Le journal « Washington Post » a diffusé une information reprise par plusieurs organes de presse, selon laquelle l’administration américaine du Président Donald Trump envisagerait « une opération militaire au Mali contre le JNIM ». Une option qui ne fait pas l’unanimité en son sein, selon plusieurs confrères.
«Washington Post » rapporte aussi que « la Maison-Blanche cherche également à obtenir des droits de survol de l'espace aérien malien afin de déployer des moyens de surveillance et de suivre notamment la situation de l'Américain Kevin Rideout, un missionnaire enlevé par l'État islamique au Sahel et soupçonné d'être détenu au Mali ».
Interrogé au cours de la conférence de presse de lancement du Salon de l’Armement de Bamako, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop a souligné : «Nous avons constaté que de nombreux médias ont relayé cette information. À ce jour, nous ne disposons d’aucune confirmation, ni d’aucune déclaration officielle des États-Unis ou de responsables américains à ce sujet. Nous ignorons donc quelle sera la posture du gouvernement américain. Le Mali compte avant tout sur lui-même. Le Mali compte sur son intelligence, sur ses ressources, sur ses Forces de Défense et de Sécurité, ainsi que sur ses propres moyens. La moindre des choses que l’on puisse attendre d’un partenaire est de venir demander au Mali de quoi il a réellement besoin».
Propos très diplomatiques du ministre Abdoulaye Diop. Sauf que partout où le Président Trump a mené de telles opérations, il ne demande pas l’aval des autorités nationales. Quand il a voulu intervenir au Nigéria, l’administration de Bola Ahmed Tinubu s’est emparée du dossier, sous les feux des critiques, pour créer un cadre de collaboration.
Le Président Trump est imprévisible. Il dispose de la capacité militaire de mener des opérations militaires dans plusieurs endroits de la planète avec la puissance de son armée. Depuis son retour aux affaires, il a mené des frappes ou des opérations dans sept (7) pays, à savoir : le Yémen, la Somalie, la Syrie, l’Iran, l’Irak, le Nigéria et la Venezuela. Toutes ces interventions sont faites en dehors de la légalité internationale et au mépris des règles du droit international et de la Charte des Nations unies.
Même si la situation sécuritaire est très préoccupante, il ne faut pas encourager l’administration Trump à mener des frappes aériennes au Mali. C’est à éviter à tout prix. La présence française au sol n’a pas permis d’éradiquer le mal. La Mission multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (Minusma) s’est avérée inadaptée à la situation. La présence depuis quelques années des « partenaires russes » n’a pas non plus permis d’obtenir les résultats escomptés jusqu’ici.
Il est temps de tirer les leçons de toutes ces opérations. Et donner la chance à une dynamique nationale de résolution de la crise sans interférence de la communauté internationale. Le Mali et les Maliens ont besoin d’aide pour retrouver le chemin du dialogue et de la paix. Mais, il ne faut ni se substituer aux Maliens ni imposer des solutions.