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Apres la grâce de Assimi… Vézilier libéré et refoulé
Publié le lundi 17 aout 2026  |  L’aube
Yann
© Autre presse par DR
Yann Christian Bernard Vezilier
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Le 13 août 2026, par décret n°0503/PT-RM, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a accordé la grâce présidentielle au citoyen français Yann Christian Bernard Vézilier. Condamné le 5 juin 2026 à 20 ans de réclusion pour « atteinte à la sûreté de l’État », l’intéressé a été expulsé dans la foulée du territoire malien.

Tout est parti du 1er août 2025. Les services de renseignement annoncent le démantèlement d’un réseau accusé de «tentative de déstabilisation des institutions». Onze militaires sont interpellés. Le 8 octobre 2025, par deux décrets, ils sont radiés des FAMA. Parmi eux le Général de brigade Abass Dembélé et la Générale de brigade Néma Sagara. Mesure disciplinaire avant jugement, destinée à préserver la discipline de l’armée.

Le dossier prend une tournure internationale avec l’arrestation de Yann Vézilier. Bamako le présente comme un officier français impliqué. Paris parle d’un coopérant technique couvert par la Convention de Vienne. Pendant 10 mois, le dialogue est gelé. Le 5 juin 2026, la justice tranche. Seul M. Vézilier est jugé. 20 ans de prison. Les officiers maliens, eux, restent entre les mains de la justice. Puis vient le 13 août 2026. La grâce tombe. Elle n’efface pas le jugement. Elle en aménage l’exécution et impose un départ immédiat. C’est la marque d’un pouvoir qui sépare clairement le temps du juge et le temps du politique.

La souveraineté comme fil conducteur et l’État de droit comme bouclier

Le mot "État de droit" dans le communiqué n’est pas anodin. Il répond à deux exigences. En interne, il s’agit de dire que la clémence n’est pas l’impunité. Le Mali a instruit, jugé et condamné. La grâce vient après. En externe, il s’agit de répondre à ceux qui accusaient Bamako de justice d’exception. En rappelant le cadre légal, le Mali affirme qu’il applique son droit sur son sol, à tous, sans distinction de nationalité. C’est la colonne vertébrale de la décision. Cette posture s’inscrit dans une dynamique plus large. Ces derniers mois, par des médiations régionales, le Mali a aussi obtenu la libération de militaires maliens retenus otages. D’un côté il récupère les siens. De l’autre il renvoie l’accusé étranger après jugement. Le message est le même : l’État protège, l’État décide, l’État respecte ses lois.

Reste la question du "pays frère". Le flou est assumé. Mais deux capitales s’imposent à la lecture des faits des 6 dernières semaines.

Une grâce qui reconfigure les rapports

Au final, la grâce accordée à Yann Vézilier est plus qu’un geste humanitaire. C’est un acte politique. Politique, parce qu’il clôt une crise sans que le Mali ne renonce à sa souveraineté judiciaire. Politique, parce qu’il intervient au moment où le Sahel redéfinit ses alliances autour d’intérêts concrets.

Le Mali de 2026 montre ainsi qu’il peut être ferme et pragmatique. Ferme sur le droit et sur la sécurité de l’État. Pragmatique sur les moyens de désamorcer les crises. Le 13 août 2026 restera comme la date où Bamako a démontré une chose simple : on peut gracier un condamné étranger, tout en réaffirmant avec plus de force que jamais qui décide au Mali.

KML



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