Au lendemain des attaques terroristes simultanées et coordonnées ayant visé plusieurs localités du Mali, notamment Kati, Kidal, Mopti, Sévaré, Gao et Bamako, le Premier ministre, Général de division Abdoulaye Maïga, s'est adressé à la Nation lors d'un point de presse empreint de gravité et de détermination. Dans un contexte marqué par le deuil national décrété à la mémoire du Général Sadio Camara, le chef du gouvernement a rendu hommage aux victimes tout en promettant une riposte implacable contre les auteurs de ces offensives.
Dès l'entame de son intervention, Abdoulaye Maïga a rappelé la douleur nationale suscitée par la disparition du Général Sadio Camara, ainsi que celle des victimes civiles et militaires tombées lors des attaques du 25 avril.
Le Premier ministre s'est incliné devant la mémoire des disparus et a exprimé ses vœux de prompt rétablissement aux blessés, soulignant que la Nation entière partageait ce moment de recueillement.
Revenant sur les objectifs poursuivis par les groupes terroristes, le chef du gouvernement a estimé que ces attaques visaient avant tout à semer la peur, fracturer la cohésion nationale et affaiblir la détermination du peuple malien.
Mais pour lui, cette tentative a échoué. "Nous n'avons pas eu peur, nous n'avons pas douté et nous n'aurons jamais peur", a-t-il martelé.
Selon Abdoulaye Maïga, loin de diviser le pays, ces événements renforcent davantage l'unité nationale et la volonté collective de défendre la souveraineté du Mali.
Une tentative de déstabilisation de l'État
Le Premier ministre a soutenu que ces attaques dépassaient le simple cadre d'actions terroristes isolées. Il y voit une volonté claire de conquérir le pouvoir par la violence, en cherchant à démanteler les institutions de la République et à interrompre le processus de Transition.
Face à cette menace, il a salué la réaction des Forces armées maliennes et des services de sécurité, placés sous l'autorité du Président de la Transition, Chef suprême des Armées.
Selon lui, la riposte menée sur l'ensemble du territoire a permis de neutraliser des centaines de terroristes, preuve du professionnalisme et de l'engagement des forces nationales.
Reconnaissant le caractère asymétrique du terrorisme, Abdoulaye Maïga a insisté sur la nécessité d'adapter en permanence les dispositifs sécuritaires. Il a assuré que les leçons des attaques du 25 avril seraient tirées, avec un renforcement des acquis et l'introduction de correctifs pour améliorer davantage la protection du territoire et des populations. Le chef du gouvernement a également salué la résilience du peuple malien, qu'il dit confiant en son armée et attaché au processus de refondation nationale.
L'exemple du Général Sadio Camara
Dans un passage particulièrement solennel, le Premier ministre a présenté le Général Sadio Camara comme l'incarnation du sacrifice patriotique. Selon lui, l'ancien ministre de la Défense a choisi de "mourir les armes à la main pour défendre sa patrie", à l'image de nombreux soldats engagés pour la survie de la Nation. Abdoulaye Maïga a appelé tous les Maliens à cultiver cet esprit de sacrifice et de loyauté, tout en invitant ceux qui empruntent des voies contraires à "retrouver le droit chemin".
S'adressant également à ceux qu'il accuse d'être manipulés par des "sponsors du terrorisme", le Premier ministre a dénoncé les agendas extérieurs cherchant à déstabiliser le Mali.
Il a réaffirmé que le combat engagé par les autorités pour la dignité, l'honneur et la souveraineté du pays ne saurait faire l'objet d'aucune concession. "Nous le mènerons à son terme, jusqu'à l'éradication totale du terrorisme et l'édification du Mali Kura", a-t-il déclaré.
Pour conclure, Abdoulaye Maïga a invité les citoyens à garder en mémoire le troisième couplet de l'hymne national malien : "La voie est dure, très dure, qui mène au bonheur commun. Courage et dévouement, vigilance à tout moment."
Un message de mobilisation générale lancé au lendemain d'une journée sanglante, dans un pays plus que jamais engagé dans la lutte pour sa stabilité et sa souveraineté.