L’agression barbare subie par le Mali atteint aujourd'hui son expression la plus abjecte, marquant un tournant sinistre dans la typologie du conflit sahélien.
Les récents événements de Kenioroba, où des minibus et des véhicules de transport ' outils vitaux de la mobilité populaire - ont été réduits en cendres, ainsi que le carnage perpétré au Pays Dogon le 6 mai 2026, documentent une mutation stratégique d'une noirceur absolue. Avec un bilan lourd de 45 morts dans les cercles de Bandiagara et Diallassagou, la réalité est désormais nue : incapables de tenir tête à la montée en puissance foudroyante des FAMa sur le plan conventionnel, les Groupes Armés Terroristes (GAT) se replient sur une «pédagogie de l’horreur» dirigée contre les chairs les plus vulnérables de la Nation.
L’aveu d’une faillite : de la défaite militaire à l’exterminisme civil
Sur le plan anthropologique, les images insoutenables montrant le supplice d’un enfant, martyrisé pour avoir refusé de se plier à une idéologie mortifère, constituent l’aveu d’une faillite doctrinale totale. Dans une société malienne où la figure du cadet est sacrée et où l'enfant représente la continuité du lignage, frapper l’innocence revient à tenter une castration symbolique de l’avenir du Mali. Ce crime odieux n’est pas un simple acte de cruauté isolée ; c’est la signature d’un projet politique moribond qui, faute de pouvoir conquérir les cœurs, se voit réduit à l'extermination des corps.
Cette violence est inversement proportionnelle à l'adhésion populaire. Les chiffres de la résistance locale sont cruels pour les séditieux : plus de 70% des populations rejettent désormais toute collaboration, poussant les terroristes vers une radicalisation du néant. À Gomossogou, l’usage de véhicules blindés et de pick-ups armés contre des paysans sans défense démontre que l'arsenal terroriste est désormais totalement réaffecté à la punition collective. Ces massacres sont des «drames de soulagement» pour des assaillants en déroute, une vengeance mesquine contre un peuple qui refuse de mourir.
L’hypocrisie des «Droits de l’Hommistes» et le cynisme médiatique
Il est impératif de pointer du doigt, avec une plume acérée, l’asymétrie révoltante de l’indignation internationale. Face à ces minibus incendiés à Kenioroba, face à ces villages du Pays Dogon réduits en cendres et à ces fillettes de 11 ans froidement exécutées, on n’entend aucune voix parmi les organisations et les pays habituellement si prompts à instruire le procès du Mali. Ce silence assourdissant des médias occidentaux est un crachat sur nos tombes.
Il suffit d'un seul communiqué d'une ONG aux ordres, souvent basé sur des ragots de chancellerie, pour que la machine médiatique mondiale s'emballe et accuse nos soldats d'exactions. Mais quand le terrorisme pur, celui qui brûle les outils de travail des pauvres et massacre les rescapés de Sévaré, frappe notre sol, le curseur de l'indignation internationale tombe à zéro. Ce cynisme suggère l’existence d’un complot hybride où le terrorisme de terrain est complété par un terrorisme informationnel : on désarme les victimes pour mieux absoudre les bourreaux. Les médias occidentaux ne sont plus des observateurs, ils sont les complices passifs de cette Fitna (discorde destructrice).
La réponse à cette agression ne peut plus se contenter de demi-mesures. Elle doit s'incarner dans une rigueur absolue, mêlant l'acier du fusil à la force indomptable de nos valeurs. Sur le plan sécuritaire, il est vital de sanctuariser les espaces de vie. L’héroïsme des autodéfenses de Dan Na Ambassagou, qui ont tenu tête à l'ennemi pendant deux heures à Gomossogou pour permettre l'évacuation des civils, prouve que ces citoyens en armes sont nos véritables avant-postes. L’État doit impérativement trouver le mécanisme institutionnel comme cet appel pour une mobilisation massive au stade Mamadou Konaté, samedi 9 mai, en est l'expression pour intégrer les populations locales dans la résistance avec des stratégies et dispositifs de sécurisation urbaine. Sans cette symbiose, nos forces régulières, malgré leur bravoure, arriveront toujours après le constat du sang.
Mais l'acier seul ne guérira pas le Mali. La solution durable réside dans une contre-offensive éthique et pédagogique. L'État et la société civile doivent réinvestir le champ des principes en réintroduisant massivement le concept de "Maaya", cette humanité profonde issue de nos traditions séculaires - pour immuniser notre jeunesse contre le virus du nihilisme importé. Il s’agit de mener une véritable guerre des récits où la dignité malienne écrase ce nihilisme de pacotille qui se grime en religion pour mieux assassiner.
Le triomphe de l'éthique contre le néant moral
Il convient de nommer les choses avec une précision chirurgicale : la torture d'un enfant ou l'incendie d'un minibus de transporteur ne sont pas des actes de foi, ce sont des manifestations de la "Fitna", ce désordre maléfique qui place ses auteurs hors du cercle de l'humanité. Politiquement, cette barbarie ne fait que renforcer le dogme de l'unité nationale. Notre Constitution sacralise la personne humaine ; en s'attaquant à elle, les terroristes signent leur propre arrêt de mort historique.
Le processus de réconciliation entamé à Bandiagara, véritable laboratoire de paix, a vu le retour de nombreux déplacés. Ces attaques sont un coup de froid prémédité pour doucher cet espoir renaissant. Mais la pérennité du Mali repose sur cette capacité à rester debout, en faisant de chaque citoyen le gardien vigilant de l'enfant d'autrui. La victoire finale ne sera pas seulement celle des balles sur le champ de bataille, mais le triomphe définitif de notre éthique sociale et de notre solidarité ancestrale face au vide moral de ceux qui ont choisi de s'autodétruire dans l'ignominie. Le Mali ne négocie pas avec le JNIM, ni avec le FLA, encore moins avec la CFR, semeurs des gènes du chaos ; il les combat avec les FAMa par la force de sa culture et la clarté de son épée.