Suite au décès tragique du Général Sadio Camara, le président de la Transition, le général d'Armée Assimi Goïta, prend directement les rênes de la Défense nationale.
Désormais le chef de l'Etat est en même temps ministre de la Défense et des anciens combattants. Ainsi, dans le prolongement du titre de chef suprême des Armées que lui confère la constitution, le général-président ne fait que s'affirmer comme chef de guerre.
Le président de la Transition, chef de l'Etat et chef suprême des Armées est aussi et en même temps le ministre de la Défense. Ainsi, engage-t-il directement sa responsabilité face au peuple malien dont le souci principal est de sortir de la situation sécuritaire délicate imposée par des centrales terroristes, de plus en plus agressives.
A travers un flash spécial diffusé par la télévision nationale, le secrétaire général de la Présidence de la République est venu informer les Maliens du contenu de deux décrets. Le premier révèle la décision du Président Goïta qui s'autodésigne ministre de la Défense, le second a trait à la création d'un ministère délégué chargé de la Défense, lequel est donc placé sous sa tutelle. La responsabilité et la gestion de ce nouveau département reviennent au chef d'Etat-major des Armées, le Général Diarra Oumar Diarra, qui devient ainsi le chef en second de la défense nationale.
Cette nouvelle architecture gouvernementale permet donc au président de la Transition d'avoir une mainmise sur la politique sécuritaire du pays. Ce qui met fin aussi à une sorte de dualité notée ces derniers temps dans le domaine de la gestion de la politique de Défense nationale.
De toute façon, le Général Assimi Goïta, bien que chef de l'Etat, contrôlait déjà directement une partie des troupes, avec la création d'un bataillon d'élite placé sous son commandement. En devenant ministre de la Défense, il ne fait que renforcer sa mainmise sur l'Armée nationale appelée à mieux faire pour sortir de l'étau de groupes sécessionnistes alliés à des terroristes qui se prennent pour des héros d'un temps révolu de djihad armé. Avec les attaques complexes, coordonnées et concertées vécues par les Maliens et en particulier les Bamakois qui pensaient jusqu'ici être à l'abri des terroristes qui ont ainsi fait preuve d'outrecuidance, cette décision du Président Goïta de prendre directement le commandement national des forces armées et de sécurité peut sonner, vu sous l'angle de l'optimisme, comme un regain de motivation pour mettre fin à cette menace trop pesante sur la stabilité du Mali. C'est ce que l'on souhaite ardemment pour que les cauchemars vécus par les habitants de certaines régions du Mali, ces dernières années, deviennent de vieux souvenirs, évoqués seulement pour louer la bravoure du peule malien qui a su faire preuve de résilience et soutenir son armée en ces périodes de braise ardente.
Amadou Bamba NIANG Journaliste et Consultant indépendant