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Mali-Algérie : Un vendredi de désescalade
Publié le lundi 13 juillet 2026  |  L’aube
Diplomatie
© Ministère par DR
Diplomatie / Alger et Bamako normalisent leurs relations : l’ambassadeur malien présente ses lettres de créance au président Tebboune
L`Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Mali auprès de la République de l’Algérie Démocratique et Populaire, SE Mohamed Amaga Dolo, a présenté ses lettres de créance au Président Abdelmadjid Tebboune, mardi 18 mars 2025.
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Le 10 juillet 2026, Bamako et Alger ont posé simultanément l’acte de désescalade.

Dans un communiqué rendu public le même jour, la Présidence algérienne a annoncé le retour de son ambassadeur à Bamako. Quelques heures plus tard, le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du Gouvernement malien, a confirmé le retour à Alger de l’ambassadeur malien et la réouverture de l’espace aérien national aux aéronefs civils et militaires en provenance ou à destination de l’Algérie.


Ce double geste met fin à plus de quinze mois de rupture diplomatique aiguë. Il n’instaure pas un retour au statu quo d’avant 2024. Il fonde une nouvelle phase, bâtie sur un réalisme géopolitique partagé et sur des bases de coopération explicitement redéfinies.

De la rupture de 2024 au dialogue de 2026

Pour comprendre la portée du 10 juillet, il faut revenir à la séquence qui a conduit au gel. L’architecture des relations reposait depuis 2015 sur l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger. L’Algérie y occupait une posture de médiateur et de garant, reconnue sur le plan international. Ce cadre a structuré près de cinq ans de coopération.

Le bouleversement institutionnel de 2020 au Mali, puis l’inflexion stratégique de mai 2021, ont redéfini le logiciel diplomatique de Bamako. En actant en 2022 sa rupture avec la France et l’opération Barkhane, le Mali a privilégié une réponse sécuritaire portée par les Forces Armées Maliennes et adossée à de nouveaux partenariats. Cette réorientation a creusé un écart doctrinal majeur avec Alger, resté attaché à l’application intégrale de l’accord de 2015 et à une primauté de la solution politique. Informations sur Mali

L’érosion de confiance s’est cristallisée fin 2023 avec des rappels réciproques d’ambassadeurs et des accusations publiques de Bamako concernant l’existence de bases arrières accordées à des mouvements rebelles sur le sol algérien. Le point de non-retour a été atteint le 25 janvier 2024 : le Mali a dénoncé avec effet immédiat l’Accord d’Alger, invoquant la partialité de la médiation. La crise s’est aggravée au printemps 2025 avec des incidents frontaliers, dont celui de mars impliquant un drone des FAMa près de la frontière. Le 7 avril 2025, l’ambassadeur algérien à Bamako, a été rappelé pour consultations. Les liaisons aériennes ont été suspendues. En septembre 2025, Bamako a saisi la Cour Internationale de Justice, procédure enlisée faute de reconnaissance de compétence par Alger.

Le 10 juillet : un acte conjoint et symétrique

Le tournant du 10 juillet 2026 s’inscrit dans un contexte de réalisme dicté par la géographie et la sécurité. Confrontées à la nécessité de sécuriser 1 300 km de frontière commune et à la reconfiguration régionale portée par l’Alliance des États du Sahel, les deux capitales ont choisi de reprendre le fil.


Côté algérien, la Présidence annonce le retour à Bamako de M. Kamal Retieb en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, à compter du 10 juillet. Le communiqué justifie cette décision par "la volonté constante et résolue de rétablir les relations algéro-maliennes dans leur trajectoire historique naturelle, fondée sur le respect mutuel ainsi que sur des liens de fraternité et de coopération". Vacances et activités saisonnières

Côté malien, le communiqué officiel du même jour est tout aussi net. Le Gouvernement décide du "retour à Alger de l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Mali accrédité auprès de la République Algérienne Démocratique et Populaire".

Le communiqué du gouvernement malien ajoute une mesure concrète immédiate : "la réouverture de l’espace aérien national à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination de la République Algérienne Démocratique et Populaire". La logistique de la désescalade est donc actée.

Les bases d’une nouvelle coopération

Ce rapprochement ne restaure pas la configuration d’avant 2024. Il en pose une nouvelle, fondée sur trois piliers explicites.

Le premier pilier est celui de la souveraineté et du respect mutuel. Le Mali réaffirme sa doctrine : stabilisation du Nord assumée sur le plan national et dialogue intra-malien sans ingérence extérieure. En mettant en avant le "respect mutuel" comme fondement, Alger prend acte de ce cadre. La posture de médiateur direct s’efface au profit d’une posture d’accompagnateur et de voisin.

Le deuxième pilier est celui de la sécurité transfrontalière. Au-delà des divergences sur la méthode, les deux pays partagent une urgence commune : endiguer la menace terroriste dans la bande sahélo-saharienne. La reprise des canaux diplomatiques et la réouverture de l’espace aérien visent d’abord à permettre une coordination opérationnelle, un échange de renseignement et une gestion concertée des flux à la frontière.


Le troisième pilier est celui de la stabilité régionale. Les deux capitales affichent une convergence sur le rejet de toute option d’intervention militaire étrangère au Sahel, afin d’éviter la reproduction de scénarios déstabilisateurs. Le communiqué algérien élargit même la portée en affirmant que cette coopération doit servir "les deux peuples et pays frères, l’ensemble des pays de la région sahélo-saharienne, et plus largement, tout le continent africain".

L’épreuve du concret

Avec le 10 juillet 2026, la phase de rupture est close et celle de la reconstruction ouverte. Le Mali préserve sa marge de décision tout en stabilisant sa relation avec un voisin immédiat. L’Algérie brise la politique de la chaise vide et retrouve un interlocuteur direct à Bamako. Vacances et activités saisonnières

La solidité de ce réalignement ne se décrètera pas dans les communiqués. Elle se mesurera sur deux chantiers : la reprise effective d’une coopération sécuritaire transfrontalière face aux groupes terroristes, et la relance des échanges économiques et commerciaux entre les deux rives du Sahara.

La Rédaction



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