Une étude publiée en août 2026 par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) indique que le corridor reliant le Mali, le Niger et la Libye demeure un important axe de transit de la cocaïne vers les marchés européens, malgré les bouleversements politiques et sécuritaires dans la région.
Fondé sur plus de 150 entretiens réalisés entre septembre 2025 et janvier 2026 au Mali, au Niger et en Libye, le rapport montre que les réseaux de trafic se sont adaptés aux opérations militaires, aux changements de routes et aux recompositions politiques intervenues dans les trois pays.
Selon l’étude, les acteurs liés à l’État contrôlent une partie importante des segments les plus lucratifs du trafic, tandis que des groupes armés assurent notamment l’escorte des convois, la sécurisation des itinéraires et le contrôle territorial. Les groupes jihadistes tireraient pour leur part des revenus indirects de la taxation des cargaisons transitant dans leurs zones d’influence.
Au Mali, les opérations militaires engagées depuis 2023 ont entraîné le déplacement de certains itinéraires autour de Kidal vers la région de Ménaka, puis le Niger.
Au Niger, le coup d’État de juillet 2023 a perturbé les anciens réseaux de protection du trafic. Le rapport estime toutefois que les circuits se sont progressivement reconstitués à partir de la mi-2025, avec l’apparition de nouveaux acteurs impliqués dans la protection des convois.
En Libye, le Fezzan demeure une zone de transit importante vers la Méditerranée. Le rapport fait état d’un déplacement de certaines bases logistiques vers des secteurs moins surveillés, notamment autour du passage de Salvador.
L’étude souligne également la persistance du recours à l’aviation légère pour acheminer la cocaïne à travers le Sahel et rappelle plusieurs précédents, dont l’affaire « Air Cocaïne » de 2009 au Mali.
Pour la GI-TOC, la capacité d’adaptation des réseaux criminels face aux changements sécuritaires et politiques confirme la résilience des routes transsahéliennes. Le corridor Mali-Niger-Libye continue ainsi de jouer un rôle important dans les économies criminelles qui alimentent l’instabilité régionale.