L’Office Malien de l’Habitat (OMH) sort de son silence. Face à la montée de controverses autour du retrait de certains logements sociaux, l’institution publique a organisé un point de presse pour clarifier les conditions ayant conduit à l’annulation de 202 attributions dans le cadre du programme des 1 993 logements.
Au cœur de la polémique, une décision administrative prise en février 2025. Selon les responsables de l’OMH, il ne s’agit nullement d’une mesure arbitraire, mais de l’application stricte de la réglementation en vigueur.
Les logements concernés ont été retirés à leurs attributaires pour non-respect des formalités d’acquisition, conformément aux dispositions du décret n°2015-0351/P-RM du 08 mai 2015, notamment ses articles 24 et 25.
Ces 202 bénéficiaires figuraient pourtant sur la liste officielle issue de la décision du 27 avril 2022. Mais, précise l’OMH, ils disposaient d’un délai de trois ans pour remplir les obligations administratives et financières nécessaires à l’entrée en jouissance des logements.
Selon l’institution, ce délai n’a pas été respecté par une partie des bénéficiaires, en dépit de plusieurs rappels et communications officielles. C’est ce manquement prolongé qui a conduit à l’annulation des attributions.
L’OMH insiste sur le fait que la décision n’est pas récente : elle remonte au début de l’année 2025, contrairement à certaines informations relayées récemment sur les réseaux sociaux et dans certains espaces publics.
Autre élément avancé : les logements retirés ont été réaffectés dans le cadre d’un plan de restructuration des dettes de l’institution. Une précision qui vise à répondre aux interrogations sur la destination des biens concernés.
Sans entrer dans les détails de ce mécanisme financier, les responsables affirment qu’il s’inscrit dans une logique de gestion rationnelle et durable du patrimoine immobilier public.
Lors de ce point de presse, l’OMH a également dénoncé la circulation d’informations jugées inexactes, voire manipulatoires. L’institution évoque notamment : l’utilisation d’images d’autorités dans des contextes sans lien avec le dossier ; des commentaires portant sur des affaires pendantes devant les juridictions ; une interprétation erronée des décisions administratives.
Dans ce contexte, l’Office appelle à une lecture rigoureuse des textes et à un traitement responsable de l’information.
Enfin, l’OMH a tenu à clarifier un point essentiel : aucune opération d’attribution de logements sociaux n’est actuellement en cours. Toute future initiative fera l’objet d’une communication officielle via les canaux institutionnels.
Au-delà de l’aspect technique, cette affaire met en lumière une problématique plus large : celle de la compréhension des procédures administratives par les citoyens et de la confiance envers les institutions publiques.
En réaffirmant son attachement à la transparence, à l’équité et au respect des règles, l’OMH cherche manifestement à reprendre la maîtrise du narratif dans un dossier sensible, où se croisent attentes sociales fortes et exigences de rigueur administrative.
Reste à savoir si cette mise au point suffira à apaiser les tensions et à restaurer la crédibilité du processus d’attribution des logements sociaux au Mali.