Les données sur les accidents de la route sont disponibles, actualisées et largement partagées. Elles posent une question directe : pourquoi leur exploitation ne se traduit-elle pas par une baisse nette des accidents ?
Les chiffres font froid dans le dos. En une année, ils sont passés de 7 673 accidents, 8 828 blessés et 682 morts en 2024 à 7 691 accidents, 8 863 blessés et 648 morts en 2025. La variation reste limitée, avec une stabilité du nombre d’accidents et de blessés, malgré une légère baisse des décès. Ces chiffres confirment un niveau élevé et consternant du phénomène.
Les accidents de la route, qui sont loin d’être une fatalité, ont également un coût économique et sanitaire important. Dans plusieurs pays africains, les pertes liées aux accidents représentent entre 3% et 5% du produit intérieur brut, avec des conséquences directes sur les systèmes de santé et les revenus des ménages.
Plusieurs facteurs sont identifiés de manière récurrente. L’état des routes reste désastreux, avec des portions dégradées ou insuffisamment aménagées. Le parc automobile est marqué par la vétusté et l’absence de contrôle technique régulier pour une partie des véhicules. Le non-respect du code de la route est également relevé, notamment l’excès de vitesse, la surcharge, la conduite sans permis et l’usage du téléphone au volant.
En milieu urbain, la densité du trafic et la cohabitation entre motos, véhicules particuliers et transports collectifs multiplient les situations à risque. Sur les axes interurbains, la vitesse et l’état des infrastructures contribuent à la gravité des accidents.
La prise en charge des victimes reste un facteur déterminant. Sur plusieurs axes, les délais d’intervention des secours peuvent être prolongés en raison de l’éloignement des centres de santé et des difficultés d’accès, ce qui aggrave un peu plus le bilan humain.
Les autorités disposent désormais de systèmes de collecte et d’analyse des données, permettant d’identifier les zones à risque et les comportements récurrents. L’application des règles de circulation constitue toutefois un enjeu central. Les contrôles routiers existent, mais leur régularité et leur couverture restent variables selon les zones, ce qui limite leur effet dans la durée.
Ces éléments montrent que les informations sont connues, les facteurs identifiés et les outils disponibles. La question reste celle de leur traduction en actions continues capables de réduire durablement le nombre d’accidents et leurs conséquences.