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Ancien parc à bétail de Faladié (GARBAL) : Faut-il vraiment une commission pour stopper les dépôts d’ordures ?
Publié le mardi 23 juin 2026  |  arc en ciel
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Au moment que l’ancien parc à bétail de Faladié se transforme progressivement en dépotoir sauvage, la question des responsabilités refait surface.

Si une commission serait en cours de mise en place pour réfléchir aux mesures à prendre, de nombreux observateurs s’interrogent sur la pertinence d’une telle démarche face à une situation qui semble pourtant relever de décisions administratives immédiates. Face à ce qu’on appelle : risques sanitaires, dégradation du cadre de vie et inertie institutionnelle, les riverains peinent à comprendre pourquoi les autorités tardent à agir.

A Faladié, en Commune VI du District de Bamako ; le temps administratif ne semble pas avancer au même rythme que l’accumulation des ordures.

Quelques semaines seulement après le déguerpissement de l’ancien parc à bétail, le site est progressivement envahi par des déchets ménagers déversés quotidiennement par des charretiers et des conducteurs de pousse-pousse. Chaque jour qui passe voit grossir les tas d’immondices sur un terrain qui devait pourtant symboliser la reconquête de l’espace public et l’amélioration du cadre de vie des populations.

Pourtant, selon plusieurs sources, le terrain ne relève ni d’un vide juridique ni d’une absence de propriétaire. Le site appartiendrait au ministère de l’Equipement et des Transports à travers les Aéroports du Mali (ADM), ce qui pose clairement la question de la responsabilité de sa protection et de sa sécurisation.

Dans ces conditions, de nombreux habitants s’interrogent : pourquoi laisser le site devenir progressivement une décharge à ciel ouvert alors qu’une simple interdiction d’accès pourrait être mise en œuvre ?

Selon nos informations, une commission serait en cours de constitution afin de réfléchir aux mesures permettant d’empêcher les dépôts d’ordures sur le terrain. Une initiative qui, sur le principe, peut paraître pertinente. Mais sur le terrain, elle suscite déjà de nombreuses interrogations.

Car pendant que les réunions se préparent et que les procédures administratives suivent leur cours, les déchets, eux, continuent de s’accumuler.

Plusieurs riverains estiment que la situation ne nécessite ni longues concertations ni études approfondies. Pour eux, il s’agit avant tout d’un problème d’autorité et de police administrative.

« A-t-on réellement besoin d’une commission pour interdire à des charretiers de déverser des ordures sur un terrain public ? », s’interroge un habitant du quartier.

La question mérite d’être posée. En effet, les textes donnent déjà aux autorités communales et administratives des pouvoirs suffisants pour lutter contre les dépôts anarchiques de déchets. Une décision du maire de la Commune VI, appuyée par les services d’assainissement et les forces de sécurité, pourrait permettre d’interdire immédiatement l’accès du site aux contrevenants et de sanctionner les auteurs de déversements illégaux.

Au-delà de la question institutionnelle, c’est surtout l’urgence de la situation qui préoccupe les populations. Les amas d’ordures génèrent déjà des odeurs nauséabondes et des fumées toxiques issues de brûlages sauvages. Avec l’hivernage qui s’installe, les risques de prolifération des moustiques, des mouches et des rongeurs augmentent considérablement, faisant craindre l’apparition de maladies liées à l’insalubrité.

Pour les habitants, le scénario est connu d’avance : sans intervention rapide, l’ancien parc à bétail pourrait suivre la même trajectoire que d’autres dépotoirs emblématiques de la capitale, devenus au fil des années de véritables montagnes d’ordures au cœur des quartiers habités.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les autorités avaient présenté le déguerpissement du Garbal comme une opération destinée à assainir durablement la zone et à améliorer les conditions de vie des riverains. Quelques semaines plus tard, beaucoup ont le sentiment que le problème a simplement changé de visage.

Aujourd’hui, les populations attendent moins des commissions que des actes concrets. Elles réclament la sécurisation immédiate du site, l’installation d’un dispositif de surveillance, l’interdiction formelle de tout déversement d’ordures et l’application de sanctions contre les contrevenants.

Car à Faladié, l’enjeu ne consiste plus seulement à préserver un terrain appartenant à l’Etat. Il s’agit aussi d’empêcher qu’un espace libéré au nom de l’assainissement ne devienne, par manque de réactivité des autorités, le prochain symbole de l’insalubrité urbaine à Bamako.



Djibril Diallo

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