Dans les années 90, toute la scène politique africaine vibrait au rythme d'une vision faisant appel à la rupture avec les partis politiques à caractère unique.
A la faveur de cette dynamique, la question de l'alternance politique dominait les débats. Une majorité de citoyens africains souhaitaient la fin des partis uniques et l’avènement du pluralisme démocratique. In fine, la plupart des pays africains ont basculé dans le système de multipartisme intégral. Mais de nos jours, l’Afrique dite francophone, connait de nombreux soubresauts politiques.
Les urnes étaient devenues le seul cadre de l'arbitrage du peuple. Car la rupture avec les partis uniques sur le continent noir avait permis l'organisation des élections libres et transparentes dans une quantité de pays. L'idée principale de ce changement politique était de reconnaître aux peuples africains leur droit de vote. Ainsi chaque citoyen avait théoriquement sa liberté d'exprimer son choix pour élire celui qui devait gérer son pays. A cette époque, nous assistâmes à une prolifération de partis ou mouvements démocratiques. L’exercice politique dans un cadre démocratique avait produit une véritable richesse des idées qui s’exprimaient pour promouvoir les libertés individuelles et collectives.
Les critiques portées sur la gestion des pouvoirs se faisaient dans un esprit majoritairement constructif alors que les propositions et suggestions étaient les bienvenues auprès des tenants du Pouvoir politique. Les opposants politiques s'exprimaient librement pour défendre leurs Projets de Société. Tandis que les Pouvoirs politiques se défendaient eux-aussi en fournissant des preuves, soutenues par des actions concrètes réalisées.
Mais actuellement, en Afrique de l’Ouest francophone, cette liberté politique et d’expression est mise en stand-by. Les 'alternances au Pouvoir désormais sans passer par les urnes. La question ne se pose plus, dans ces dernières années en termes d'alternance, mais plutôt, comment conserver le pouvoir et de s'y maintenir ?
Partout sur le continent, le changement de paradigme est orienté sur la pérennité du pouvoir. Chaque Pouvoir, à son niveau, se forge des arguments et alibis pour retarder l(avènement de Pouvoir constitutionnel. Les constitutions et chartes sont modifiées aux fins de permettre au Pouvoir de se maintenir. Si certains modifient les constitutions et les chartes, pour se faire relire à volonté, d'autres par contre, ne veulent plus entendre parler d’un calendrier, ni chronogramme électoral.
C'est la réalité dans beaucoup de pays africains. Même s’il est vrai que quelques pays se distinguent positivement en opérant des changements politiques dans les urnes de façon démocratique. Mais ils ne sont pas nombreux. Les peuples pourtant doivent avoir la possibilité de faire le choix de leurs dirigeants. De toute façon, les vraies questions sont là. Et les vrais débats sur l'avenir de nos pays s'imposent.