Face aux difficultés persistantes d’approvisionnement en carburant, les acteurs maliens du secteur pétrolier ont rencontré à Abidjan la GESTOCI et la SIR.
Au terme des échanges, des pistes de solutions ont été dégagées. Quels engagements ont été pris ?
Face aux difficultés persistantes liées au chargement des camions-citernes maliens en Côte d’Ivoire, une réunion de concertation s’est tenue entre les autorités ivoiriennes du secteur pétrolier et les opérateurs maliens. Les échanges ont porté sur les contraintes logistiques, les capacités de stockage, les volumes livrés au Mali et les mesures à prendre pour garantir un approvisionnement régulier et équitable. Informations sur Mali
Une rencontre de haut niveau entre les acteurs ivoiriens et maliens du secteur pétrolier s’est tenue récemment afin d’examiner les difficultés rencontrées dans l’approvisionnement du marché malien en produits pétroliers.
La réunion était présidée par le Directeur général de la Société de gestion des stocks pétroliers de Côte d’Ivoire (GESTOCI), M. Doumbia, en présence de son adjoint, du Directeur général de la Société ivoirienne de raffinage (SIR), du représentant de la SIR au Mali, M. Sy, ainsi que d’une représentante du ministère ivoirien en charge du secteur.
La délégation malienne était conduite par le président des opérateurs pétroliers maliens, Djibril Yattassaye, accompagné notamment de M. Sadio Djigué, représentant de SODIES, de M. Dondo et des représentants des autres sociétés pétrolières maliennes.
Des préoccupations maliennes sur les délais de chargement
À l’ouverture des travaux, les responsables ivoiriens ont rappelé l’importance de cette concertation, organisée à la suite des préoccupations exprimées par le ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo.
L’objectif affiché était d’identifier les difficultés rencontrées par les opérateurs maliens et de trouver des solutions communes afin de garantir un ravitaillement régulier du Mali. Informations sur Mali
Prenant la parole au nom des opérateurs maliens, Djibril Yattassaye a exposé plusieurs préoccupations majeures.
La première concerne l’insuffisance du nombre de camions chargés quotidiennement, jugée en décalage avec les besoins du marché malien. Cette situation entraîne, selon les opérateurs, des retards importants dans l’acheminement des produits.
Les professionnels maliens ont également évoqué les conséquences financières liées aux volumes achetés mais non enlevés dans les délais. Ces stocks immobilisés représentent des montants importants, alors que les opérateurs doivent respecter leurs engagements auprès des établissements financiers.
Autre difficulté soulevée : le stationnement prolongé des camions maliens sur le territoire ivoirien. Au-delà des pertes économiques, cette situation expose les transporteurs à des risques d’accidents, de vols et d’autres incidents, alors que la majorité des véhicules sont acquis grâce à des financements bancaires.
Les opérateurs maliens ont aussi exprimé leurs interrogations concernant l’organisation des chargements. Ils estiment que l’orientation d’une partie des sociétés vers le dépôt de Yamoussoukro, alors qu’Abidjan dispose d’une capacité plus importante, crée un sentiment d’inégalité entre les acteurs.
La question des ristournes a également été abordée. Les opérateurs ont expliqué que l’atteinte des quotas nécessaires devient difficile lorsque les produits commandés ne peuvent pas être enlevés dans les délais prévus.
GESTOCI défend ses capacités d’approvisionnement
En réponse, la partie ivoirienne a assuré que la Côte d’Ivoire n’a jamais interrompu son engagement à approvisionner le marché malien.
Selon le Directeur général de GESTOCI, la structure travaille actuellement avec 42 clients maliens, dont huit représentent plus de 70 % du marché.
Il a indiqué que les opérations de chargement sont organisées selon un classement établi sur les douze derniers mois. Ainsi, quatre clients bénéficient actuellement du chargement direct à Abidjan, tandis que les autres sont orientés vers Yamoussoukro.
Le responsable ivoirien a également évoqué des comportements qui pourraient perturber l’organisation du dispositif, affirmant que certains opérateurs chercheraient à bloquer les opérations de chargement d’autres acteurs.
Concernant l’amélioration du service, GESTOCI a annoncé la mise en place progressive d’un fonctionnement en continu (24 heures sur 24). Le dispositif devait commencer avant d’être étendu progressivement à partir du mardi suivant.
Plus de 850 millions de litres chargés vers le Mali en six mois Informations sur Mali
Pour démontrer l’effort consenti par la Côte d’Ivoire, les responsables ivoiriens ont présenté les statistiques d’approvisionnement du marché malien au cours des six premiers mois de l’année 2026.
Les volumes chargés sont les suivants : Janvier 2026 : 173 millions de litres ; Février 2026 : 136 millions de litres ; Mars 2026 : 136 millions de litres ; Avril 2026 : 148 millions de litres ;
Mai 2026 : 124 millions de litres ; Juin 2026 : 135 millions de litres.
Au total, 852 millions de litres de produits pétroliers ont été chargés au profit du Mali durant le premier semestre 2026.
Le Directeur général de GESTOCI a toutefois demandé aux opérateurs maliens de confirmer que l’ensemble de ces volumes avait effectivement été acheminé vers le Mali.
De son côté, la SIR a annoncé qu’elle ne procéderait désormais plus à la vente de produits à un client disposant déjà de stocks non enlevés.
Renforcement des capacités de stockage en perspective
La représentante du ministère ivoirien a réaffirmé que la politique d’approvisionnement du Mali n’avait pas changé et que la Côte d’Ivoire restait engagée à satisfaire les besoins du marché malien.
Elle a présenté plusieurs projets destinés à renforcer les capacités logistiques du pays, notamment : l’extension des capacités de stockage d’Abidjan à hauteur de 40 millions de litres ; l’extension du dépôt de Yamoussoukro avec une capacité supplémentaire de 20 millions de litres ; la réhabilitation du dépôt pétrolier de Bouaké.
Elle a également assuré que les préoccupations liées à l’équité entre les sociétés maliennes seraient examinées et a invité GESTOCI à renforcer la communication avec la SIR et les opérateurs maliens. Informations sur Mali
Vers une meilleure coordination entre Abidjan et Bamako
Au terme des discussions, les différentes parties ont réaffirmé leur volonté de consolider la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Mali dans le domaine énergétique.
L’objectif commun demeure de garantir un approvisionnement régulier, transparent et équitable du marché malien en produits pétroliers, tout en améliorant la coordination entre les sociétés ivoiriennes de stockage et de raffinage et les opérateurs maliens.