Le Procureur de la République près le tribunal de Grande instance de l’arrondissement IV du district de Bamako, en citoyen lambda, prend sa plume pour dénoncer et sensibiliser sur l’amalgame, la vindicte populaire contre des individus.
Idrissa Hamidou Touré livre sa part de vérité sur ce délit de faciès dont de présumés innocents ont été victimes après les attaques terroristes coordonnées du 25 avril 2026, à Kati et dans d’autres localités du pays.
« …L’incendie rongeait la savane; un colibri vola jusqu’au lac le plus proche pour prélever un peu d’eau et revint la déverser sur le brasier. Goguenard, un éléphant s’approcha : crois-tu pouvoir éteindre ainsi le feu ? Non, répondit l’oiseau, mais j’aurais fait ma part. Quelle sera la tienne ? ».
Éric de Montgolfier, dans « On ne peut éternellement se contenter de regarder les cadavres passer sous les ponts ».
Pour, ainsi, rappeler qu’en ces temps contraires, chacun doit apporter sa petite pierre au maintien debout de la République. Chacun de nous en a certainement gros sur le cœur et dans la tête, mais le temps des comptes à rendre n’est pas encore venu. Il attendra que l’on finisse de faire face ensemble à l’ennemi commun : le terrorisme.
Après ça, certains d’entre nous devront nécessairement rendre des comptes pour le maintien de l’équilibre social et républicain. C’est une question de civisme, qui appelle aussi au moment opportun une reconnaissance individuelle, collective et institutionnelle des erreurs du passé lointain et immédiat mais aussi du présent pour reconstruire un Mali juste.
Les stéréotypes négatifs liés à la couleur de la peau, à la langue, au physique, à la coiffure, à l’habillement etc., sont d’un tel danger pour la stabilité et l’ordre public qu’ils nous conduisent infailliblement à l’irréparable parfois.
Hier encore vers Woyowayanko n’eut été la promptitude des policiers du 14eme arrondissement, au risque d’ailleurs de leurs propres vies puisqu’encerclés par la foule, il y aurait eu un autre «Diarrakè», interpellé, jugé et condamné à mort sur des préjugés, la gratuité du soupçon, la calomnie de quelques jeunes convaincus de tenir le bon coupable.
L’amalgame tue sous nos pieds maintenant et ce n’est pas que la seule responsabilité de l’Etat d’y mettre fin mais la nôtre commune.
Les discours de méchanceté, d’égoïsme, de haine à visage découvert ou sous anonymat, ce paravent des lâches pour s’exprimer sur les réseaux sociaux, ne peuvent nous mener qu’au chaos souhaité par les forces opposées.
Qu’Allah nous garde de tomber dans leur piège. Amen.
Les influenceurs, blogueurs, activistes, journalistes et tous autres hommes de médias, c’est en des pareils moments que vous êtes attendus pour le maintien de notre vivre ensemble. Qu’Allah vous inspire au mieux de l’intérêt national. Amen.