Cinq ans après l’investiture du Général d'Armée Assimi GOÏTA, le gouvernement passe le grand oral pour dresser le bilan d'une révolution de velours inédite au Mali.
C'est au tour du ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale de passer au peigne fin 60 mois de gestion de la diplomatie malienne dans un contexte d'adversité extrême. Désormais, c'est une diplomatie malienne décomplexée qui va à l’assaut du monde.
Dans la salle du Département central, le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye DIOP, a exposé une doctrine qui dépasse le simple bilan comptable pour affirmer l'émergence d'une nation ayant définitivement changé de logiciel diplomatique. Afin de bien comprendre ce virage stratégique, il convient de revenir au pivot historique du 14 janvier 2022. En dehors de l’indépendance de notre pays en 1960, rarement les Maliennes et les Maliens auront autant fait preuve d’unité, comme l'a rappelé le ministre. Effectivement, face aux sanctions illégitimes de la CEDEAO et de l’UEMOA, la mobilisation massive observée à Bamako et dans toutes les diasporas a constitué le catalyseur de la nouvelle diplomatie malienne. Par conséquent, en répondant à l’appel du Chef de l’État, le peuple a offert aux autorités de Transition une légitimité populaire telle qu'elle a transformé la nature même de la diplomatie nationale : elle ne subit plus, elle dicte désormais ses propres termes.
En outre, le ministre DIOP a détaillé les quatre piliers qui soutiennent cette mutation, illustrant ainsi une diplomatie devenue offensive et décomplexée. Premièrement, sous l'impulsion du Président de la transition, le Général d'Armée Assimi Goïta, le Mali a instauré trois principes non négociables qui servent de boussole à tous ses échanges. Par ce biais, le pays a mis fin au temps de l'assistance pour engager des réformes structurelles profondes - telles que la nouvelle Constitution ou la refonte du Code minier - visant une gouvernance politique et économique axée sur le contenu local. Parallèlement, la diplomatie a été réorientée pour devenir un outil de combat au service de la sécurité et du développement. Ainsi, le Mali a diversifié ses partenariats tout en internalisant le processus de paix, avec pour objectif impératif de sécuriser les populations, de défendre l'intégrité territoriale et de transformer les matières premières sur place pour créer une richesse nationale durable.
Par ailleurs, le Mali a su investir le champ du "soft power" avec une diplomatie innovante. À cet égard, la valorisation du patrimoine immatériel, illustrée par l'élection du pays au comité de l'UNESCO et la reconnaissance de la langue Soninké, témoigne d'une volonté de reprendre la maîtrise du récit national à l'échelle internationale. De surcroît, le Mali a su s'ouvrir au monde tout en réaffirmant son ancrage panafricain. À l'évidence, la diversification des liens stratégiques avec la Russie, la Chine, la Türkiye ou le Brésil, couplée à la création de l'Alliance des États du Sahel (AES), démontre une ambition de leadership africain pensé pour les intérêts exclusifs des populations sahéliennes.
Enfin, le ministre DIOP a tenu à dissiper tout malentendu sur la portée régionale de cette nouvelle orientation. Certes, la Confédération AES est au cœur de l'action, mais elle n'est nullement en opposition avec les autres États ; elle constitue, au contraire, un bloc dédié aux intérêts de ses populations. Sur le plan multilatéral, le Mali rejette dorénavant le suivisme pour promouvoir une gouvernance mondiale multipolaire, juste et équitable. En somme, comme l'a conclu le ministre, si les résultats des ministères techniques se calculent en chiffres, ceux de la diplomatie se lisent dans la posture : celle d'une nation repensée, dynamique et engagée.
En ce 15 juillet 2026, Koulouba a donc confirmé la norme officielle d'une diplomatie qui ne mendie plus sa place, mais qui la bâtit. Le peuple est sorti, l’État a suivi, et désormais, le Mali parle d'égal à égal avec le monde. Informations sur Mali