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Jeu trouble de la France en Afrique : Le temps joue contre Macron au Sahel
Publié le lundi 20 juillet 2026  |  L’aube
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© AFP par Aurélien Morissard / POOL
Le président français Emmanuel Macron prononce son discours devant les ambassadeurs de France en poste dans le monde, le 6 janvier 2025 à l`Elysée à Paris
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En ce mois de juillet 2026, tandis qu'Emmanuel Macron réitère devant les armées sa volonté de projeter la France comme un rempart de «stabilité» dans un monde incertain, la réalité du terrain sahélien dément chaque mot prononcé à l'Élysée.

Entre instrumentalisation médiatique, corruption politique, soupçons de trafics hybrides et manœuvres clandestines, Paris s’épuise dans une guerre d’usure perdue d’avance. Voici, à la lumière du dernier discours présidentiel et de la réalité des faits, l'envers du décor d'une stratégie qui n'est plus que le tombeau diplomatique d'une puissance déchue.

La déstabilisation actuelle du Sahel n’est pas une fatalité, mais le résultat direct d'un enchaînement de fautes majeures. Tout commence en 2011, lorsque la France orchestre la chute du régime libyen, ouvrant une boîte de Pandore sécuritaire dans laquelle le Sahel s'est engouffré. Depuis, Paris a troqué la diplomatie pour une addiction à la projection de force. Emmanuel Macron, au crépuscule de son second mandat, semble déterminé à engager son pays dans une guerre d’usure multidimensionnelle, multipliant les théâtres d'opérations sans motif stratégique valable, sinon celui de maintenir un rang illusoire. Il tente, en outre, de «préempter» la politique étrangère de son successeur par des engagements militaires irréversibles.

Le 13 juillet 2026, à l’Hôtel de Brienne, son discours aux Armées a révélé une obsession persistante. Dès l’ouverture, le Président a insisté sur la nécessité de «préparer les guerres à venir» et de «gagner celles d’aujourd’hui». Ce langage martial, appliqué au Sahel, traduit une logique de confrontation sans fin. Il a également rappelé sa doctrine formulée à Istres : «Pour être libre il faut être craint, pour être craint il faut être puissant». En l’appliquant au Sahel, Macron réduit la liberté des peuples à la peur qu’ils devraient subir. Cette conception nie la souveraineté des États africains et transforme la liberté en instrument de domination. Heure et calendriers


Une obsession mortifère de domination

L’art de la subversion atteint son summum avec les médias mainstream et l'ingénierie de la désinformation. Pour masquer cet effondrement, l’Élysée a déployé une machinerie communicationnelle d'une sophistication redoutable. Des médias dits de référence-RFI, France 24, TV5 Monde, LCI-sont devenus les courroies de transmission d'un narratif biaisé. Macron, pour justifier son échec, fustige régulièrement les «réseaux de désinformation qui manipulent les consciences», retournant ironiquement l'accusation contre ceux qui dénoncent l'ingérence française. Ces médias financés par le contribuable saturent l'espace sahélien d'un récit binaire, qualifiant systématiquement toute aspiration souverainiste de «propagande» ou de «dérive populiste».

Plus grave, cette stratégie repose sur une corruption politique systémique. Paris finance des réseaux clientélistes pour maintenir une opposition artificielle aux régimes de transition. Cette ingénierie de la déstabilisation, couplée à des soupçons persistants sur des flux d'armes hybrides-où des circuits complexes iraient jusqu'à impliquer des services militaires étrangers pour déstabiliser le septentrion malien-montre à quel point l'Élysée a perdu tout sens de la mesure. L'arrestation de l'agent de la DGSE, Vezilier, à Bamako, n'est que la partie émergée de cet iceberg : une guerre de l'ombre où la souveraineté d'un État se négocie dans les sous-sols de l'influence française.


Un Président hors-sol dans l'impasse

En remerciant la DGSE pour ses opérations dans «tous les théâtres où nos services extérieurs opèrent», Macron a confirmé ce que Bamako dénonce depuis 2022 : une guerre de l’ombre, faite de manipulations. Loin de rassurer, cette mention accrédite l’idée que Paris entretient l’instabilité pour justifier son ingérence. Parallèlement, le Président ignore, dans un déni crasse, que son obsession à dire que «le patriotisme oui, le nationalisme jamais» est devenue le catalyseur du divorce. Dans le contexte sahélien, cette phrase est une condamnation directe des transitions politiques au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Macron assimile la quête de souveraineté à une faute, alors qu’elle est l’expression d’une dignité retrouvée. Africains et diasporas

L'ironie est cruelle : pendant que Macron sermonne le Sahel, la France elle-même vacille. Les prix flambent, les ménages s’étouffent, les grèves se multiplient. Celui qui promet protection au Sahel laisse ses propres citoyens sans protection sociale, et celui qui parle de puissance ne parvient plus à convaincre son peuple.

La fin inéluctable d'une influence prédatrice

En déclarant que «tout se joue aujourd’hui, ici encore», Macron a révélé son entêtement. Il refuse d’admettre que le jeu est déjà terminé, que Bamako, Ouagadougou et Niamey ont choisi leur voie en créant l’Alliance des États du Sahel (AES). Emmanuel Macron n'a plus aucune légitimité pour engager le sang des soldats français dans des aventures sans issue.

Saint-Just avait prévenu : «Ceux qui font des révolutions à demi n’ont fait que se creuser un tombeau». Robespierre rappelait que «Le secret de la liberté consiste à éclairer les hommes, comme celui de la tyrannie est de les maintenir dans l’ignorance». Ces avertissements résonnent aujourd’hui dans le Sahel : la France, en refusant d’accepter la souveraineté des peuples, s’enferme dans une logique de tombeau diplomatique. Dans le Sahel, ce cri-«Aux armes, citoyens, formez vos bataillons !»-n’est plus celui de la France révolutionnaire, mais celui des peuples qui refusent la tutelle et brandissent leur souveraineté. Si le Président refuse de sortir avec humilité, il sera emporté par le souffle de l'histoire. Le temps joue désormais, et inexorablement, contre les derniers nostalgiques de la Françafrique.


KML

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