Considérée comme ayant les Forces armées les mieux entraînées de la région, l’Algérie est en même temps, victime d’un plus grand nombre d’attentats terroristes (938) depuis 2001. Le dernier attentat perpétré contre le site d’In Amenas (Algérie) date de janvier 2013.
Malgré les efforts déployés dans la lutte contre le terrorisme, sa présence sur les théâtres d’opérations au Sahel et au Sahara demeure discrète. L’Algérie n’est pas parvenue non plus à contrer les attaques terroristes perpétrées sur son sol, notamment celle du 30 juin 2010 à Tamanrasset, où plusieurs agents et forces de sécurité sont morts.
Cependant, force est de reconnaître que depuis 2001, elle s’est beaucoup investie dans le domaine sécuritaire. Entre 2009 et 2010, l’Algérie a investi plus de cinq (05) milliards de dollars US dans la lutte antiterroriste, dont 800 millions de dollars dans les achats d’armes (exemple: achat de seize (16) avions de chasse Sukhoi).
De leur côté, des responsables sahéliens de sécurité jugent insuffisante la collaboration algérienne, car ils perçoivent le terrorisme islamiste plutôt comme un phénomène algérien. En le pensant beaucoup d’officiers maliens admettent qu’il existerait «des liens étroits entre AQMI et certains membres des services de renseignements algériens, le DRS (Département du renseignement et de la sécurité».
Mehdi Taje confirme la réalité de cette relation et défend la thèse de Keenan qui parle de l’instrumentalisation exagérée de la lutte contre le terrorisme par l’Algérie. Taje explique que «l’arc sahélien» et ses potentielles richesses minières attirent les convoitises pour de multiples acteurs, qui instrumentalisent la menace terroriste pour servir leurs intérêts stratégiques.
Encadrant une insurrection régionale dispersée en plusieurs foyers et ayant des points d’appui dans les communautés locales maliennes, la nébuleuse AQMI opère souvent avec la complicité tacite d’agents gouvernementaux et de sécurité (sous-payés), ainsi qu’avec les trafiquants de drogue et autres contrebandiers.