Lors d’une conférence consacrée à la cybercriminalité et à la drogue organisée ce mercredi à l’université de droit, Adama Coulibaly a tenu à clarifier plusieurs incompréhensions autour des compétences judiciaires en matière d’infractions commises à travers les technologies numériques.
Le magistrat est notamment revenu sur les critiques formulées ces derniers temps concernant certaines publications liées à l’apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux. Selon lui, de nombreuses personnes attribuent à tort ces dossiers au pôle de lutte contre la cybercriminalité.
« Le terrorisme, ce n’est pas ma compétence », a-t-il déclaré devant les participants, expliquant que même lorsque les réseaux sociaux ou les technologies de l’information sont utilisés, la nature principale de l’infraction demeure déterminante.
Pour le procureur, lorsqu’un acte touche au terrorisme ou constitue un appui à des activités terroristes, la compétence revient exclusivement au pôle antiterroriste. Le recours aux outils numériques ne fait alors que constituer un moyen de commission de l’infraction.
Poursuivant ses explications, Adama Coulibaly a également évoqué les affaires de corruption et d’atteinte aux biens publics. Là encore, il a précisé que même si les technologies de l’information et de la communication sont utilisées, ces dossiers relèvent du pôle économique et financier, et non de la cybercriminalité.
À travers cette intervention, le procureur a voulu sensibiliser l’opinion publique sur le fonctionnement des juridictions spécialisées et dénoncer ce qu’il considère comme « beaucoup d’incompréhensions et de faux procès » dans les débats publics autour des affaires judiciaires sensibles.