Le gouvernement malien a vivement condamné la diffusion par la chaîne Al Arabiya , samedi 16 mai 2026, de vidéos montrant des militaires maliens détenus à Kidal, dénonçant des contenus jugés « mensongers » et contraires à la souveraineté nationale, a appris ABamako.com dimanche 17 mai 2026.
Dans un communiqué officiel, les autorités de Bamako ont accusé le correspondant de la chaîne, Ibrahim Moustapha, d’avoir agi « en violation flagrante de la souveraineté du Mali » et en « complicité avec des groupes terroristes ».
Cette polémique intervient dans la foulée des attaques coordonnées du 25 avril 2026 dans le nord du pays. Après ces affrontements, le Front de libération de l’Azawad (FLA) avait affirmé détenir plusieurs soldats maliens à Kidal.
Les vidéos relayées par Al Arabiya et Al Hadath montrant des militaires en captivité ont provoqué une vive émotion au Mali et suscité de nombreuses réactions sur la scène internationale.
Le FLA affirme que les détenus seraient traités correctement et assure qu’aucune rançon n’a été réclamée, évoquant toutefois d’éventuelles discussions dont les modalités demeurent inconnues.
Face à cette situation, le ministère malien des Affaires étrangères a adressé une protestation officielle aux autorités saoudiennes, dénonçant un « grave manquement à l’éthique et à la déontologie journalistique ».
Les autorités maliennes estiment que la diffusion de ces images vise à fragiliser l’image des Forces de défense et de sécurité et avertissent que de tels agissements pourraient affecter les relations avec l’Arabie saoudite, qualifiée de « pays frère et ami historique ».
Bamako a également réaffirmé qu’aucune atteinte à l’intégrité territoriale ni à l’unité nationale ne serait tolérée, laissant planer la possibilité de sanctions conformément aux lois en vigueur.
Cette nouvelle tension médiatico-diplomatique intervient alors que le nord du Mali demeure confronté à une situation sécuritaire fragile, marquée par la poursuite des opérations militaires et une crise humanitaire persistante pour les populations civiles.