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Tribune : Le Sahel ne doit pas devenir l’arène des guerres par procuration
Publié le lundi 18 mai 2026  |  L’aube
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Dans une tribune reçue à notre Rédaction, Dr. Oumar KEÏTA Directeur Exécutif de l’IESS (Institut d’Études Stratégiques pour le Sahel) et Ancien Ambassadeur, s’insurge contre la guerre par procuration livrée contre le Mali et au-delà à tout le Sahel. Lisez plutôt !

Les révélations publiées par RTL- France, première radio privée de France au sujet d’un supposé soutien indirect aux autorités ukrainiennes opérant contre l’armée malienne, avec des connexions évoquées à des groupes armés terroristes, soulèvent une question grave, morale et stratégique : jusqu’où certaines puissances sont-elles prêtes à aller pour défendre leurs intérêts géopolitiques au détriment de la paix au Sahel ?


Si ces informations venaient à être confirmées, elles constitueraient une ligne rouge inacceptable. Le Mali n’est pas un échiquier. Le Sahel n’est pas un laboratoire de confrontations indirectes entre puissances étrangères. Derrière les calculs géopolitiques, il y a des peuples. Il y a des familles. Il y a des villages entiers pris en étau entre terrorisme, pauvreté, déplacements forcés et instabilité chronique.

Depuis plus d’une décennie, les populations maliennes vivent sous la menace permanente des groupes terroristes. Des milliers de civils ont perdu la vie. Des millions d’autres vivent dans la peur. Dans ce contexte, toute coopération — directe ou indirecte — avec des groupes armés semant la terreur ne peut être ni justifiée, ni relativisée, ni maquillée sous des considérations stratégiques.

On ne combat pas une divergence diplomatique en fragilisant davantage un pays déjà meurtri.

Les Forces Armées Maliennes, quelles que soient les divergences politiques que certains peuvent avoir avec les autorités de transition, restent aujourd’hui en première ligne face à la menace terroriste. Affaiblir cette lutte reviendrait à ouvrir davantage d’espace aux groupes extrémistes qui prospèrent sur le chaos et le sang des innocents.

L’Afrique sahélienne mérite mieux que d’être instrumentalisée dans les rivalités internationales. Elle mérite le respect de sa souveraineté, de sa stabilité et du droit de ses peuples à vivre en paix.


La France, qui a payé un lourd tribut humain au Sahel durant des années d’engagement militaire, ne peut pas se permettre de voir son image associée, même indirectement, à des dynamiques susceptibles d’alimenter la violence terroriste. Ce serait une faute politique majeure, une faute morale historique et un signal désastreux envoyé aux populations africaines.

La paix au Sahel ne doit pas être sacrifiée sur l’autel des intérêts géopolitiques.

Il est temps que les puissances étrangères comprennent une vérité simple : le Sahel n’a pas besoin de nouvelles guerres cachées. Il a besoin de stabilité, de coopération sincère, de développement, de sécurité et de respect mutuel.

Parce qu’au final, ce ne sont jamais les grandes puissances qui paient le prix le plus lourd de ces jeux d’influence.

Ce sont toujours les peuples.

Dr. Oumar KEÏTA
Directeur Exécutif de l’IESS (Institut d’Études Stratégiques pour le Sahel)
Ancien Ambassadeur

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