La vérification financière du Bureau du Vérificateur général (BVG) a mis au jour des irrégularités financières d'un montant total de 66 566 806 F CFA au sein de l'ambassade du Mali à Luanda
Malgré la régularisation de 4 725 500 F CFA à l'issue des travaux, un reliquat de 61 841 306 F CFA demeure non justifié.
La gestion de l'ambassade du Mali à Luanda, en République d'Angola, a fait l'objet d'une vérification financière portant sur les exercices 2023, 2024, 2025 et 2026 (au 31 mars). Cette mission visait à s'assurer de la régularité et de la sincérité des opérations de recettes et de dépenses. Les travaux ont porté sur la gestion du personnel, la tenue de la comptabilité, la gestion de la trésorerie, la justification des dépenses de fonctionnement courant, les fonds reçus de la Paierie générale du Trésor (PGT), le paiement des frais scolaires, des soins médicaux, des charges locatives et des salaires, ainsi que sur le recouvrement des recettes propres. Cette mission a mis en évidence des irrégularités administratives et financières.
Irrégularités administratives
La mission de vérification a constaté que l'ambassade du Mali à Luanda n'établit pas d'expression de besoins préalable à l'exécution des dépenses. Elle ne respecte pas non plus la législation du travail du pays d'accréditation. Le secrétaire-agent comptable utilise les recettes propres sans l'autorisation du payeur général du Trésor et ne tient pas les registres comptables obligatoires. En outre, les registres et documents comptables ne sont pas correctement tenus. Les modalités de réception des biens et services ne sont pas respectées et la comptabilité-matières n'est pas tenue de manière régulière. Enfin, certaines dépenses ont été exécutées sans l'autorisation préalable de l'ordonnateur. Au regard de ces constats, l'équipe de vérification a recommandé à l'ambassadeur du Mali à Luanda de veiller au respect de la législation du travail du pays d'accréditation, notamment en matière de sécurité sociale, et d'exiger l'établissement et la signature d'expressions de besoins avant tout ordonnancement de dépense.
Elle a également recommandé au secrétaire-agent comptable de requérir l'autorisation du Payeur général du Trésor avant toute utilisation des recettes propres, de tenir l'ensemble des registres comptables conformément à la réglementation en vigueur, de respecter les procédures de réception des biens et services, d'assurer la tenue des documents de comptabilité-matières, de procéder à la codification et à l'immatriculation du matériel et de solliciter l'autorisation préalable de l'ordonnateur avant toute exécution de dépense.
Irrégularités financières
La vérification a également relevé des irrégularités financières d'un montant total de 66 566 806 F CFA. Sur ce montant, 4 725 500 F CFA ont été régularisés à la suite des travaux de vérification. Le reliquat non régularisé s'élève ainsi à 61 841 306 F CFA.
Ces irrégularités concernent notamment le paiement de rémunérations et d'avantages indus pour un montant de 54 415 546 F CFA, ainsi que le paiement de dépenses irrégulières évaluées à 7 425 760 F CFA. Les faits relevés dans le rapport de vérification et susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale ainsi qu'à la législation budgétaire et financière seront dénoncés au président de la Section des comptes de la Cour suprême et au procureur de la République financier.