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Pénurie de carburant : Pourquoi le Mali doit repenser son modèle de résilience face au blocus
Publié le jeudi 7 mai 2026  |  Le Wagadu
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© aBamako.com par Momo
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Le Mali a récemment renforcé l’escorte des convois de carburant pour garantir l’approvisionnement face aux menaces armées.

Cette opération met en lumière des défaillances structurelles dans la protection des infrastructures essentielles et leur impact sur l’économie et la vie quotidienne.


Face à l’insécurité persistante, plus de 830 camions citernes de carburant ont été réceptionnés début mai 2026 sous escorte militaire et policière pour alimenter Bamako et les zones environnantes.

Les attaques répétées sur les corridors logistiques ont transformé la distribution du carburant en un défi stratégique pour l’État.

L’opération est coordonnée par la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence et la Police nationale avec le soutien des Forces de Défense et de Sécurité. Les hydrocarbures sont essentiels pour les transports, l’électricité, les télécommunications, l’industrie, les mines et les services de santé, rendant toute interruption particulièrement critique.

Le Mali dépend fortement des importations, avec plus de 2,6 millions de mètres cubes importés en 2024 et une augmentation de 14,4% des volumes de gaz butane par rapport à 2023. Les attaques de septembre 2025 avaient déjà détruit une quarantaine de camions citernes, révélant l’incapacité des forces de sécurité à protéger ces infrastructures sur de longues distances.

Les perturbations affectent directement les entreprises et les services essentiels, provoquant des files d’attente devant les stations service et perturbant l’électricité et les transports. Le stock national de sécurité couvre 45 jours de consommation, mais il reste insuffisant pour garantir la résilience face à des attaques prolongées.

Les importations de carburant sont gravement fragilisées depuis septembre 2025 par le blocus imposé sur les axes routiers principaux en provenance de Côte d’Ivoire, du Sénégal et de Guinée, paralysant des secteurs économiques entiers. La pénurie a entraîné des retards et des perturbations de services essentiels comme le transport ambulancier et l’alimentation électrique des centres de santé, y compris certaines activités médicales menées par Médecins Sans Frontières dans les zones affectées. Avant l’escalade récente, des stations service avaient été réservées aux forces de sécurité pour sécuriser le carburant, laissant la population civile vulnérable.


À l’international, des pays comme Singapour, la Thaïlande et la Malaisie, confrontés aux tensions sur le marché énergétique, ont développé des réserves stratégiques et diversifié leurs sources d’approvisionnement, réduisant ainsi leur vulnérabilité aux interruptions. Le Mali pourrait s’inspirer de ces modèles pour sécuriser ses corridors logistiques et renforcer sa souveraineté énergétique.

Des initiatives multilatérales montrent également qu’il est possible d’améliorer la résilience des chaînes logistiques grâce à la coopération régionale. Par exemple, des accords récents entre Singapour et la Nouvelle Zélande ont permis de maintenir ouverts les circuits d’approvisionnement des biens essentiels, y compris le carburant, même en période de tensions ou crises locales.

L’analyse révèle que la sécurité de l’approvisionnement au Mali ne peut reposer uniquement sur l’escorte militaire de corridors vulnérables. Elle nécessite un renforcement institutionnel, une diversification des routes logistiques, des stocks stratégiques et des partenariats régionaux pour protéger les services essentiels et maintenir la confiance des citoyens et des acteurs économiques.


Cheick Bougounta CISSE
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