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Forum international de la diaspora : La diaspora actionnée en levier de la souveraineté économique
Publié le lundi 20 juillet 2026  |  L’aube
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Pendant trois jours, Bamako a vibré au rythme des propositions de sa diaspora.

Clôturé le 18 juillet, le Forum international de la diaspora 2026, FID², s’est achevé sur un acte politique fort : la diaspora malienne n’est plus considérée comme une simple source de transferts financiers. Elle devient un levier stratégique d’investissement, d’innovation et de diplomatie économique.

Placé sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, représenté à l’ouverture par le Premier ministre, Général de Division Abdoulaye Maïga, le forum a réuni ministres, experts, partenaires internationaux et représentants de la diaspora venus des cinq continents. L’objectif affiché était clair : transformer l’élan patriotique en projets concrets pour le Mali. Africains et diasporas

Le maître d’œuvre de ces assises était le Ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. Son titulaire, Mossa Ag Attaher, omniprésent dans les débats, a porté le message central du gouvernement : la Transition veut des actes, pas des promesses. Autour de lui, des figures clés sont montées au créneau. Le Pr Mamadou Keïta, Ministre des Mines, est venu présenter les réformes en cours et le nouveau Code minier. Les ambassadeurs du Mali à l’étranger et les diplomates accrédités à Bamako ont, eux, débattu du rôle de la diaspora dans le rayonnement du pays. Le secteur privé, les institutions financières et les partenaires techniques ont complété le tableau. L’idée était simple : mettre autour de la même table ceux qui ont les projets et ceux qui ont les moyens de les financer.

Les travaux ont été structurés autour de cinq panels thématiques, cinq portes d’entrée pour répondre à une même question : comment faire de la diaspora le moteur du développement. Le premier panel, ouvert par Mossa Ag Attaher, a posé le cadre : il ne s’agit plus de compter sur la diaspora pour envoyer de l’argent aux familles, mais de mobiliser ses compétences et ses capitaux pour transformer l’économie nationale. Les partenaires financiers présents ont insisté sur la nécessité de passer d’une logique d’assistance à une logique d’investissement. Le deuxième panel a pris un ton concret : mines, énergie, agriculture, industrie, services. Le Pr Mamadou Keïta a détaillé les atouts du pays et surtout les nouvelles règles du jeu, tandis que l’API-Mali a présenté son catalogue de projets bancables. Le message aux investisseurs de la diaspora était limpide : le Mali a des secteurs à fort rendement et un cadre qui se réécrit.

Le troisième panel a changé de registre. Il ne parlait plus d’argent, mais d’influence. Les ambassadeurs et diplomates ont expliqué comment la diaspora pouvait devenir le premier vecteur de l’image du Mali à l’étranger. Un réseau de 4 à 5 millions de Maliens dans le monde, c’est aussi 4 à 5 millions d’ambassadeurs économiques potentiels. L’enjeu est de les organiser pour qu’ils attirent, défendent et ouvrent des portes. Le quatrième panel, consacré aux banques, a abordé l’attente la plus forte : comment financer un projet monté depuis l’Europe ou l’Amérique. Deux annonces majeures en sont sorties : la création d’un guichet unique diaspora à l’API-Mali et le projet d’un fonds d’investissement dédié à la diaspora. L’objectif est de lever les obstacles administratifs et financiers qui découragent. Enfin, le cinquième panel a rappelé que la diaspora, c’est aussi des migrants en situation difficile. Experts en migration, HCME et ONG ont plaidé pour une réintégration durable et pour un investissement massif dans le capital humain.

Au terme des débats, plusieurs conclusions sont ressorties et feront date. La première concerne les mines : le Pr Keïta a rappelé l’adoption du nouveau Code minier de 2023, une réforme majeure qui réserve 30% des participations à l’État et 5% aux nationaux maliens. C’est un signal fort envoyé aux investisseurs de la diaspora : l’État prend sa part, mais laisse de la place aux nationaux. La deuxième annonce porte sur les outils : le guichet unique diaspora à l’API-Mali doit devenir le point d’entrée unique pour tout porteur de projet, tandis que le fonds d’investissement dédié vise à mutualiser l’épargne de la diaspora pour financer des projets structurants au pays. La troisième est politique : le Président de la Transition, à travers le Premier ministre, a pris l’engagement de lever les obstacles. L’administration doit suivre. Les banques doivent suivre. La vision Mali Kura ne peut se faire sans la diaspora, et la diaspora ne viendra pas si le cadre ne change pas. Enfin, le forum a acté l’intégration de la diaspora dans la Stratégie nationale de développement durable, la SNEDD 2024–2033. Elle n’est plus en marge, elle est au cœur de la planification. Africains et diasporas

Au Palais de Koulouba, le Président Assimi Goïta a reçu une délégation conduite par Habib Sylla, Président du Haut Conseil des Maliens établis à l’Extérieur (HCME). Celui-ci a salué «l’engagement du Chef de l’État à lever tous les obstacles administratifs et financiers qui freinent les initiatives de la diaspora». Selon lui, cette audience traduit la volonté du Président de la Transition d’associer pleinement la diaspora à la construction du Mali Kura.

À l’analyse, le FID² 2026 marque une rupture de doctrine. Pendant des décennies, la diaspora a été vue à travers le prisme des transferts financiers. Indispensables, mais insuffisants. Désormais, le discours a changé. Il parle de compétences, de réseaux, d’innovation, de diplomatie. Le Mali dit à ses enfants de l’extérieur : vous n’êtes pas juste une vache à lait. Vous êtes des ingénieurs, des médecins, des entrepreneurs, des lobbyistes. Revenez avec vos idées, vos carnets d’adresses, vos capitaux. C’est ce qu’a résumé la lecture finale du forum : tracer une feuille de route claire, investir dans les secteurs porteurs, renforcer les dispositifs financiers, valoriser les compétences et inscrire la diaspora au cœur du projet Mali Kura. Sur ce dernier point, le message est sans ambiguïté : «Le Mali Kura ne se fera pas sans ceux qui sont partis, mais qui n’ont jamais cessé de penser au pays».

En clôturant les travaux, les organisateurs ont donc fait plus que dresser un bilan. Ils ont ouvert un nouveau chapitre. Celui où la diaspora malienne cesse d’être un soutien pour devenir un actionnaire de la souveraineté économique du Mali.


La Rédaction

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