La nation Arc-en-ciel a été secouée récemment par des manifestations xénophobes ciblant les migrants africains....
Plusieurs de ses villes en ont été le théâtre, suscitant de nombreuses réactions à l’échelle du continent. Faut-il le rappeler, l’Afrique du Sud connaît depuis 15 ans des manifestations xénophobes comme ce fut le cas en mai 2008 et en avril 2015. Les violences de 2008 ont coûté la vie à 62 étrangers « accusés de voler le travail des Sud-Africains ». « On m’a frappée parce que je suis étrangère ... Je m’apprêtais à garer ma voiture quand je les ai vus. J’ai tout de suite fait demi-tour ! Je préfère perdre tout ce que j’ai construit ici plutôt que mourir », a raconté, dans le quotidien français Le Monde, un commerçant installé en Afrique du Sud depuis vingt-cinq ans. L'article est intitulé : « l’Afrique du Sud face à une nouvelle poussée de fièvre xénophobe ». Les gouvernements du Ghana et du Nigéria ont tapé du poing sur la table et demandé des explications aux autorités sud-africaines. Dans une déclaration publiée, le 10 mai 2026, « le Consortium zambien des organisations de la société ci vile pour la bonne gouvernance et le constitutionnalisme a exprimé son inquiétude face aux attaques xénophobes en Afrique du Sud et appelé à une action de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de l’Union africaine (UA) ». Selon ce collectif, «l’avenir de l’unité africaine dépend non seulement des traités et des discours, mais aussi de la manière dont nous nous traitons les uns les autres dans des moments comme ceux-ci». Le leader du Mouvement pour le changement économique radical (EFF) Julius Malema, refuse « la violence xénophobe comme réponse aux difficultés économiques de l’Afrique du Sud ». «Je n’accepterai pas de votes qui m’obligent à pro mouvoir la haine contre mes compatriotes africains…. Je ne haïrai jamais les Africains pour des raisons électorales… Je ne refuserai jamais l’éducation à un enfant africain ni les soins de santé à une femme enceinte en Afrique du Sud», a-t-il souligné. Le Président Cyril Ramaphosa a souligné, le lundi 11 mai dernier, que « la xénophobie n’a pas sa place en Afrique du Sud ». Le Président Cyril Ramaphosa a raison. Dans le pays de Nelson Mandela et de Desmond Tutu, la haine contre les Africains n’a pas sa place. Car, pour la petite histoire, le terme <> a été forgé par l'archevêque Desmond Tutu pour décrire l'Afrique du Sud post-apartheid après 1994, symbolisant l'unité dans la diversité de ses peuples, cultures et 11 langues officielles. Devenu davantage célèbre grâce à Nelson Mandela, le concept vise à créer une société post-raciale, bien que le pays reste confronté à des inégalités. Dans un monde où la tendance est la montée de l’extrémisme sur fond de manipulation et d’instrumentalisation de l’opinion à des fins électoralistes, la tâche s’annonce difficile pour les autorités de Pretoria. En Afrique du Sud comme ailleurs, les discours d’extrême-droite gagnent du terrain. Il est regrettable qu’un Africain attaque encore un autre Africain sur le sol africain sous le pré texte qu’il est étranger. Un Nigérian doit se sentir chez lui en Afrique du sud comme un Congolais doit vivre tranquillement au Maroc. Le seul coupable de ces drames xénophobes sont des gouvernements africains qui trainent les pieds dans l’intégration africaine avec l’instauration des visas d’entrée qui est une véritable restriction aux mouvements des populations.