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Mine de Kobada : le nouveau partage de l’or malien
Publié le vendredi 4 septembre 2026  |  Le Wagadu
Cérémonie
© aBamako.com par A S
Cérémonie d`Inauguration de la mine d`or de Kofi
Bamako, le 24 Avril 2015, a eu lieu la cérémonie d`inauguration de la mine d`or de Kofi
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Le Mali a réservé 35% du capital de la future mine d’or de Kobada à l’État et aux investisseurs nationaux, conformément au Code minier de 2023, pour une première production attendue au troisième trimestre 2027.

La portée de cette participation se mesurera toutefois au financement du projet, aux résultats de la mine et à ses retombées réelles dans l’économie nationale.

Le Conseil des ministres du 28 août a adopté le décret fixant les modalités de participation de l’État au capital de Mines de Kobada-SA. Cette société a été créée après l’attribution du permis d’exploitation à Toubani Resources Mali-SARL pour le gisement situé dans le cercle de Kangaba, dans la région de Koulikoro.

La répartition retenue comprend 10% attribués gratuitement à l’État et protégés contre toute dilution, 20% supplémentaires acquis en numéraire et 5% réservés aux investisseurs nationaux. L’État détiendra donc directement 30% du capital, tandis que les acteurs privés maliens pourront en posséder 5%. La gestion de la participation publique a été confiée à la Société du patrimoine minier du Mali. PMU Mali

Cette structure marque l’une des premières applications à grande échelle du nouveau cadre minier. Elle accorde au Mali une place plus importante dans l’actionnariat que les 10% gratuits généralement détenus dans les anciennes exploitations.

Elle implique également un effort financier, puisque les 20% supplémentaires ne sont pas gratuits. Le communiqué gouvernemental ne précise ni leur coût d’acquisition, ni le calendrier des versements, ni les critères qui encadreront l’entrée des investisseurs nationaux.

Kobada se trouve à environ 126 kilomètres au sud de Bamako. L’étude de faisabilité définitive réalisée par Toubani Resources estime les réserves exploitables à 1,56 million d’onces d’or, contenues dans 53,8 millions de tonnes de minerai. Les ressources géologiques, catégorie plus large comprenant l’or dont l’exploitation n’est pas encore entièrement démontrée, atteignent 2,2 millions d’onces.

Le programme présenté par la compagnie prévoit une production moyenne de 162 000 onces par an pendant un peu plus de neuf ans. Le scénario actuel prévoit une extraction totale de près de
1,5 million d'onces
. Le coût initial de construction est évalué à 216 millions de dollars, auquel pourraient s’ajouter 70 millions destinés au traitement de la roche dure à partir des sixième et septième années.

Financement

Toubani Resources a annoncé en juillet avoir finalisé un financement de 208 millions de dollars. Ce montage associe 48 millions de dollars apportés sous forme de capital et 160 millions provenant d’un accord de préfinancement sur l’or conclu avec Eagle Eye Asset, déjà actionnaire important de la compagnie.

Ce type de contrat permet à une société minière de recevoir des fonds avant le démarrage de la production, en contrepartie de livraisons futures d’or selon des conditions convenues avec le financeur. Il réduit le recours à l’endettement bancaire classique, mais engage une partie des flux futurs de la mine. Toubani poursuit parallèlement les discussions autour d’une facilité de crédit pouvant atteindre 40 millions de dollars.

En juillet, la compagnie indiquait que plus de 500 personnes travaillaient déjà sur le site et que plus de 60% des dépenses de construction avaient été engagées. Elle maintient son objectif d’une première coulée d’or au troisième trimestre de 2027.

L’accord conclu avec l’État comporte aussi des dispositions fiscales. Selon les informations publiées par Toubani, le projet bénéficiera d’une réduction de deux points du taux de la redevance minière pendant la durée du permis.

L’impôt sur les sociétés sera fixé à 25% durant les cinq premières années d’exploitation, puis à 30%. Ces paramètres devront être associés aux dividendes, aux redevances, aux impôts et aux autres prélèvements pour établir la contribution globale de Kobada aux finances publiques.

La participation de 35% ne correspond donc pas à 35% de la valeur de l’or extrait. Les recettes seront d’abord affectées aux charges d’exploitation, aux remboursements liés au financement, aux investissements et aux obligations fiscales. Les bénéfices éventuellement distribués aux actionnaires interviendront après la prise en compte de ces dépenses.

Les retombées nationales comprendront également les emplois, les achats auprès des entreprises maliennes et les activités confiées aux sous-traitants locaux. La loi sur le contenu local adoptée en 2023 prévoit une plus grande participation des compétences et des fournisseurs nationaux. Pour l'heure, la compagnie n’a pas publié de répartition détaillée des quelque 500 personnes présentes sur le chantier selon leur nationalité, leur lieu de résidence ou leur niveau de responsabilité.

La dimension locale concerne aussi les villages entourant le site. Toubani a annoncé avoir obtenu l’autorisation environnementale nécessaire et engagé son plan de réinstallation des populations affectées. Le suivi de ce programme permettra d’apprécier les indemnisations, la restauration des moyens de subsistance et l’accès futur des communautés aux emplois et aux services créés autour de la mine.

Kobada réunit ainsi plusieurs composantes du nouveau modèle minier recherché par le Mali : augmentation de la participation publique, ouverture du capital aux investisseurs nationaux, application du contenu local et renforcement attendu des recettes. PMU Mali

Les montants investis par l’État, les conditions d’attribution des 5% aux acteurs maliens, les dividendes reçus et la part des marchés accordée aux entreprises locales fourniront les premiers indicateurs concrets de son fonctionnement.


Cheick Bougounta CISSE

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