas être traité uniquement à travers le prisme du président de la commission des arbitres ou des anciens arbitres. Les arbitres sont des maillons essentiels du football, et à ce titre, ils méritent une écoute directe.
Un dialogue franc, sincère et sans intermédiaire s’impose entre le président et le corps arbitral. C’est à ce prix que la confiance pourra être restaurée.
Le président Cissé devra garder un regard attentif sur les mécanismes de désignation des arbitres CAF. Sans s’ingérer dans la technique, il lui revient de garantir des règles claires, équitables et transparentes.
Car aujourd’hui, beaucoup dénoncent un système verrouillé, opaque, parfois assimilé à un réseau d’intérêts fermés. Sans réforme en profondeur, ce climat continuera d’alimenter les tensions et de fragiliser l’ensemble de l’édifice.
Au-delà de l’arbitrage, les défis restent nombreux : gouvernance contestée, manque de financement durable…La réussite de cette équipe dépendra de plusieurs facteurs clés : La capacité du président à imposer une vision claire, la cohésion interne du bureau, l’efficacité réelle des commissions.
La transparence dans la gestion
La diversité des profils peut être une force, à condition qu’elle ne se transforme pas en dispersion. L’histoire récente du football malien montre que les grandes équipes dirigeantes peinent souvent à produire des résultats concrets.
Le défi pour Mahazou Baba Cissé sera donc de transformer cette équipe en véritable outil de réforme.
Ce nouveau bureau n’aura pas le luxe du temps. Très vite, il sera jugé sur ses actes.
Car une évidence s’impose : ce n’est pas la composition du bureau qui fera la différence, mais sa capacité à restaurer la confiance, notamment sur des sujets sensibles comme l’arbitrage. Et sur ce terrain, plus que jamais, tout reste à prouver.