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Crépuscule d’une illusion de rupture au Sénégal : Échec de la Coalition Diomaye Président à Mbour
Publié le lundi 18 mai 2026  |  L’aube
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© Autre presse par DR
Le président Bassirou Diomaye Faye au 65e sommet ordinaire de la CEDEAO
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Le silence sépulcral qui a enveloppé les travées désertées du stade Caroline Faye de Mbour, ce samedi 9 mai 2026...

Le silence sépulcral qui a enveloppé les travées désertées du stade Caroline Faye de Mbour, ce samedi 9 mai 2026, ne relève pas du simple incident logistique. Il s’agit d’un événement-symptôme, une rupture sémantique majeure dans le récit de la «Rupture» inconsommable au Sénégal, à travers le tandem singulier Diomaye - Sonko. Hélas ! Ce fiasco politique noté ce samedi 9 mai à Mbour, va continuer à agir comme le révélateur brutal d'une pathologie structurelle au sommet de l'État sénégalais : l’épuisement précoce d’une coalition artificielle et la désarticulation d’un exécutif bicéphale dont les deux têtes ne regardent plus dans la même direction, si ce n'est qu'ils se regardent désormais en chiens de faïence.


Par ce meeting à Mbour organisé par Mimi Touré (Aminata, ancienne PM de Macky Sall), Abdourahamane Diouf, actuel ministre de l'environnement et de la Transition écologique dans le gouvernement Sonko, ce qui devait être le sacre d’une légitimité populaire acquise ou préconisée pour le Président de la République Bassirou Diomaye Faye, a fini en queue de poisson. Une tentative bien malheureuse d'extraire de l'ombre tutélaire d'Ousmane Sonko le chef suprême des Armées, le Chef de l'État et le chef suprême de la magistrature. Sauf du Parlement.

Donc, seul maître à bord comme l'entendent ses partisans de la 26e heure, Bassirou Diomaye Faye n'a eu le courage de paraître avec eux sur un trône apparemment su neuf que personne n'y a posé encore ses fesses, et devant un public compact acquis à sa cause de se départir de Sonko progressivement mais sûrement, pour bâtir une base politique qui lui est propre. Les «diomayistes» autonomes en somme.

En s'appuyant sur les méthodes éculées de la bonne vieille classe politique sénégalaise, jusque-là friande de transhumance et de mobilisation monnayée, cette bande de nouveaux amis de la présidence a commis un crime de lèse-majesté dans le processus de transformation systémique et de rupture de la société sénégalaise. Une erreur monumentale et stratégique qui va se payer cash lors des prochaines consultations électorales. Les dirigeants ne perdent rien pour attendre car le peuple souverain et électeur du Sénégal sait sanctionner qu'avec sa carte d'électeur.

Pour avoir tenté de substituer l'enthousiasme organique de la base patriotique du Parti Pastef et de la Coalition Diomaye Président née des entrailles du parti majoritaire au pouvoir (Pastef ou Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité), cette bande d'amis ligués contre Sonko ont jeté aspirations populaires aux immondices, préférant un retour aux modes de gouvernance des anciens régimes précédents. Or ces mécanismes clientélistes de ces anciens régimes sont ce que le peuple sénégalais, dans une large majorité, ont interdit de toute validation. Pourtant ceux qui occultent tous ces faits déroulés entre 2021 et 2024 sont des témoins notoires et des acteurs/actrices notables qui ont vécu les mêmes injustices pratiquées des décennies durant pour être si tentés de retourner à ces contre-valeurs archaïques qu'ils ont tant besoin de ressusciter pour empêcher toute quête de souveraineté et de séparation des intérêts nationaux des intérêts typiquement français et européens.


Les valets du néo colonialisme qui s'entêtent à vouloir incarner les valeurs négatives de l'Alliance pour la République (Apr) et de la coalitions Benno bokk yakaar (Bby) qui l'a soutenue 12 ans durant, font tout avec l'aide des médias inondés de l'argent sale d'un Farba Ngom, célèbre Griot milliardaire de l'ex Président Macky Sall, pour défier l'hégémonie du Parti PASTEF.

Seulement cette fois-ci, la sanction a été immédiate : un rejet épidermique de la base sociale dont le cœur bat exclusivement pour le «Projet» originel de Sonko et du Pastef. Un projet qui les soude et qui les a portés au pouvoir pour une mission de rupture générationnelle et de transformation systémique de l'appareil de production.

On peut relever dans cette absence de Diomaye et des patriotes constituant cette base sociale de électorat sénégalais New look, un hiatus qui explique bien la déconnexion physique et symbolique opérée ce samedi 9 mai à Mbour. Il a été affirmé sans grands mots, que rien de décisif au Sénégal ne peut désormais s'opérer sans le Pastef. Ce qui l'illustre davantage, c'est ce projet de loi votée et adoptée par les députés et que le président hésite encore à promulguer, multipliant les têtes à têtes avec les principales figures de la classe politique. Pourquoi ? Parce que les articles L29 et L30 du code électoral sont modifiées pour empêcher toute inéligibilité abusive et arbitraire comme Macky Sall, avec ses députés, avaient réussi à l'imposer à Karim Wade, Khalifa Sall et Ousmane Sonko, durant les dernières élections organisées sous son règne. Maintenir Sonko dans le flou d'une ineligibilite contestée par-ci et validée par là, l'hésitation est permise comme le doute et ma demande de seconde lecture comme requis présidentiel avant ladite promulgation de la loi.


Une telle politique d'esquive Diomaye en a souvent usée pour se réfugier derrière son agenda diplomatique. C'est ainsi qu'il a été porté absent du territoire pour s'être rendu à Nairobi au sommet France Afrique nouvelle formule et faire face à son propre miroir qui est Emmamuel Macron avec qui il compte conjuguer son destin politique au futur antérieur pour mieux rester au pouvoir. En cela, l'échec du meeting de Mbour traduit un conflit de légitimité profond. Nous assistons à une tension permanente entre la légitimité légale logée au Palais et la légitimité charismatique ancrée à la Primature. Cette dualité paralyse par capillarité l'administration et la justice. Entre loyauté doctrinale et obéissance hiérarchique, la haute fonction publique est entrée en phase d'attentisme, chaque décision devenant un arbitrage de forces entre les ralliés de circonstance et les patriotes de la première heure.

Au Parlement et dans les territoires, cette fragmentation condamne l'action publique à une guérilla procédurale, avec en ligne de mire, les scrutins de 2027 (élections locales) et de 2029 (élections présidentielles). L'opposition, revigorée par ces craquelures, monnaie son silence face à un régime qui a perdu sa boussole unitaire, croit-on savoir. Mais le verdict de la Petite Côte est impitoyable : on s'est rendu compte qu'à Mbour, on ne bâtit pas une force politique sur le vide de l'ambition. En tentant de se régénérer par les débris du système déchu, le projet présidentiel s'est exposé à l'acide de la trahison politicienne. Le Sénégal entre désormais dans une zone de turbulences où la survie du quinquennat exigera une clarification radicale : assumer le binôme originel ou s'effondrer sous le poids d'une solitude institutionnelle sans peuple.

MKL
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