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Revendication d’un territoire par les terroristes du FLA: Une escroquerie politique et morale qui ne passera pas
Publié le lundi 11 mai 2026  |  L’Inter de Bamako
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Le chercheur émérite et anthropologue français, André Bourgeot l'a admirablement démontré sur France 24 qui a tenté laborieusement de montrer son «impartialité» en donnant la parole à ce chercheur qui connait parfaitement son terrain.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la revendication politique du territoire par le Front de Libération de l'Azawad (FLA) est une escroquerie politique organisée par la France et certaines puissances occidentales qui veulent venir s’emparer des ressources stratégiques du Mali. Dans le contexte de confrontation géopolitique et géostratégique actuelle, ce discours sert de légitimation à cette guerre d’agression coloniale menée par ces puissances.
L’Azawad n’est pas un territoire consacré sur le plan historique ni même confirmé comme appellation locale d’un terroir géographique. Ce n’est donc pas un territoire colonial, «soumis à la subjugation, à la domination ou à l’exploitation étrangères».
Jamais dans notre histoire, la zone dite de l’Azawad n’a connu l’existence d’un territoire colonial avec un statut séparé et distinct de celui du territoire de l’État qui l’administre. Elle n’est donc pas et n’a jamais été sous occupation étrangère (militaire ou administrative).
Les Touaregs du Mali ne constituent pas un peuple colonisé par une puissance étrangère qui serait le Mali. Historiquement, ils étaient organisés en tribus constituées de fractions et dirigées par des chefs de tribu. Ces familles ou groupes de familles se rassemblaient souvent en entités de plus grandes tailles abusivement dénommées «confédérations» par l’administration coloniale française, ayant à leur tête des chefs appelés par eux-mêmes «amenokal».
Ce n’était donc, nullement un peuple politiquement unifié sur une base territoriale commune propre (État), mais des communautés, groupes de communautés ou regroupements de communautés, autant de fragments de société, mobiles et instables, évoluant dans les zones de Kidal, Tessalit, Ménaka, Bourem, Tombouctou, Goundam, Gao, Ansongo, voire dans le Gourma, parmi d’autres communautés sédentaires, blanches et arabophones (tribus arabes Kountas et Maures) et noires ou métissées (Songhaïs, Armas, etc.).
Le Mali a toujours reconnu l’existence de toutes les composantes du peuple malien et leur a garanti l’exercice libre et transparent des droits fondamentaux exigés par la démocratie. Aucune revendication ne saurait porter sur la remise en cause de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, mais plutôt sur des problèmes de mal gouvernance.
Sur le plan du droit international, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes a un caractère résolument collectif. Il est refusé aux individus. Il y a donc l’exigence du respect du principe fondamental de l’intégrité territoriale des États et non reconnaissance de la sécession parce que, selon la déclaration de 1970 du Comité des droits de l’Organisation des Nations unies (ONU), celle-ci est «une action qui consista à démembrer totalement ou partiellement, l’intégrité territoriale ou l’unité politique de tout État souverain et indépendant». Or, dès lors qu’un pays accède à l’indépendance, son intégrité, sa souveraineté et son unité sont juridiquement protégées au plan international, parce qu’il est impossibilité juridiquement d’octroyer l’indépendance dans un espace clos, inviolable et intangible.
L’existence d’un régime politique, juridique ou culturel discriminatoire donne à la population du territoire considéré, le statut d’un «peuple colonial» ayant vocation à l’indépendance. C’est lorsqu’il est refusé à un groupe défini, un accès réel au gouvernement pour assurer son développement politique, économique, social et culturel que le droit à l’indépendance devient une réalité.
Au Mali, aucun régime politique n’a mis en place un traitement notoirement discriminatoire volontairement infligé au prétendu peuple «Azawad» sur les plans politique, juridique, économique, social et culturel.
D’autre part, le droit International fait obligation pour tous les États de ne pas reconnaître une situation de sécession issue de la force. Toute utilisation de la violence disqualifie la revendication.
Historiquement, l’indépendance des anciennes colonies françaises a été acquise sur la base d’un artifice juridique: C’est après avoir été qualifiées de territoires distincts (États autonomes du Soudan, du Sénégal, de la Guinée Conakry, …) que les colonies ont pu devenir indépendantes, faute de quoi l’indépendance se serait réalisée au détriment de l’intégrité territoriale de l’État français.
Au plan interne, la Constitution de 1992 dans son article 25, consacre expressément le principe de l’indépendance de la souveraineté et de l’indivisibilité de la République. Il faut également préciser que la Constitution du Mali reconnaît par ailleurs le droit des minorités ou «l’autodétermination interne».
C’est la reconnaissance du droit pour les minorités au respect de leur identité. Ce droit est déjà garanti par la Constitution du Mali (qui reconnaît et promeut toutes les communautés ethniques) à travers sa politique de décentralisation. Ces droits sont essentiellement de nature culturelle, linguistique ou religieuse.
Ils sont protégés à travers des mécanismes d’«autonomie personnelle» ou «territoriale».
La décentralisation est l’expression de la reconnaissance effective des droits démocratiques (de participation et d’autogestion des ressources de leurs territoires ou collectivités territoriales), culturels, linguistiques ou religieux des minorités (c’est-à-dire de toutes les communautés ethniques de toutes les régions du pays).
La persistance de la question du changement démocratique et social dans les Régions du nord de notre pays est une réalité incontestable. Derrière les rébellions et actions djihadistes ou terroristes coupables d’actes criminels et inacceptables, en dépit de leur manque de représentativité, il y a la quête des masses pour la liberté et l’égalité.
Seule la République démocratique, sociale et laïque, unitaire et solidaire, peut leur garantir la satisfaction de leurs aspirations profondes. Un système de gouvernance qui fait obligation aux élus de rendre compte à leurs électeurs (mandants) de leur gestion des affaires publiques et les rend ainsi révocables de leurs fonctions serait funeste pour eux.
Malheureusement, le mode d’accession aux charges publiques basé sur des élections démocratiques, où le vote de chaque citoyen est strictement égal à celui de tout autre citoyen mettrait fin à la position de domination et d’exploitation des nobles (Ifoghas et alliés), démographiquement minoritaires et dont les droits et privilèges ont été octroyés du seul fait de leur naissance et de leur alliance d’intérêts avec les «élites» au pouvoir au niveau national.
C’est donc en parfaite logique que la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), expression politico-armée de ces nobles, féodaux et esclavagistes des Régions du nord et de la France, a toujours manœuvré pour, avec la complicité des Gouvernements successifs, et à la faveur de l’effondrement progressif de l’État (dû à la mauvaise gouvernance), de pressions et de de bouleversements géopolitiques et géostratégiques, contourner les principes et règles démocratiques (entente hors Charte électorale, mise en place des «autorités intérimaires», projet de création futur d’un Sénat, où siégeront des chefs traditionnels féodaux sans être élus mais par nomination).
À la veille de l’indépendance, la chefferie des Ifoghas propulsée au sommet de la hiérarchie des communautés touarègues par le colonisateur français, souhaitait garder sa position et ses privilèges. Elle demanda la désignation par elle d’un représentant-interlocuteur de l’État et une scolarisation en langue arabe dans la subdivision de Kidal. Une demande qui fut rejetée par l’Union Soudanaise-Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA), qui, une fois l’indépendance acquise, abolit les chefferies, les privilèges et les inégalités de statuts sociaux sur toute l’étendue du territoire national de la République du Mali.
Le nouveau pouvoir décida de ne reconnaître à aucune ethnie, aucune tribu et aucune fraction un statut supérieur ou autre privilège et de regrouper toutes les populations, sur une base d’égalité en droits et devoirs de citoyens, en un Seul Peuple mobilisé vers le même but de paix et de prospérité, animé par la même foi en l’avenir.
Mais l’US-RDA n’eut pas le temps de liquider toutes les résistances et survivances de la féodalité et des pratiques esclavagistes avant de perdre le pouvoir par le Coup d’État militaire du Comité Militaire de Libération Nationale (CMLN) de Moussa Traoré, le 19 novembre 1968.
Les pouvoirs qui ont succédé à l’US-RDA ont agi en sens inverse. Ils ont favorisé le retour des féodalités politiques et religieuses, laissé faire (ressurgir ou se perpétuer) les pratiques de type esclavagiste sur le territoire national.
Dans les régions septentrionales, la chefferie des Ifoghas a été remise en selle. Elle s’est même renforcée en nouant des alliances sur base de clientélisme politique ou d’intérêts d’affaires avec les dirigeants politiques et bureaucrates de ces pouvoirs successifs (détournement de l’aide alimentaire internationale destinée à juguler les famines causées par les cycles de sécheresse de 1972-1973 et 1984-1985; élections, trafics en tous genres et blanchiment d’argent).
Incapables de trouver une solution réelle et pérenne aux rébellions successives, ils ont choisi d’acheter la paix par la corruption (valises d’argent, distributions de postes dans la Fonction publique et dans les Forces Armées et de Sécurité, création d’institutions budgétivores et mise en place de Programmes d’appui aux Régions du nord à coup de milliards et gérés par les ressortissants du Nord Mali, impunité pour les crimes commis par les rebelles, etc.), permettant, de ce fait, l’institutionnalisation de la sédition armée et de la violence criminelle en général en un véritable fonds de commerce très lucratif.
Malheureusement, nous vivons les conséquences de ce choix politique.
Nouhoum KEITA
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