Selon la dernière note de conjoncture rendue publique par la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) les données des Etats révèlent que les perspectives économiques de ...
Selon la dernière note de conjoncture rendue publique par la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) les données des Etats révèlent que les perspectives économiques de l'Union font ressortir une croissance attendue à 6,1% en 2026 et à 6,2% en 2027, après 6,5% en 2025. Cependant, les Etats sont appelés à prendre des mesures efficaces pour atténuer les effets de la tendance haussière de l'inflation.
Selon les rédacteurs de la note de conjoncture, l'activité économique au sein de l'UMOA est restée dynamique au deuxième trimestre 2026, le PIB réel étant en hausse de 6,0%, en glissement annuel, après une progression de 6,1% enregistrée au trimestre précédent. Cette dynamique, affirme le document, résulte de la bonne orientation de l'activité économique dans l'ensemble des secteurs. Par contre, la gestion des finances publiques dans l'UEMOA, au cours du premier semestre 2026, s'est soldée par un accroissement du déficit budgétaire global, base engagements, dons compris, ressorti à 2.492,9 milliards, soit 3,4% du PIB, contre 2.355,3 milliards ou 3,2% du PIB un an plus tôt.
Concernant le taux d'inflation dans l'Union, il s'est établi à 0,4%, en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, après -0,2% le trimestre précédent.
La progression du niveau général des prix est principalement imputable au renchérissement des produits de la division "Transport" (+0,2 pdp après -0,1 pdp) et à l'atténuation du rythme de baisse des prix de la division "Produits alimentaires" (-0,3 pdp contre -0,8 pdp). Le taux d'inflation sous-jacente, qui retrace l'évolution des prix, en excluant ceux des produits frais et des produits énergétiques, s'est situé à 0,8% au cours du trimestre sous revue, après un niveau de 1,3% enregistré le trimestre précédent. Selon les données des États, les échanges extérieurs des pays de l'Union se sont traduits par un solde global de la balance des paiements excédentaires de 2.483,6 milliards au deuxième trimestre 2026, après un surplus de 1.787,5 milliards à la même période de l'année précédente, soit une amélioration de 696,1 milliards. Cette consolidation a été induite principalement par la réduction du déficit des transactions courantes qui est ressorti à 0,4% du PIB, contre 2,5% un an plus tôt. En revanche, le repli de 24,6% des entrées nettes de ressources au titre du compte financier par rapport à leur niveau de la même période de l'année précédente, a atténué cet effet.
Les conditions monétaires se sont globalement détendues au cours du deuxième trimestre 2026, en ligne avec l'amélioration de la liquidité bancaire portée notamment par la bonne tenue du secteur extérieur, et la réduction de 25 pdb des taux directeurs de la Banque Centrale intervenue en mars 2026. Le taux d'intérêt moyen pondéré sur le marché interbancaire, toutes maturités confondues, a baissé de 51 pdb pour atteindre 4,0%. Sur les nouvelles mises en place de crédit, le taux débiteur moyen, hors taxes et charges, s'est établi à 6,67% au deuxième trimestre 2026 contre 6,70% au trimestre précédent.
Au sujet du marché régional des titres publics, la note de conjoncture indique que les taux de sortie des bons se sont réduits de 51 points de base au deuxième trimestre 2026, comparativement au trimestre précédent. Sur le segment obligataire, les conditions de financement sont restées favorables, la majorité des Etats ayant bénéficié d'une détente de leur rendement sur la période sous revue.
La situation monétaire à fin juin 2026 est marquée par une consolidation de la masse monétaire de 11.421,1 milliards, en hausse de 20,9%, en glissement annuel, après +18,1% un trimestre plus tôt. Cette évolution s'explique par l'augmentation des actifs extérieurs nets de 9.579,5 milliards (+115,1%), en lien essentiellement avec l'amélioration du solde global des échanges extérieurs, et celle des créances intérieures de 3.022,9 milliards (+4,8%). L'accroissement des créances intérieures résulte de la hausse conjuguée des créances nettes des institutions de dépôt sur les Administrations Publiques Centrales (+1.094,3 milliards ou +4,1%) et des créances sur l'économie (+1.928,6 milliards ou +5,4%). En particulier, les crédits accordés au secteur privé ont augmenté de 6,6% après 6,0% trois mois plus tôt, portés principalement par les crédits aux sociétés non financières (7,2% contre 6,4%).
En ce qui concerne l'activité sur le marché boursier régional, elle s'est renforcée au cours du deuxième trimestre 2026, avec une augmentation de l'indice global (BRVM Composite) de 11,0%, après celle de 18,1% le trimestre précédent. La capitalisation boursière s'est accrue, en rythme trimestriel, de 7,2%, après une hausse de 11,0% trois mois plus tôt. Cette dynamique reflète l'augmentation de la capitalisation du marché des actions (+7,7%) et celle des obligations (+6,6%). Sur une base annuelle, la capitalisation boursière globale du marché a progressé de 30,9% à fin juin 2026.
Toujours selon les experts de l'UMOA, les perspectives économiques de l'Union font ressortir une croissance attendue à 6,1% en 2026 et à 6,2% en 2027, après 6,5% en 2025. Ces évolutions traduisent le maintien du dynamisme des industries extractives et manufacturières, des activités commerciales et des services ainsi que les bonnes perspectives de la campagne agricole 2026/2027. Ces prévisions restent toutefois tributaires de la conjoncture internationale et de la situation socio-politique et sécuritaire des pays membres de l'Union ainsi que des effets du changement climatique.
Quant aux projections budgétaires dans l'Union, elles font ressortir un creusement du déficit en 2026, avant une reprise de la consolidation en 2027. Le déficit budgétaire rapporté au PIB s'établirait à 3,5% en 2026, après 3,2% en 2025, avant de revenir à 3,1% en 2027. En particulier, la dégradation du déficit budgétaire en 2026 s'explique principalement par les mesures temporaires prises par certains Etats membres pour atténuer les effets socio-économiques de la crise au Moyen Orient sur les populations. Pour sa part, le ratio d'endettement public connaîtrait une quasi-stagnation à 63,6% en 2026 contre 63,3% en 2025 et se replierait à 60,8% en 2027.
Pour les échanges extérieurs de l'UEMOA, il se dégage un excédent du solde global de la balance des paiements, en 2026 et 2027, moins important que celui de 2025. Cet excédent ressortirait à 3.427,3 milliards en 2026 et 1.523,1 milliards en 2027, après 7.027,6 milliards en 2025. Cette réduction de l'excédent serait, entre autres, imputable à la dégradation des termes de l'échange qui reculeraient de 2,3% en 2026 et de 7,5% en 2027, sous l'effet conjugué de la hausse des cours des produits pétroliers et de la baisse des prix de certaines matières premières exportées, notamment le cacao. Ainsi, le déficit du compte des transactions courantes se creuserait, pour atteindre 1,6% du PIB en 2026 et 2,7% en 2027, contre 1,0% en 2025. Toutefois, les entrées nettes de capitaux au titre du compte financier, estimées à 4.349,9 milliards en 2026 et à 4.647,8 milliards en 2027, permettraient de couvrir les besoins de financement extérieur.
En ce qui concerne la situation monétaire, elle serait, selon la note de conjoncture, caractérisée par une accélération du financement du secteur privé, après le ralentissement observé en 2025. La croissance des créances sur l'économie se situerait à 6,9% en 2026 et 7,8% en 2027, après 5,6% en 2025.
Il ressort de l'analyse des experts de l'UMOA que le taux d'inflation dans l'Union, en moyenne annuelle, devrait revenir dans sa zone cible [1%, 3%], passant de 0,0% en 2025 à 1,0% en 2026 et 1,9% en 2027. Cette prévision intègre notamment l'impact de la crise au Moyen-Orient sur l'évolution des prix de l'énergie dans l'Union et le redressement anticipé des prix des produits alimentaires importés en 2027.
Il faut noter la prévision selon laquelle la balance des risques entourant les perspectives d'inflation demeure orientée à la hausse, en raison principalement des incertitudes entourant l'évolution de la situation géopolitique internationale, notamment la crise au Moyen-Orient, à travers ses effets sur les cours des produits pétroliers et alimentaires importés, ainsi que sur les coûts des engrais, du transport et du fret.
Néanmoins, cette orientation haussière pourrait être contenue par un approvisionnement satisfaisant des marchés en produits céréaliers issus de la campagne 2026/2027. Elle pourrait être également atténuée par les mesures que prendraient certains États en réponse aux impacts négatifs des tensions au Moyen-Orient.
A.B.NIANG, Journaliste et Consultant, correspondant depuis Dakar)