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Justice : dix ans de prison requis contre « Ben le Cerveau », un an contre le journaliste Chahana Takiou
Publié le mardi 28 juillet 2026  |  aBamako.com
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© aBamako.com par DR
Justice : dix ans de prison requis contre « Ben le Cerveau », un an contre le journaliste Chahana Takiou
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Le ministère public malien a requis, lundi 27 juillet 2026 à Bamako, dix ans de réclusion contre l’activiste Adama Diarra, surnommé « Ben le Cerveau », et un an d’emprisonnement, dont six mois avec sursis, contre le journaliste Chahana Takiou. Les deux affaires, examinées devant des juridictions distinctes, ont été mises en délibéré. Les décisions sont attendues le 3 août prochain.

Adama Diarra comparaissait devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako pour des faits qualifiés de « menaces et injures commises par le biais d’un système d’information ». Le parquet a requis la peine maximale prévue par la législation malienne pour ce type d’infraction.

Les débats ont principalement porté sur un enregistrement audio attribué à l’activiste. Après son écoute à l’audience, Adama Diarra a reconnu l’une des voix comme étant la sienne, tout en contestant l’authenticité de certains passages, évoquant la possibilité de modifications ou de manipulations numériques.

La défense a également remis en cause les conditions de collecte de cet élément, l’identité de l’auteur de l’enregistrement ainsi que son intégrité technique, demandant son retrait du dossier. Le ministère public a toutefois estimé les charges suffisamment établies, en s’appuyant notamment sur le parcours militant de l’accusé et un risque de récidive.

Figure du mouvement Yèrèwolo–Debout sur les remparts, Adama Diarra s’était notamment illustré par son soutien au départ des forces françaises du Mali et au rapprochement militaire avec la Russie. Ancien membre du Conseil national de Transition (CNT), il avait été arrêté en septembre 2023 après des prises de position appelant notamment au respect du calendrier de retour à l’ordre constitutionnel. Il avait été condamné en première instance à deux ans de prison, dont un an ferme, avant de voir sa peine réduite en appel.

Un an de prison requis contre Chahana Takiou

Dans une autre procédure, le parquet a requis un an d’emprisonnement, dont six mois avec sursis, contre le journaliste Chahana Takiou, directeur de publication du journal Le 22 Septembre.

Poursuivi devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire », le journaliste est accusé à la suite de propos tenus lors d’un forum consacré aux médias.

Chahana Takiou avait critiqué l’utilisation de dispositions du droit commun et de la législation sur la cybercriminalité contre des professionnels de la presse, estimant que les journalistes devraient être jugés dans le cadre du régime spécifique applicable aux délits de presse.

Ces déclarations, enregistrées puis diffusées sur les réseaux sociaux, ont conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire. La défense a plaidé la relaxe, invoquant la liberté de la presse et contestant la qualification pénale retenue par l’accusation.

Les deux dossiers seront tranchés le 3 août 2026. Les peines demandées par le ministère public ne constituent pas des condamnations définitives.


KONE M.
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