Le Mali et le Canada renforcent davantage leur coopération à travers la création du Conseil d’Affaires Mali-Canada (CAMC), une initiative portée par des acteurs du monde des affaires désireux de dynamiser les échanges économiques entre les deux pays.
Sous la présidence de Mossa Ag Attaher, ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, le lancement officiel s’est déroulé le jeudi 14 mai 2026 à l’hôtel Radisson Collection en présence de Lee-Anne Hermann, chargée d’Affaires à l’Ambassade du Canada au Mali et de nombreux opérateurs économiques maliens et canadiens.
Le CAMC est présidé par Amadou Moustapha Diop, à la tête d’un bureau composé de membres maliens et canadiens. L’événement a également été suivi en ligne par plusieurs participants basés au Canada, dont certains sont intervenus à distance.
Une plateforme d’opportunités économiques
Selon M. Diop, les relations entre le Mali et le Canada reposent déjà sur une histoire riche dans les domaines de la diplomatie, de l’éducation, des investissements et du développement. «Avec la création de ce Conseil d’Affaires, nous franchissons un nouveau cap en dotant notre coopération d’un outil structurant, dynamique et opérationnel », a-t-il déclaré. Le CAMC ambitionne de devenir une véritable plateforme d’opportunités favorisant les rencontres entre entrepreneurs, la création de partenariats et la concrétisation de projets porteurs de croissance dans plusieurs secteurs économiques.
Le président du Conseil a rappelé que le Mali, situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest et membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), traverse une phase de reconstruction et de transformation économique offrant de nombreuses opportunités aux investisseurs. Le Canada, reconnu pour son expertise en innovation, en technologies et en valorisation des ressources naturelles, apparaît ainsi comme un partenaire stratégique de premier plan. Le CAMC entend notamment faciliter le réseautage, encourager les échanges commerciaux, accompagner les entreprises dans leur développement international et promouvoir une meilleure compréhension des environnements et cultures d’affaires des deux pays. Amadou Moustapha Diop a également invité les membres fondateurs et futurs adhérents à collaborer, innover, explorer de nouveaux marchés et nouer des alliances solides afin de bâtir une coopération économique durable, créatrice d’emplois et de compétences.
Le soutien de l’Ambassade du Canada
Lee-Anne Hermann a salué une initiative qui marque « une étape importante dans le renforcement des relations économiques » entre les deux pays. Elle a souligné que le Mali et le Canada entretiennent depuis plusieurs années une relation solide et constructive, fondée sur des intérêts communs et des valeurs partagées. Selon elle, le commerce et l’investissement demeurent des leviers essentiels de croissance et de développement durable.
La diplomate canadienne estime que la création du CAMC donne une nouvelle dimension à cette coopération en structurant les échanges, en facilitant les investissements et en encourageant des partenariats concrets au bénéfice des deux économies. Elle a également assuré de la disponibilité de l’Ambassade du Canada pour accompagner cette dynamique, notamment à travers le Service des délégués commerciaux, chargé d’appuyer les entreprises dans leurs démarches, de faciliter les mises en relation et d’identifier des opportunités d’affaires.
Par ailleurs, elle a mis en avant plusieurs secteurs porteurs de coopération, notamment les mines responsables, les technologies vertes, l’agriculture durable, ainsi que la formation technique et professionnelle. Mme Hermann a aussi insisté sur le rôle stratégique de la diaspora malienne au Canada, qu’elle considère comme un véritable pont économique entre les deux pays. Elle a enfin plaidé pour une participation active des femmes dans les initiatives économiques afin de garantir une coopération inclusive et durable. La représentante canadienne a encouragé les entreprises maliennes à participer à de grands rendez-vous économiques organisés au Canada, tels que le PDAC dans le secteur minier, le CIM Connect pour la fourniture minière ou encore le SIAL Canada consacré à l’agroalimentaire.
Un cadre en phase avec la vision du gouvernement malien
Pour le ministre Mossa Ag Attaher, cet événement traduit une volonté commune de renforcer les liens économiques entre le Mali et le Canada tout en ouvrant la voie à de nouvelles opportunités de coopération. Il a rappelé que les relations entre les deux pays reposent sur une longue tradition de collaboration dans plusieurs domaines, notamment l’économie, la culture et la gouvernance. Le ministre a notamment évoqué la signature, le 2 août 1988, du premier Accord-cadre entre le gouvernement du Mali et l’ONG Jeunesse Canada Monde, destiné à promouvoir les échanges culturels entre les jeunes des deux pays.
Il a également cité l’appui de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) à plusieurs projets liés à la gestion des finances publiques, notamment le Projet de mobilisation des recettes intérieures (PAMORI), visant à moderniser l’administration fiscale malienne. Selon lui, l’institution du Bureau du Vérificateur général du Mali s’inspire également du modèle canadien afin de renforcer la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Le ministre a par ailleurs souligné la forte présence des entreprises canadiennes dans le secteur minier malien, notamment Barrick Gold, B2Gold et Allied Gold, qui témoignent, selon lui, de la confiance des investisseurs canadiens au Mali.
Pour le ministre, le Conseil d’Affaires Mali-Canada constitue un véritable catalyseur pour les acteurs économiques des deux pays. Il facilitera les échanges commerciaux, encouragera les investissements et soutiendra l’innovation, en parfaite cohérence avec la vision du gouvernement malien en matière de transformation économique et d’intégration dans les chaînes de valeur internationales. Il a, enfin, rappelé que le rôle de l’État demeure d’accompagner et de créer les conditions favorables au développement de l’initiative privée.