PolitiqueGénéral El Hadj Gamou, Gouverneur de la région de Kidal : « Le JNIM et le FLA, c’est la même réalité ; à Kidal, ils étaient près de deux mille combattants terroristes »
Entretien avec le Général El Hadj Ghamou, Gouverneur de la région de Kidal
Deux semaines après les événements du 25 avril 2026, marqués par de nombreuses rumeurs autour de sa personne, le Général El Hadj Ghamou, gouverneur de la région de Kidal, brise enfin le silence. Entre spéculations sur un enlèvement, supposée séquestration et annonces de disparition, le gouverneur revient sur les faits, évoque les attaques menées par les groupes armés terroristes et dénonce une campagne médiatique hostile contre le Mali.
Monsieur le Gouverneur, bonsoir.
Général El Hadj Ghamou :
Bonsoir.
Merci de nous recevoir. Dites-nous, comment vous portez-vous depuis les événements du 25 avril dernier ?
Général El Hadj Ghamou :
Merci à l’ORTM. Comme vous le voyez, je me porte très bien, en bonne santé, en bonne forme et avec un moral élevé malgré les événements du 25 avril.
Monsieur le Gouverneur, il y a eu énormément de rumeurs vous concernant. On a parlé d’enlèvement, de séquestration, voire de disparition. Que s’est-il réellement passé ces jours-là ?
Tout cela est faux. Ce qui est certain, c’est qu’il y avait des vidéos à l’appui. Les terroristes avaient des caméras braquées sur nos véhicules et sur ma personne. Les deux sections de sécurité qui m’accompagnaient ont combattu avec courage.
Ce qui s’est passé est simple : nous nous sommes réveillés vers 5h30 avec des tirs partout autour du gouvernorat. Très rapidement, la ville était entièrement infiltrée par une coalition terroriste extrêmement nombreuse et lourdement équipée.
Ils utilisaient des drones de reconnaissance, des drones d’attaque, des drones kamikazes, des véhicules piégés, des blindés et des armes d’artillerie. La puissance de feu déployée dépassait largement les capacités des forces présentes à Kidal ce jour-là.
Il s’agissait d’une mobilisation terroriste d’une ampleur exceptionnelle, avec des combattants venus de plusieurs horizons. À travers les attaques menées à Kati, Seno, Sévaré, Gao et Kidal, on voit clairement qu’il existe une coalition internationale visant à déstabiliser notre pays.
On parle notamment du FLA, du JNIM et d’autres groupes ayant participé à cette attaque coordonnée avec des soutiens extérieurs. Qui sont-ils réellement et que recherchent-ils ?
Le JNIM et le FLA, c’est la même réalité. Ce sont des groupes terroristes. Ils ont bénéficié de nombreux renforts venus de l’extérieur. À Kidal, je peux confirmer qu’ils étaient près de deux mille combattants terroristes.
Les citoyens de la région se reconnaissent-ils dans ces mouvements ?
Absolument pas. Kidal a déjà connu des crises auparavant, mais cette fois-ci était exceptionnelle. Pour la première fois, la population a déserté massivement la ville en moins de 24 heures, parce qu’elle ne se reconnaît pas dans ces actes terroristes qu’elle a vus le matin du 25 avril.
Derrière ces attaques, il y a également une campagne médiatique hostile contre le Mali. Pourquoi, selon vous, certains médias occidentaux nourrissent-ils autant d’hostilité envers notre pays ?
Je pense que c’est une campagne bien organisée, menée parallèlement aux attaques militaires. L’objectif était clairement de faire tomber le régime à Bamako. C’est pour cela qu’ils ont aussi tenté d’attaquer Kati et même visé notre ministre de la Défense.
Cette attaque dépasse le simple cadre des actions terroristes habituelles dans le Sahel. Elle a été soigneusement préparée, avec des moyens importants et une volonté manifeste de déstabilisation.
Les médias ont aussi joué leur rôle dans cette stratégie, en donnant une grande ampleur à ces attaques. Pourtant, les premières victimes ont été les populations civiles de Kidal : les terroristes ont pillé les commerces, volé les biens des habitants, vidé les maisons et brûlé ce qu’ils ne pouvaient pas emporter.
Je tiens donc à dire à l’opinion nationale et internationale que ce sont bel et bien des terroristes qui ont attaqué notre pays dans le but de l’instabiliser.
Monsieur le Gouverneur, quel message souhaitez-vous adresser aux populations, notamment celles de la région de Kidal ?
Je demande avant tout beaucoup de courage aux populations de Kidal. J’appelle également les autorités et l’administration à continuer d’apporter leur soutien aux déplacés et à toutes les populations affectées.
Je voudrais aussi remercier le peuple malien pour sa résistance et son unité derrière la Transition face à ces actes terroristes.
Nous devons rester unis, solidaires et déterminés pour défendre notre patrie. Les terroristes n’ont aucun avenir. La seule solution est de continuer à les combattre partout où ils se trouvent.