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L’Association des Travailleurs compressés du Mali ne décolère pas : 6 ans de négociations, 40 ans d’attente pour 18,395 milliards FCFA !
Publié le vendredi 31 juillet 2026  |  Le challenger
Yacouba
© aBamako.com par DR
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Plus de 40 ans après leur licenciement dans le cadre des Programmes d’Ajustement Structurel, les anciens agents des 33 sociétés d’État, appelés "compressés", ...

Plus de 40 ans après leur licenciement dans le cadre des Programmes d’Ajustement Structurel, les anciens agents des 33 sociétés d’État, appelés "compressés", courent toujours derrière le paiement de leurs droits. Un montant de 18,395 milliards FCFA, objet depuis 2021 d’un protocole d’accord qui n’est toujours pas signé. C’est ce qu’a dénoncé l’Association des travailleurs compressés du Mali (ATCM) lors d’une conférence de presse qu’elle a animée le lundi 27 juillet 2026 en son siège à Hamdallaye ACI 2000. Plusieurs de ses membres étaient face aux journalistes, dont le président Ousmane Berthé, le secrétaire général Cheick Oumar Sissoko, le secrétaire aux revendications Seydou Samaké.

Après des décennies de promesses non tenues, un espoir était né en 2019 au sein de l’Association des travailleurs compressés du Mali, selon le secrétaire général, Cheick Oumar Sissoko. Le gouvernement de Soumeylou Boubèye Maïga avait mandaté deux consultants pour évaluer définitivement les droits. En 2021, une commission a été mise en place, comprenant le ministère des Finances, celui en charge de la Fonction publique et les représentants de l’association. Elle a bouclé ses travaux en septembre 2021.


Un protocole validé en 2021 mais jamais signé

"On nous a proposé un premier projet de protocole que nous avons signé, mais que la partie gouvernementale n'a pas signé compte tenu du chiffre", explique le secrétaire général. Finalement, l’État a accepté le montant arrêté par les consultants, soit la somme de 18,395 milliards FCFA. Pour y arriver, les compressés disent avoir consenti de lourds sacrifices: renonciation à 13 milliards destinés à l’INPS pour la valorisation des pensions, renonciation à 1,491 milliard de revenus consécutifs à des procès gagnés. "Nous sommes en guerre, nous sommes dans une période de crise. Nous avons fait ces sacrifices-là", justifie-il. Cependant, en octobre 2021, le ministre des Finances s’est engagé, par écrit, à effectuer le paiement du montant arrêté, mais en trois tranches, à commencer en janvier 2022.


De 2021 à 2025, des reports et des conditions

Mais 4 ans plus tard, rien. Le protocole n’est toujours pas signé. Le 11 septembre 2023, les représentants signent une nouvelle version du protocole et la transmettent à la Fonction publique. Silence jusqu’en 2025.

En mars 2025, reçus par le Premier ministre, ils obtiennent la promesse d’un déblocage "dans 10 jours". En avril 2025, l’État leur demande de réunir les procès-verbaux de toutes les assemblées générales des 33 sociétés avec constat d’huissier. Chose qui a été faite. Puis, le 28 août 2025, nouvelle réunion au ministère des Finances. En janvier 2026, le dossier est transmis à la Direction du Contentieux de l’État qui, selon les compressés, "a approuvé tout ce que nous avions demandé".

Le 3 avril 2026, la Fonction publique promet d’envoyer le protocole amendé aux avocats, Maître Koné et Maître Mangara, pour observations. L’objectif était d’aller vers le paiement. Les compressés ont eux-mêmes proposé de ramener le paiement de 3 ans à 2 ans. Mais hélas ! Depuis, plus de nouvelles. "D'avril jusqu'à maintenant, rien ne bouge. Trop, c'est trop !"


"On ne demande que le restant de nos salaires"

Pour le président de l’ATCM, Ousmane Berthé, il ne s’agit pas de salaires, mais du "restant de nos salaires". Il a rappelé le rôle historique des 33 sociétés, notamment la SONAREM créée en 1963 par Modibo Keïta, et la mine d’or de Kalana exploitée dès 1983.

"J'étais payé à 95 000 francs. Et pourtant, la convention minière était en vigueur. Aujourd'hui, ceux qui font le même boulot que moi sont payés à 3 millions", témoigne un ancien chef de poste de Kalana, à savoir le président de l’association en personne.

"On a travaillé très dur. La plupart de nos camarades sont décédés. Soit par silicose, soit par accident... On n'aura pas quand même peur de réclamer nos droits", ajoute-il. Ils soulignent aussi leur drame social : "Beaucoup de familles se sont disloquées. Beaucoup d'enfants ont perdu l'éducation. Beaucoup de compressés sont devenus fous. On meurt tous les jours."


Un appel au gouvernement

Les membres de l’association disent ne pas vouloir faire de "pression", mais un "appel à la conscience" du gouvernement.

"Depuis plus de 40 ans, il y a un dossier aussi vieux qui traîne. 6 années de négociations pour payer 18 395 millions. Pour une nation, pour aller vers l'apaisement social, 18 milliards, c'est rien", conclut le président. Le plus jeune d’entre eux, selon lui, a aujourd’hui près de 60 ans. Pour eux, l’urgence est de signer et de payer, avant qu’il ne soit trop tard.

Affaire à suivre…

Rokia Coulibaly et Abel Tall

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