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Axe Bamako - Moscou : le Mali et la Russie scellent un vaste partenariat économique stratégique
Publié le mardi 19 mai 2026  |  aBamako.com
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© Autre presse par DR
Signature d`accords entre le Mali et la Russie
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Le Mali et la Russie ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération économique à l’issue de la deuxième session de leur Commission intergouvernementale, tenue le 16 mai 2026 à Kazan, en marge du Forum économique international « Russie – Monde islamique », a-t-on appris lundi 18 mai 2026.

Cette rencontre a réuni des responsables des deux pays autour de secteurs jugés prioritaires pour Bamako : énergie, hydrocarbures, agriculture, mines, transports et industrie, dans un contexte marqué par des tensions sur l’approvisionnement et la hausse des coûts logistiques.

La partie russe était conduite par Sergueï Tsivilev, tandis que la délégation malienne regroupait plusieurs responsables des secteurs économiques stratégiques. À l’issue des travaux, les deux parties ont signé un protocole d’accord ainsi que plusieurs mémorandums d’entente encadrant leur coopération.

Au cœur des discussions figure la question des hydrocarbures et des intrants agricoles. Le Mali consomme environ 200 millions de litres de carburant par mois et plus de 350 000 tonnes d’engrais par an, des volumes qui rendent ces approvisionnements essentiels pour la stabilité économique et alimentaire du pays.

Un plan de sécurisation a été adopté, prévoyant des calendriers de livraison, des mécanismes logistiques et des arrangements financiers pour fluidifier les chaînes d’approvisionnement. L’objectif est d’assurer des flux réguliers de carburant via des ports de transit, ainsi que la disponibilité des intrants agricoles avant les périodes critiques des campagnes agricoles.

Les échanges ont également porté sur les infrastructures de transport, notamment ferroviaires et routières. Un mémorandum impliquant le constructeur russe KamAZ a été évoqué, incluant la fourniture de camions et la possibilité d’implanter une unité d’assemblage au Mali.

Cette coopération vise à renforcer les capacités logistiques d’un pays fortement dépendant du transport routier pour l’acheminement des marchandises depuis les ports de la sous-région.

Le secteur minier a occupé une place centrale, avec des échanges sur l’exploration géologique et la valorisation des ressources, notamment le lithium. Moscou a exprimé son intérêt pour la poursuite des projets de réévaluation du potentiel minier malien et le développement d’infrastructures de transformation locale.

Pour le Mali, ces discussions s’inscrivent dans une stratégie visant à mieux valoriser ses ressources naturelles et à renforcer la transformation sur place.

Malgré cette dynamique, les échanges commerciaux entre les deux pays restent limités. En 2023, les importations maliennes depuis la Russie s’élevaient à environ 35,1 millions de dollars, sur un total national de 6,42 milliards de dollars, avec des volumes encore marginaux en produits pétroliers.

Cette réalité confirme que la rencontre de Kazan vise avant tout à construire de nouveaux circuits d’approvisionnement et à structurer une coopération économique encore en phase d’expansion.

Cette session s’inscrit dans le prolongement des accords signés en 2025 à Moscou lors de la visite des autorités de transition maliennes, qui avaient posé les bases d’une coopération élargie dans les domaines économique, scientifique et technique.

La réunion de Kazan cherche désormais à transformer ces engagements politiques en projets concrets, avec des objectifs chiffrés et des secteurs prioritaires clairement identifiés.

Pour Bamako, l’objectif est double : sécuriser les produits essentiels et réduire la dépendance logistique liée à l’enclavement du pays. Pour Moscou, cette coopération marque une volonté d’élargir son influence économique en Afrique à travers des partenariats structurés.

La réussite de ces engagements dépendra toutefois de leur mise en œuvre effective, notamment en matière de financement, de logistique et de suivi opérationnel des projets annoncés.
KM
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