PolitiqueLe ministre Abdoulaye Diop rassure le corps diplomatique accrédité au Mali : "Ne pas céder à la panique est la meilleure réponse à ces attaques lâches et barbares"
"Nous sommes engagés, malgré nous, dans une guerre asymétrique
Après les attaques terroristes du 25 avril 2026 dans plusieurs localités du pays le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop a rencontré le corps diplomatique accrédité au Mali, le 7 mai dernier, au siège de son département. Il s'agissait de rassurer les ambassadeurs et consuls consulaires de l'engagement des autorités maliennes à lutter contre cette guerre asymétrique. Il a saisi cette opportunité pour rendre un hommage appuyé à la résilience des populations maliennes et à celle des invités du Mali. "Ne pas céder à la panique est la meilleure réponse à ces attaques lâches et barbares. Malgré la tentative de renversement des Autorités, les Institutions de la République restent fortes et la continuité institutionnelle sécuritaire est maintenue voire renforcée avec l'attribution des fonctions de Ministre de la Défense au Chef de l'Etat qui, constitutionnellement, est le Chef suprême des Armées. La nomination du Général Oumar Diarra, ancien Chef d'Etat-Major général des Armées aux côtés du Chef de l'Etat en qualité de Ministre Délégué assure également la continuité institutionnelle". Parole du ministre Diop. Avant de préciser en ces termes : "En s'incriminant davantage avec le JNIM (affilié à Al-Qaida), le FLA a librement choisi de prendre fait et cause pour un groupe extrémiste reconnu comme terroriste… ".
Je vous remercie d'avoir honoré l'invitation pour cette session d'échanges et d'informations, la première de l'année 2026.
Comme il s'y est engagé, le Gouvernement privilégie la communication directe avec l'ensemble de ses partenaires internationaux, en toute transparence et en toute franchise, de manière régulière et lorsque des circonstances particulières l'exigent ;
La présente rencontre s'inscrit, hélas, dans le cadre de circonstances particulières, je dirais même de circonstances tragiques.
Comme vous l'avez déjà appris à travers les communiqués officiels du Gouvernement, le Mali a été victime, le samedi 25 avril 2026, d'attaques terroristes complexes, coordonnées et planifiées avec des sponsors internes et externes contre plusieurs villes.
Ces attaques ont causé des victimes, civiles comme militaires, au nombre desquelles Le Général d'Armée Sadio Camara, Ministre d'Etat, Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, dont les circonstances de la disparition ont fait l'objet du Communiqué en date du 26 avril 2026 du Gouvernement de la Transition.
Le Mali, les Maliens, les Maliennes et les amis du Mali continuent de pleurer l'illustre disparu, dont la personnalité sans reproche, le parcours exemplaire, l'engagement patriotique et le sacrifice ultime en font un héros national.
Je réitère la gratitude du Gouvernement de la Transition pour les très nombreux messages, appels, communiqués, témoignages et autres manifestations de sympathie, de compassion, de condoléances et de soutien reçus en cette circonstance dramatique.
Je ne peux cependant m'empêcher de relever que certaines Organisations internationales mandatées pour la défense des droits de l'homme ainsi que des ONG internationales supposées défendre les droits de l'homme ont été étrangement aphones lorsque le Mali a été attaqué le 25 avril, et, en revanche, ont subitement recouvré l'usage de la condamnation sélective suite à l'ouverture d'une enquête et les interpellations subséquentes. Il est regrettable de voir la poursuite de la politisation de cette question, adossée à des condamnations à géométrie variable.
Pour en revenir aux attaques, je veux partager les constats suivants :
- l'alliance entre les groupes terroristes et certains groupes armés opérant dans les régions du Nord du Mali ne fait plus l'objet d'aucun doute, les intéressés eux-mêmes revendiquent cette coalition maléfique. Cela confirme ce que les Autorités de la Transition n'ont cessé de répéter depuis l'attaque du bateau Tombouctou le 07 septembre 2023 ;
- la complexité des attaques, leur coordination et le nombre de terroristes engagés confirment le changement de mode opératoire des GAT, amorcé depuis quelques mois, pour tenter d'asphyxier l'économie malienne ;
- ce plan cynique a échoué grâce à la réactivité des Forces Armées et de Sécurité et leurs partenaires. Un plan de contingence et de riposte des autorités maliennes a été mis en œuvre efficacement ;
- ces attaques ne sont pas des faits isolés, elles s'inscrivent dans un vaste plan de déstabilisation du Mali et une tentative de remplacer l'exécutif par la horde terroriste, d'où cette alliance contre nature ;
- dans leurs entreprises funestes, les GAT ont reçu le soutien de sponsors internes et externes, qui fournissent des renseignements et des moyens logistiques. Certains de ces sponsors agissent à visage découverts, comme l'Ukraine qui a publiquement revendiqué son appui logistique aux terroristes opérant au Mali ;
- il s'agit d'une guerre hybride par procuration menée par certains Etats contre le Mali et les autres pays de la Confédération AES. En s'attaquant à une mosquée le 25 avril, cela confirme à nouveau que le terrorisme au Sahel est politique, il n'a rien d'idéologique ou de confessionnel ;
- il s'agit aussi d'une guerre informationnelle dans laquelle s'entremêlent la désinformation, la manipulation, l'apologie du terrorisme et le "blanchiment" des terroristes à tels points que ceux qui qualifient les Autorités de la Transition de "junte" sont les alliés, les porte-voix et les relais médiatiques des terroristes.
Je rappelle que nous sommes engagés, malgré nous, dans une guerre asymétrique. Cela signifie que, à la différence des conflits conventionnels, face aux FAMAs il n'y a pas d'ennemi clairement identifié mais des terroristes opérant de manière sournoise, agissant en étant dissimulés au sein des populations et posant des "coups d'éclat" sur des cibles militaires comme civiles.
Cela nécessite une réponse adaptée à la menace, que nos Forces Armées et de Sécurité s'emploient à exercer au quotidien.
Dans cette lutte contre le terrorisme, je réaffirme la très haute appréciation des Plus Hautes Autorités de la Transition, du Gouvernement et du Peuple maliens pour tous les appuis et soutiens multiformes du Burkina et du Niger, dans le cadre de la Confédération AES.
Grâce à l'opérationnalisation de la Force Unifiée de l'AES, notre lutte commune contre le terrorisme porte ses fruits.
Sans être fataliste, les attaques comme celles du 25 avril 2026 font, malheureusement partie des différents scénarii de la guerre asymétrique.
En dépit des actes posés et des victimes causées, le Mali ne reculera pas dans sa détermination à éradiquer le terrorisme de notre territoire et de l'espace AES, avec le concours du Burkina, du Niger et d'autres partenaires, notamment la Fédération de Russie.
Cette lutte dans laquelle la Confédération AES est engagée, est menée pour la sécurité collective, bien au-delà de la région du Sahel.
Dans cette dynamique, la Confédération AES prend toute sa part et forme un rempart contre l'hydre terroriste.
Bien évidemment, notre réponse n'est pas uniquement sécuritaire, elle est holistique et intègre les dimensions géopolitiques, sociales et de développement.
Toutefois, le Gouvernement n'envisage pas de dialogue avec des groupes armés terroristes, sans foi ni loi, et qui portent la responsabilité des événements tragiques que vivent les populations depuis des années.
L'ouverture du Gouvernement au dialogue a été à plusieurs reprises affichée, notamment dans le cadre des ANR et du DIM.
En s'incriminant davantage avec le JNIM (affilié à Al-Qaida), le FLA a librement choisi de prendre fait et cause pour un groupe extrémiste reconnu comme terroriste par l'Organisation des Nations Unies qui l'a inscrit, le 04 octobre 2018, sur la liste de sanctions contre Daech et Al-Qaida, conformément à la Résolution 2368 (2017). Nous continuons d'accueillir des éléments terroristes repentis, qui rejoignent le cadre républicain.
Au nom du Gouvernement, je rends un nouvel hommage appuyé à la résilience des populations maliennes et à celle des invités du Mali. Ne pas céder à la panique est la meilleure réponse à ces attaques lâches et barbares.
Malgré la tentative de renversement des Autorités, les Institutions de la République restent fortes et la continuité institutionnelle sécuritaire est maintenue voire renforcée avec l'attribution des fonctions de Ministre de la Défense au Chef de l'Etat qui, constitutionnellement, est le Chef suprême des Armées.
La nomination du Général Oumar Diarra, ancien Chef d'Etat-Major général des Armées aux côtés du Chef de l'Etat en qualité de Ministre Délégué assure également la continuité institutionnelle.
De manière opérationnelle, le nouveau Chef d'Etat-major général des Armées vient d'être nommé en Conseil des Ministres.
Une enquête a été ouverte par le Procureur de la République près le Tribunal militaire de Bamako, le 1er mai 2026 et les investigations, menées rigoureusement, ont permis d'identifier et d'appréhender des personnes, civiles comme militaires, liées à la planification, la coordination et l'exécution des attaques. C'est vous donner l'assurance que force restera à la justice pour faire son travail.
Les mesures sont prises pour un renforcement et une adaptation du dispositif sécuritaire sur toute l'étendue du territoire national.
Ces attaques simultanées et odieuses n'ont fait que renforcer la combativité et l'unité des maliens autour de la préservation des Institutions de la République et leur confiance à l'égard des FAMa. C'est le lieu pour moi de dénoncer les pays dont les médias servent de plateforme pour véhiculer les messages des terroristes.
Pour ce qui concerne les Missions diplomatiques, les Postes consulaires et les Représentations d'Organisations internationales, des effectifs supplémentaires de police ont été déployés, les commissariats ont reçu des consignes pour renforcer les patrouilles autour des Chancelleries. Je partagerai tout à l'heure les coordonnées du Point focal du Ministère de la Sécurité et de la Protection civile, chargé de la coordination avec les MDC.
Le Gouvernement reste à l'écoute des attentes des MDC et O.I. au Mali et nous sommes ouverts à entendre toute requête spécifique.
Nous comprenons l'obligation de protection et d'assistance aux ressortissants, le Gouvernement a exactement les mêmes obligations vis-à-vis des populations maliennes et des invités du Mali. J'invite simplement les uns et les autres à considérer, ce faisant, l'impact des interprétations de la teneur ou de la forme de certains des messages, sur la situation sécuritaire nationale.
En ce qui concerne notre desserte par les compagnies aériennes, je peux vous confirmer que : les mesures de sécurisation renforcée de l'Aéroport international Président Modibo Kéïta ont été prises et se poursuivent ; il n'y a aucune contrainte logistique et opérationnelle à la poursuite de la desserte de Bamako. Les livraisons de kérosène sont régulièrement effectuées.
Je conclus par un message clair : les Forces armées et de sécurité poursuivent leur mission avec courage, professionnalisme et détermination. L'Etat est debout, l'Etat agit, l'Etat veille. Le Mali a certes été frappé, notre pays peut tanguer mais il ne chavirera pas".