Selon l’Organisation non-gouvernementale (ONG) International Crisis Group, «les mouvements djihadistes armés en Afrique de l’Ouest avancent comme le désert, du nord au sud». C’est le cas d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), issu d’un mouvement djihadiste algérien, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) qui a prêté allégeance à Oussama ben Laden en 2006 et a pris son nouveau nom en 2007, alors qu’il était défait dans son propre pays et obligé de s’enfoncer dans le désert. Ce qui, a priori, aurait dû être une bonne nouvelle pour l’Europe dans la mesure où le danger pour elle reculait du pourtour méditerranéen.
En revanche, ce n’était pas une bonne nouvelle pour le Mali qui, après la chute de Kadhafi en 2011, a vu revenir de Libye plusieurs milliers de Touaregs armés, ex- membres de la Légion islamique du défunt chef de la Jamahiriya, «l’État des masses», comme il avait baptisé son régime.
En quelques mois, leur Mouvement national pour la libération de l’Azawad, dont l’objectif était l’établissement d’un État indépendant touareg dans le nord du Mali, a été débordé par divers groupes djihadistes, dont AQMI, Ansar-Dine (les «Défenseurs de la Foi», en arabe) et le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Dans la logique de la «guerre mondiale contre le terrorisme», l’intervention militaire française, en 2013, a protégé un allié en volant au secours du pouvoir à Bamako.
Cependant, du point de vue opposé, cherchant à comprendre les raisons locales de l’hostilité à l’Occident et à ses alliés dans la région, elle a permis à un mouvement en perte de vitesse, AQMI, et à d’autres groupes djihadistes fleurissant sur la «mal gouvernance» au Mali, de gagner en stature face à une puissance occidentale, la France, qui plus est l’ancien colonisateur.
En effet que pouvaient espérer de mieux ces djihadistes dispersés dans le Sahara que des infidèles venant jusqu’à eux dans le désert pour livrer bataille ? Depuis 2013, la menace islamiste s’est étendue au Burkina Faso et au Niger. Selon l’International Crisis Group, «elle constitue un danger grandissant pour les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest».
Les deux (02) autres grands mouvements djihadistes au sud du Sahara, Boko Haram au Nigeria et les Chebabs en Somalie, s’enracinent également, chacun dans un terroir singulier. Certes, ils ont prêté allégeance à Al-Qaïda au Maghreb islamique ou à Daech pour inscrire leur combat dans un cadre mondial.
Source: L’Afrique 2,5 milliards de voisins en 2050