Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Bassidiki Touré, Président du Comité de Gestion du Fonds de Solidarité de la presse (FONSOPRESS) à L’AUBE : «L’ensemble des acteurs des médias du Mali est au cœur de nos préoccupations»
Publié le lundi 7 septembre 2026  |  L’aube
Comment



Face à la précarité qui fragilise le secteur de la presse malienne, la solidarité ne peut plus s'en remettre au hasard ni au spectaculaire.

Un an après la relance historique du Fonds de Solidarité de la Presse (Fonsopress), son président, Bassidiki Touré, livre un entretien Grand Angle sans détour. Des premiers gestes symboliques des plus hautes autorités de l'État aux chantiers d'assurance maladie et de partenariats hospitaliers, le patron de l'organe exécutif dresse le bilan d'étape d'un outil de dignité professionnelle. À cœur ouvert, il aborde les avancées concrètes, la discipline des cotisations et sa vision d'une protection sociale pérenne pour l'ensemble des acteurs des médias du Mali. À cœur ouvert avec le Directeur de publication du journal…. Actualités au Mali

L’AUBE : Le Fonsopress a été officiellement lancé le 10 mai 2025 dans un élan d'enthousiasme général. Avec le recul, quel a été le déclic majeur ou l'événement déclencheur qui a rendu indispensable et urgente la création de ce fonds de solidarité pour les professionnels des médias au Mali ?

Bassidiki Touré : Tout d’abord je vous remercie pour cette question et de surcroît pour cet entretien. Plus que d'un déclic ou d'un événement déclencheur isolé, je parlerai plutôt d'une prise de conscience face à un ensemble de constats amers. Le premier ne se raconte pas, il se vit au quotidien : il s'agit de la précarité indescriptible dans laquelle évolue aujourd'hui le secteur de la presse malienne, touchant les hommes et les femmes qui l'animent, aussi bien au sein des médias publics que privés. Lorsqu'un journaliste ou un agent des médias tombait gravement malade, nous assistions, le cœur serré, à une multiplication d'appels au secours, de SOS et de cagnottes lancées sur les réseaux sociaux pour assurer sa prise en charge. Ces situations dramatiques, qui portent atteinte à la dignité et à l’honneur de notre profession, ont amené plusieurs doyens de la corporation à vouloir redonner vie au Fonsopress. Cela devait passer par l’opérationnalisation de ses instances exécutives, en complément de son Conseil d’administration (mis en place depuis 2008 sous la présidence de notre aîné Sékou Tamboura). C’est dans ce contexte que le choix s'est porté sur ma modeste personne pour mettre en place le Comité de gestion, qui constitue l’organe exécutif de toutes les activités du Fonds. Après la cérémonie de lancement du 10 mai 2025, parrainée par un grand ami de la presse, El Hadj Issa Arsina Cissé, nous avons constitué un bureau de sept membres afin d’enclencher véritablement la phase opérationnelle du Fonsopress. Histoire

Lors du lancement, vous parliez de la «première pierre d'un projet ambitieux, humain et solidaire». Comment définissez-vous la philosophie profonde de ce fonds par rapport aux initiatives d'entraide qui ont pu exister par le passé dans notre secteur ?

La philosophie qui a rendu indispensable l’opérationnalisation du Fonsopress est simple : il s'agissait de la nécessité absolue de doter la presse malienne d’un mécanisme adéquat de solidarité et d’entraide. L'objectif est de garantir à ceux qui sont frappés par les épreuves de la vie la préservation de leur dignité et une prise en charge sereine. Je ne saurais établir de comparaison directe avec les initiatives spontanées du passé, car il s'agissait le plus souvent de démarches individuelles, guidées soit par le respect du parcours des confrères concernés, soit par pur humanisme. Ce qui demeurait regrettable, c’était la diffusion sur les réseaux sociaux d’images déshonorantes de ces personnalités qui ont pourtant été de grands acteurs de la mission de service public de la communication et de l'information dans le pays.

Un peu plus d'un an après la mise en place de votre bureau exécutif de sept membres pour ce mandat de cinq ans, quel premier bilan concret pouvez-vous dresser des activités menées sur le terrain ?

Après seulement une année d'exercice, il est prématuré de tirer un bilan définitif pour une organisation que nous avons dû faire renaître de ses cendres. Néanmoins, notre principale satisfaction réside dans l’engouement remarquable que la relance du Fonsopress a suscité, tant auprès des professionnels de la presse que des plus hautes autorités du pays. Pour l’anecdote, dès le début de nos démarches de prospection, la toute première contribution enregistrée - une enveloppe de cinq millions de francs CFA remise au Fonsopress - est venue directement du Président de la Transition, S.E. le Général Assimi Goïta, qu’il me plaise de remercier chaleureusement ici. Par la suite, notre bureau a été reçu par plusieurs chefs d’institutions, membres du Gouvernement, directeurs généraux et mécènes, qui ont tous salué et soutenu cette initiative de la presse malienne. Sur le plan interne, il faut féliciter l'adhésion de nombreux acteurs des médias qui se sont acquittés de leur carte et de leurs cotisations. Nous poursuivons activement ce travail de sensibilisation. Nous avons déjà tenu une importante assemblée générale d’information avec le personnel de l’Amap, planifié une rencontre similaire avec l’Ajsm pour la presse sportive, et nous nous préparons à échanger avec l’Urtel, l’Ortm ainsi qu'avec nos confrères des régions, afin que l'ensemble de la corporation s'approprie cet outil précieux. Sur le plan institutionnel, nous avons tenu la première session du Conseil d’administration du Fonsopress. Celle-ci a permis de valider des dossiers majeurs, notamment le plan d’action triennal du Comité de gestion, notre rapport d’activité, le nouveau manuel de procédures administratives et financières ainsi que le projet de budget de l'exercice en cours. Ces bases solides nous permettent d'envisager des chantiers ambitieux pour cette année, parmi lesquels la finalisation d’un accord de partenariat avec le Centre de Médecine du Sport pour une prise en charge à tarif préférentiel, l’intégration d’un spécialiste au sein de notre Comité technique chargé de l'évaluation des dossiers médicaux, et l’organisation d'un Téléthon pour la mobilisation de fonds en faveur de la presse.

La viabilité du Fonsopress repose essentiellement sur l'engagement de ses membres à travers les frais d'adhésion et les cotisations mensuelles. Quelle est la dynamique actuelle des adhésions au sein de la corporation, et parvenez-vous à instaurer une véritable culture de la cotisation régulière chez les journalistes ?

Pour tenir compte des réalités économiques des professionnels des médias maliens, nous avons fixé le coût de la carte d’adhésion à 1000 FCFA et la cotisation mensuelle au même montant de 1000 FCFA. Depuis le démarrage de nos activités, nous avons enregistré l’adhésion d’une centaine de consœurs et confrères. Cependant, nous constatons une certaine régularité en demi-teinte dans le versement des cotisations mensuelles. C’est pourquoi, dès ce mois de juillet, en parallèle de nos campagnes d’information, le Comité de gestion va engager un suivi personnalisé et relancer les retardataires. Le Fonsopress ne pourra atteindre pleinement ses objectifs sans un engagement ferme et régulier de l'ensemble de ses adhérents.

Piloter un outil de protection sociale et de mutualisation des efforts dans un contexte économique globalement difficile pour les médias est un défi de taille. Quelles sont les principales résistances ou difficultés matérielles et structurelles auxquelles votre comité de gestion est aujourd'hui confronté ?

Pour parler sans détour, une structure comme le Fonsopress devrait pouvoir s'appuyer sur des conditions de fonctionnement optimales pour mener à bien sa mission. Même si ce cadre idéal n'est pas encore totalement réuni, nous restons concentrés sur l'essentiel : doter le Fonds de ressources financières solides afin d'assurer pleinement sa mission de couverture sociale. Pour y parvenir, nous comptons avant tout sur la mobilisation et le soutien de tous ceux qui croient en la portée noble de ce projet.

Au-delà des cotisations internes, vous avez bénéficié dès le départ du soutien de personnalités marquantes comme le parrain M. Issa Arsina Cissé ou le ministre de tutelle. Quels partenariats stratégiques, qu'ils soient publics, privés ou internationaux, avez-vous pu nouer ou envisagez-vous de nouer pour pérenniser et renforcer la surface financière du fonds ?

En effet, la réussite de la mission du Fonsopress repose largement sur l’accueil très favorable qu'il a reçu auprès des institutions et des personnalités de bonne volonté. Outre le soutien capital du Chef de l'État, notre ministre de tutelle, M. Alhamdou Ag Ilyène, s'est engagé à nous accompagner à titre personnel ainsi qu'au nom de son département. Notre Parrain, M. Issa Arsina Cissé, a concrétisé son appui par une contribution majeure de 4 millions de FCFA. De son côté, le Président du Comité National Olympique et Sportif du Mali, M. Habib Sissoko, a fait don d'un important lot de matériel informatique. Bien d’autres acteurs continuent de nous manifester leur solidarité, et nous leur en sommes profondément reconnaissants. Actualités au Mali

Quels sont les projets prioritaires et les chantiers majeurs que le bureau exécutif compte déployer d'ici la fin de son mandat pour que le Fonsopress devienne une référence incontournable de protection sociale pour chaque journaliste malien ?

L'ensemble des acteurs des médias du Mali est au cœur de nos préoccupations. À court terme, notre priorité absolue est d'éradiquer ces situations humiliantes où des confrères malades doivent recourir à des appels à la générosité publique sur les réseaux sociaux. À moyen terme, nous travaillons à établir des partenariats durables avec les pouvoirs publics et les structures hospitalières nationales et internationales. À long terme, nous visons la pérennisation du Fonsopress et l'élargissement de ses prestations pour améliorer les conditions de vie globales des professionnels des médias. Nous nous inspirons d'expériences réussies dans la sous-région, notamment au Sénégal, où la carte du fonds de solidarité permet aux journalistes de bénéficier de réductions significatives sur des produits de première nécessité auprès de surfaces commerciales partenaires.

Pour finir, comment comptez-vous intégrer et matérialiser les grandes résolutions issues du premier Forum Panafricain des Médias (Fopame) dans le plan d'action du Fonsopress afin de maximiser l'impact de vos interventions en faveur des professionnels des médias ?

Il convient de rappeler que le Fonsopress a pris une part active dans l’organisation et le succès du FOPAME, un rendez-vous d'une haute portée stratégique. J'ai eu l'honneur d’y animer un panel consacré à la solidarité au profit des professionnels des médias africains, et nous nous reconnaissons pleinement dans les résolutions qui en ont découlé. Je tiens à adresser mes chaleureuses félicitations à l’initiateur de ce rassemblement, mon frère Bandiougou Danté, Président de la Maison de la Presse, ainsi qu'à toute son équipe. Les recommandations du FOPAME constitueront une boussole précieuse pour enrichir notre plan d'action et renforcer l'impact de nos interventions sur le terrain.


Propos recueillis par Khaly-Moustapha LEYE

Commentaires

Titrologie



L’aube N° 429 du

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie
Sondage
Nous suivre
Nos réseaux sociaux

Comment