L’activiste malien Adama Diarra, surnommé « Ben le Cerveau », a été condamné lundi 3 août 2026 à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre ans ferme, par la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako pour des faits de menaces et d’injures commis via un système d’information.
Cette peine est inférieure aux dix ans de prison ferme requis par le procureur général lors de l’audience du 27 juillet. La défense avait, pour sa part, demandé l’acquittement de son client.
Le dossier reposait notamment sur un enregistrement audio présenté comme une conversation privée. Adama Diarra a reconnu que l’une des voix était la sienne, tout en contestant certains passages et en mettant en doute l’authenticité du fichier. Ses avocats ont également remis en cause les conditions d’obtention ainsi que l’intégrité technique de cet enregistrement.
Les faits remontent à des échanges liés aux préparatifs d’une manifestation prévue en janvier 2023. L’activiste a soutenu que cette conversation relevait de la sphère privée et qu’il ignorait les circonstances dans lesquelles elle avait été rendue publique.
Figure du mouvement Yèrèwolo-Debout sur les remparts, Adama Diarra s’était imposé comme l’un des soutiens des autorités de transition, défendant notamment les positions souverainistes du Mali et le rapprochement avec la Russie. Il avait également siégé au Conseil national de Transition après le changement de pouvoir intervenu en 2020.
Ses relations avec les autorités s’étaient toutefois détériorées après ses prises de position en faveur d’un retour à l’ordre constitutionnel conformément au calendrier annoncé. Arrêté en septembre 2023, il avait déjà été condamné pour « atteinte au crédit de l’État », avant de voir sa peine réduite en appel.
Détenu depuis plusieurs mois dans le cadre de cette nouvelle procédure, il devrait bénéficier de la prise en compte de sa période de détention provisoire dans l’exécution de la peine ferme prononcée par la Cour.