Après la visite du PM malien, Abdoulaye Maïga, à Alger, il a seulement fallu 21 jours pour que son homologue algérien, Sifi Ghrieb, fasse le chemin inverse à Bamako.
Les parties malienne et algérienne, au cours des déplacements, ont qualifié leurs échanges de « très chaleureux » et « très fraternels ». Désormais Bamako espère que la région Sahélo-saharienne deviendra « un espace prospère, sécurisé et débarrassé de toutes les formes d’hégémonie, de terrorisme et de néocolonialisme ». Journal en ligne
C’est une réalité, l’Algérie et le Mali partagent une longue frontière de 1300 kms. Ils s font face à la menace persistante du terrorisme, de l'extrémisme et de la criminalité transfrontalière dans la zone sahélo-saharienne. A l’évidence, Ils ont des défis communs à relever. Ce qui exige une collaboration sécuritaire étroite entre Alger et Bamako, ne serait-ce que, pour sécuriser leurs zones limitrophes. D’où l’option actuelle de la real politik dont les deux pays ont in fine choisi pour amorcer le renouveau de leur relation bilatérale. Mais il n’y a pas que les seules questions sécuritaires qui doivent compter entre les deux grands voisins. Ils doivent nécessairement se développer.
A cet effet, les discussions entre les deux autorités ont logiquement porté sur l’acquisition d’infrastructures, en l’occurrence : des projets structurants comme la route transsaharienne et le développement des liaisons routières, ferroviaires et aériennes entre les deux Etats. Notre grand voisin du nord, qui possède une grande expérience dans la recherche et l’exploitation des ressources d’hydrocarbures, peut aussi nous aider dans ce secteur hautement stratégique. Surtout qu’il est une évidence que le meilleur débouché pour la vente éventuelle de nos hydrocarbures (le jour où le Mali en serait producteur) est incontestablement la mer méditerranée, en traversant le territoire algérien. Une réalité qui doit pousser Alger et Bamako à œuvrer pour booster leurs échanges commerciaux au profit de leurs économies respectives.
L’Algérie et le Mali sont, l’un et l’autre, des prolongements naturels. Ce qui fait d’Alger un acteur incontournable de Bamako et vice-versa. Les deux Etats sont donc condamnés à redynamiser leur coopération multiforme mais désormais dans le respect mutuel. Pour cela, Alger devra nécessairement prendre ses distances avec les Groupes Armés Terroristes (GAT) qui sèment la terreur dans le septentrion malien. Ces Groupes terroristes ne doivent plus avoir gites et couverts en Algérie. Cela constitue une condition sine qua none pour reprise normale de la coopération entre les deux voisins. Une fois toutes ces conditions remplies, Alger et de Bamako doivent rechercher, illico presto, une meilleure alchimie pour l’atteinte de cet objectif, tant souhaité entre les deux gouvernements, de même que les populations transfrontalières. Il y va des intérêts réciproques des deux pays! Journal en ligne