Le gouvernement malien a lancé la campagne agricole 2026-2027 avec un budget prévisionnel de 164,39 milliards de FCFA, en hausse d'environ 2 % par rapport à la campagne précédente. Les autorités ambitionnent une production nationale de 11,92 millions de tonnes de céréales, contre une récolte provisoire de 11,45 millions de tonnes en 2025-2026, a appris ABAmako.com lundi 29 juin 2026.
Le lancement officiel est intervenu le 25 juin à Ségou, dans la zone de l'Office du Niger, sous le thème : « Renouveau de l'Office du Niger, de périmètre irrigué à l'agropole industrielle ». Les orientations de la campagne avaient été définies lors de la 16ᵉ session du Conseil supérieur de l'agriculture, tenue le 9 juin à Bamako.
L'enveloppe budgétaire permettra de maintenir les subventions accordées aux engrais, aux semences, aux biostimulants et aux autres intrants agricoles afin de soutenir la production.
Au niveau de l'Office du Niger, principal périmètre irrigué du pays, les autorités prévoient la mise en valeur de 143 000 hectares en saison et en contre-saison. Les objectifs de production sont fixés à 930 000 tonnes de riz paddy, 395 000 tonnes de produits maraîchers et 112 000 tonnes de cultures de diversification. Des batteuses de riz ont également été remises aux organisations paysannes pour renforcer la mécanisation et limiter les pertes après récolte.
Les prix subventionnés des principaux intrants sont reconduits. Le sac de 50 kg d'engrais minéraux est maintenu à 15 000 FCFA, celui des engrais organiques à 3 000 FCFA, le kilogramme de semences hybrides de maïs à 1 500 FCFA et celui du biostimulant Ovalis à 17 500 FCFA. Le prix d'achat du coton graine de premier choix reste fixé à 300 FCFA le kilogramme pour la troisième campagne consécutive.
Le bilan provisoire de la campagne écoulée fait état d'une production de 11,45 millions de tonnes de céréales, 433 700 tonnes de coton, 157 775 tonnes de viande contrôlée, 17 238 tonnes de lait collecté et 122 671 tonnes de poisson.
Les organisations professionnelles agricoles ont toutefois signalé plusieurs défis, notamment les difficultés d'approvisionnement en poussins d'un jour, les prévisions d'une pluviométrie déficitaire, les contraintes de financement des exploitations et l'attente de la mise en œuvre du Fonds national d'appui à l'agriculture.
Pilier de l'économie malienne, le secteur agricole représente près d'un tiers du produit intérieur brut et emploie une grande partie de la population active. Les autorités misent sur cette campagne pour renforcer la production nationale, malgré un contexte marqué par les aléas climatiques, les défis sécuritaires, les contraintes logistiques et une situation alimentaire toujours préoccupante dans plusieurs régions du pays.