Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté ce jeudi 9 juillet 2026 le projet de loi portant organisation générale de la défense et de la sécurité au Mali, une réforme destinée à moderniser le cadre juridique national face aux nouvelles menaces sécuritaires.
Adopté en Conseil des ministres le 25 juin dernier, le texte remplace la loi du 23 novembre 2004 relative à l’organisation générale de la Défense nationale. Selon le gouvernement, cette révision vise à corriger les limites de l’ancien dispositif et à adapter l’architecture sécuritaire aux évolutions géopolitiques, militaires et technologiques.
La nouvelle loi élargit le champ de la sécurité nationale en intégrant notamment la sécurité intérieure et la cyberdéfense. Elle précise également les responsabilités des différentes institutions de l’État et renforce l’organisation du commandement opérationnel autour du chef d’état-major général des Armées pour la défense opérationnelle du territoire.
Le texte prévoit la création du Conseil de sécurité nationale et du Comité de défense nationale, deux organes chargés d’orienter et de coordonner les politiques de défense et de sécurité sous l’autorité du président de la République. Ces structures remplacent les organes prévus dans l’ancien cadre législatif.
Présentant la réforme devant le CNT, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Daouda Aly Mohammedine, a insisté sur la nécessité d’un nouveau dispositif après plus de vingt ans d’application de la précédente loi. Il a également évoqué le renforcement de l’administration territoriale, l’implication des autorités traditionnelles dans les actions de prévention et de lutte contre le terrorisme, ainsi que les besoins en équipements et en effectifs.
La réforme accorde une place accrue aux collectivités territoriales, aux services déconcentrés, à la société civile et aux populations dans la préparation et la mise en œuvre de la défense civile. Le ministère des Affaires étrangères est également appelé à contribuer à la dimension diplomatique de la politique nationale de sécurité.
Cette adoption intervient dans un contexte marqué par la persistance de la menace terroriste et par une profonde réorganisation de l’appareil sécuritaire malien depuis le retrait de l’opération française Barkhane en 2022 et la fin de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) en 2023.