Des traitements indus, des marchés irréguliers et des cotisations minorées au cœur des griefs
Le Bureau du Vérificateur général (BVG) a mis en lumière d'importantes irrégularités financières dans la gestion de l'Office central de lutte contre l'enrichissement illicite (OCLEI) à l'issue d'une vérification portant sur les exercices 2021, 2022, 2023, 2024 et le premier semestre 2025. Réalisée en vertu de l'article 2 de la Loi n°2021-069 du 23 décembre 2021, cette mission fait état d'irrégularités d'un montant total de 352 917 947 FCFA.
Selon le rapport, 900 000 FCFA ont été régularisés au cours de la vérification, laissant un montant de 352 017 947 FCFA qui demeure non régularisé.
Parmi les principales anomalies relevées figure le paiement de traitements indus à deux anciens membres du Conseil de l'OCLEI, pour un montant total de 100 800 000 FCFA. Le BVG reproche au Président et à l'Agent comptable de l'institution d'avoir ordonné et exécuté ces paiements après la cessation des fonctions des intéressés.
Le rapport rappelle que deux membres avaient été nommés en 2020 pour achever les mandats de conseillers admis à la retraite. Toutefois, à la suite d'un contentieux, la Section administrative de la Cour suprême a annulé, par les arrêts définitifs n°413 du 4 août 2022 et n°616 du 19 octobre 2023, les décrets ayant procédé à leur nomination. Malgré cette décision de justice, les intéressés ont continué à percevoir les rémunérations réservées aux membres du Conseil, alors qu'ils n'avaient plus cette qualité.
Le Vérificateur général estime que ces paiements sont contraires aux dispositions de l'Ordonnance n°2015-032/P-RM du 23 septembre 2015 portant création de l'OCLEI ainsi qu'à l'article 79 de la Loi n°2013-028 relative aux lois de finances, qui sanctionne notamment l'octroi d'avantages pécuniaires injustifiés causant un préjudice à l'État.