Dans sa parution du 1er octobre 2026, le quotidien national « L’Essor » publie une interview du Secrétaire permanent du Conseil de sécurité nationale, le Général de division à la retraite Yamoussa Camara.
L’ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants du Mali analyse la situation sécuritaire du pays. « En tant qu’Officier général à la retraite, quels conseils avez-vous à donner pour le retour définitif de la paix dans notre pays ? », le Général de division à la retraite répond : « Comme tout autre concitoyen, aucun militaire retraité, fût-il Officier général, ne saurait se tenir à l’écart de la crise multidimensionnelle que traverse le pays. Toutefois, avec l’âge, ce n’est pas tant son aptitude physique que son intelligence et sa capacité de réflexion qui pourraient être sollicitées. Or cela relève du secret et doit être obstinément gardé sous silence. Il faut cependant garder à l’esprit que le tout-militaire ne constitue pas une solution durable. Par ailleurs, la victoire militaire n’est pas un objectif politique. L’objectif politique poursuivi demeure la paix. Comment parvenir à une meilleure situation de paix ? La victoire militaire n’est qu’un moyen, et elle se conclut toujours autour d’une table de négociation….». L’ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants souligne que « le tout-militaire ne constitue pas une solution durable ». Ce n’est pas la première fois que le Général Yamoussa Camara tient de tels propos. En octobre 2024, il a publié dans la presse une tribune sous le titre «Hiroshima n'a pas suffi». L’ancien Chef d’Etat-major particulier d’IBK soutenait avec courage la posture suivante : « la violence ne met pas fin à la violence. Elle peut créer des conditions favorables pour négocier en position de force, elle ne suffira jamais à imposer la paix. Car, la paix ne s’impose pas, elle se négocie. Une guerre ou une opération de guerre se termine toujours par la diplomatie et la négociation. Cela est illustré par une formule élégante : la diplomatie d’un Etat s’arrête là où s’arrête la puissance de ses armes ». En soutenant que «le tout-militaire ne constitue pas une solution durable » ou «la violence ne met pas fin à la violence », le Général Camara suscite les questionnements sur les éventuelles limites des stratégies en cours. Le Secrétaire permanent du Conseil de sécurité nationale met ainsi à l’aise ceux qui appellent, depuis des années, à un dialogue sincère pour baliser le chemin de la paix. Le recours au dialogue n’est nullement un signe de faiblesse. La paix n’a pas de prix. Parvenir à la paix au prix d’un dialogue véritable, c’est faire preuve de courage politique. « Je préfère la paix la plus injuste à la guerre la plus juste », disait, il y a plus de 2000 ans, l’avocat et homme d’Etat romain : Cicéron.