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Transparence et réformes dans le rapport ITIE 2024 : 978 milliards FCFA versés au Trésor par le secteur minier
Publié le lundi 22 juin 2026  |  L’aube
Cérémonie
© aBamako.com par A S
Cérémonie d`Inauguration de la mine d`or de Kofi
Bamako, le 24 Avril 2015, a eu lieu la cérémonie d`inauguration de la mine d`or de Kofi
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L’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) Mali a réuni les professionnels des médias lors d’un atelier de dissémination du rapport ITIE 2024, le mercredi 17 juin 2026, marquant une étape clé dans la consolidation de la gouvernance minière.

Cette rencontre, tenue dans un contexte de réformes institutionnelles approfondies, visait à outiller les journalistes sur les données essentielles du secteur – production, recettes, flux financiers – afin d’alimenter un débat public éclairé et de renforcer la redevabilité citoyenne.


Pour Mme Arby Rakiatou, conseillère technique du ministre des Mines, l’enjeu est double : faire de la transparence un pilier irréversible de la gestion extractive et permettre aux médias de jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir et de relais d’information fiable. Le rapport, officiellement remis au ministre, le Pr Amadou Kéïta, le 17 avril 2026, sera prochainement présenté au Premier ministre, président du Comité de supervision, ouvrant la voie à une diffusion nationale et internationale.

Les performances enregistrées en 2024 confirment la place prépondérante de l’or dans l’économie malienne. Le secteur extractif a généré 1 023 milliards FCFA de revenus globaux, dont 978 milliards effectivement encaissés par le Trésor public. Ces montants, qui placent les mines au premier rang des contributeurs budgétaires, traduisent une amélioration notable de la collecte fiscale et des mécanismes de contrôle, en phase avec les recommandations issues de l’audit récent du secteur.

Intervenant devant la presse, le Secrétaire permanent par intérim de l’ITIE Mali, Boureima Cissé, a insisté sur la nature collective des ressources du sous-sol, appelant à une gestion empreinte d’intégrité et de redevabilité. Les données, collectées auprès de 37 entreprises extractives, révèlent que le secteur pèse désormais 9,5% du PIB national, 40,9% des recettes fiscales de l’État et 78,8% des recettes d’exportation. Sur l’ensemble des sommes perçues, 97% sont intégrées au budget national, tandis que 10,56 milliards FCFA (1,1%) sont directement transférés aux collectivités territoriales de Kayes, Sikasso, Koulikoro et Bougouni au titre de la patente, amorçant une décentralisation des retombées économiques.


M. Cissé a également tenu à nuancer les critiques récurrentes sur la faible captation locale des bénéfices aurifères. Il a souligné que la contribution du secteur à l’effort de défense nationale est désormais tangible et que l’audit récent a permis de rétablir une trajectoire vertueuse de mobilisation des recettes. Si des marges de progrès subsistent dans la répartition, la dynamique engagée est jugée positive par les acteurs institutionnels et techniques.

Néanmoins, le rapport 2024 pointe plusieurs défis structurels à relever pour ancrer durablement les avancées. Parmi les recommandations prioritaires adressées au ministère des Mines figurent la mise en œuvre opérationnelle du fonds de réhabilitation et de sécurisation des sites miniers artisanaux, le renforcement des contrôles sur l’usage de substances dangereuses comme le mercure, ainsi que la création d’un comptoir national d’achat d’or – une lacune majeure qui, à ce jour, fragilise l’encadrement du secteur artisanal, alimente les circuits informels et obère la traçabilité des flux financiers, en contradiction avec les objectifs de l’ITIE.

Cette publication s’inscrit dans le sillage des réformes engagées par les autorités maliennes, notamment l’adoption d’un nouveau code minier et la création d’une société publique dédiée à la gestion des participations étatiques dans les industries extractives. Alors que le Mali entend asseoir sa souveraineté économique, la manne de 978 milliards FCFA confirme que le potentiel géologique du pays, conjugué à une gouvernance rigoureuse et transparente, peut devenir un vecteur décisif d’un développement durable et inclusif.

L’exercice de transparence engagé par l’ITIE, couplé à une appropriation citoyenne via les médias, constitue un levier essentiel pour transformer les ressources minières en capital humain, social et infrastructurel. La prochaine étape consistera à traduire les recommandations du rapport en actes concrets, afin de pérenniser la confiance des parties prenantes et d’attirer des investissements responsables dans un secteur clé pour l’avenir du Mali.


Mémé Sanogo
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