Le Vivier d’Expertise Féminin pour le Développement, la Prévention et la Gestion des Conflits a organisé, le mercredi 6 mai 2026, une causerie-débat communautaire
Le Vivier d’Expertise Féminin pour le Développement, la Prévention et la Gestion des Conflits a organisé, le mercredi 6 mai 2026, une causerie-débat communautaire dans la Commune VI du District de Bamako, autour du thème : « Les effets de la désinformation sur la paix et la cohésion sociale ». Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme « Promouvoir une Paix Durable au Mali ».
Depuis plus d’une décennie, le Mali traverse une période marquée par des crises sécuritaires, politiques, sociales et économiques qui fragilisent le vivre-ensemble. Ces tensions ont accentué la méfiance entre communautés, affaibli la confiance envers les institutions et exposé les populations aux manipulations informationnelles.
La rencontre a réuni des acteurs communautaires, des jeunes, des femmes et des personnes ressources autour d’échanges ouverts et constructifs. L’objectif était de sensibiliser sur l’impact de la désinformation, de renforcer la résilience des communautés et de promouvoir une culture de responsabilité citoyenne dans le partage de l’information.
Pour Nanakadia Touré, secrétaire chargée à la formation au sein du Vivier, les jeunes sont à la fois les principales victimes et parfois acteurs de la désinformation.
« Des fois nous sommes acteurs victimes de la désinformation. Pour ne pas être ni acteur, ni victime, il faut passer par la bonne information, et cet espace a été initié pour donner la bonne information».
Elle a ajouté que l’effet multiplicateur de la sensibilisation est essentiel : « Si ces trente jeunes pouvaient à leur tour informer et impacter trois personnes chacun, cela ferait une centaine de personnes sensibilisées. Et ça, ce serait un plus dans notre combat contre la désinformation ».
De son côté, Aminata Samassekou de Komunitas a mis en garde contre les dérives liées aux réseaux sociaux : « Avant, l’information venait des journalistes, avec une éthique et une déontologie. Aujourd’hui, tout le monde s’improvise journaliste sur les réseaux sociaux, sans en maîtriser les responsabilités. »
En contribuant à la sensibilisation sur les effets de la désinformation, cette initiative vise à consolider la cohésion sociale, à prévenir les conflits et à renforcer le leadership féminin dans la promotion de la paix. Elle illustre la volonté des acteurs locaux de s’attaquer aux facteurs de division et de bâtir une société plus résiliente face aux manipulations informationnelles.