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Formation et diplôme de l’Ensup de Bamako : Peut-on parler d’une incohérence ?
Publié le mardi 5 mai 2026  |  Le challenger
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© Autre presse par DR
Ecole Nationale Superieure (ENSUP) du Mali
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L’universitaire malien, Dr Bougouzié Jacques Dembélé, invite les responsables de l’Enseignement supérieur à une révision urgente, afin de lever toute zone d’ombre entre le statut, la formation et les diplômes délivrés.

L’universitaire malien, Dr Bougouzié Jacques Dembélé, invite les responsables de l’Enseignement supérieur à une révision urgente, afin de lever toute zone d’ombre entre le statut, la formation et les diplômes délivrés.


Sur sa page Facebook, il donne des précisions sur le rôle des écoles supérieures professionnelles, propose une solution pour la gestion saine des diplômés et dénonce une situation qui pouvait être évitée.

L’Ecole normale supérieure de Bamako (ENSup) est un établissement de référence au Mali dans le domaine de la formation au métier de l’enseignement. Longtemps reconnue pour la qualité de son encadrement, la rigueur de son suivi pédagogique, l’Ensup s’illustre comme une excellente école dans la formation des professeurs de l’enseignement secondaire général et technique. En dépit de cette notoriété, une problématique demeure quant à son habilité à délivrer des diplômes de masters et de licence dont la finalité est devenue la pomme de discorde entre le département de l’éducation et des syndicats de l’éducation.

Une incohérence longtemps entretenue

Depuis plus d’une décennie, l’Ensup s’est lancée dans des reformes qui ont ouvert la voie à une nouvelle formule. A partir de 2017, le « Diplôme de l’Ensup » est devenu le master reconnu par l’Etat malien comme diplôme de l’enseignement secondaire. Si tout était clair jusque-là, son ouverture aux enseignants du fondamental, pour le renforcement de leur capacité pédagogique, semble être à la base d’une incompréhension. De conditions et voies d’accès différentes, de même que les programmes de formation, tous les sortants de cette école (master et licence) se tapent la poitrine d’être formés pour enseigner au niveau secondaire. A Qui La Faute, si l’on sait qu’ils sont envoyés et autorisés par une décision administrative ? Mais la lettre du ministre demandant le redéploiement des licenciés au niveau fondamental met en évidence l’existence d’un problème soit technique ou administratif. Largement commentée par le monde syndical, les intellectuels et acteurs de l’éducation, cette décision déjà effective dans certaines administrations scolaires semble offrir une opportunité d’alerter sur une incohérence longtemps entretenue au sein de l’enseignement supérieur au Mali.


Une situation décriée mais négligée !

La réaction de Dr Bougouzié Jacques Dembélé met en évidence une confusion qui règne autour du statut, de la formation et des diplômes de l’Ensup. Selon lui, l’Ensup est une école de formation comme les autres écoles professionnelles (l’ENI, l’IPR et l’ENA) qui ne doivent délivrer que des diplômes professionnels. C’est pourquoi l’universitaire ne comprend pas que l’on puisse obtenir un Master à l’issu d’une formation exclusivement professionnelle : « Je me demande comment des écoles de formation professionnelles délivrent des licences et masters. Ces diplômes doivent être limités aux facultés », précise-t-il. Le professeur de l’enseignement supérieur estime qu’un Master est un diplôme de spécialisation dans un domaine avec un accent particulier sur la méthodologie de la recherche pouvant continuer sur le Doctorat. Ce principe, si l’on s’en tient à certains Masters délivrés par l’Ensup, est totalement ignoré. Selon lui, faire Master en histoire et géographie deux domaines vastes qui ont en leur sein des domaines de spécialisation, est ambiguë « Comment peut-on faire un Master en histoire et en géographie ? » questionne-t-il. A en croire le pédagogue, cette pratique critiquable qui met en mal l’avenir de l’enseignement supérieur au Mali pouvait être évitée « nous l’avons décriée mais personne ne nous a écoutés », déplore-t-il avant de s’inquiéter de l’avenir: « Nous avons décidé délibérément d’abattre notre enseignement supérieur et le futur est sombre ».



Nécessité d’harmoniser l’accès à la formation et le besoin exprimé


Au Mali, les écoles supérieures sont devenues des laboratoires qui déversent chaque année des centaines de diplômés sur le marché de l’emploi. Les écoles de formation professionnelle censées former des travailleurs, contribuent malheureusement et de façon significative, à accroître le chômage faute d’accès direct à l’emploi. Face à cette triste réalité, Dr Dembélé suggère l’harmonisation entre l’accession à la formation et le besoin exprimé sur le terrain « on y fait entrer que strictement le nombre dont on a besoin. On y entre par concours, on obtient un diplôme professionnel et on est directement fonctionnaire ». Il déclare regretter la situation des nombreux diplômés qui attendent toujours les concours de recrutements dans la fonction publique, le premier pourvoyeur d’emploi au Mali avec 59% en 2025, selon les données du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle.

En conclusion, nous estimons que la révision du statut des écoles supérieures professionnelles et les conditions d’accès s’imposent comme une urgence. Cela leur permettra de jouer pleinement leur rôle de formation et d’insertion directe des diplômés. Il est aussi fondamental de clarifier les conditions d’obtention des Masters et de Licence de l’Ensup, et leurs valeurs si l’on sait qu’en dehors du Mali, ils ne sont pas considérés comme tels.

Broulaye Koné

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