Apollo, la bête noire des yeux qui les rend douloureux, rouges et si vilains que certains les dissimulent derrière de grosses lunettes noires est de retour. Le mieux, c’est de l’éviter.
" Dra, quand est-ce que tu es devenu soudeur ? Ou tu veux nous faire croire que tu es un navigateur interplanétaire? Dis- moi, tu étais sur la lune ? Faut pas nous contaminer dè"!
C'est cette dernière allusion de son beau-frère qui attira l'attention sur Boua et ses grosses lunettes noires. Si grosses et si noires que le jeune homme semblait porter un masque. Mais, en réalité, c’est parce qu’il a chopé ‘’Apollo’’, l’épidémie de conjonctivite de retour au Mali pour la énième fois. En pareille circonstance, les verres noirs permettent de soustraire des regards les yeux devenus rouges et larmoyants par la maladie. Ils les protègent aussi de la lumière vive à laquelle ils sont sensibles.
Pour la petite histoire, cette épidémie s’est déclarée pour la première fois dans les années 70. C’était quasiment au même moment où le monde était ébahi à l’annonce que des astronautes américains, Neil Armstrong et Buzz Aldrin, ont conduit avec succès la mission spatiale Apollo 11, en marchant sur la Lune pour la première fois. La mission a été lancée le 16 juillet 1969 et s’est posée le 20 juillet 1969, sur la lune. Elle est revenue le 24 juillet 1969 en amerrissant dans l'océan Pacifique.
Comme d’habitude, les autorités en charge de la santé publique invitent la population à renforcer les mesures d’hygiène afin de limiter les risques de transmission.
Comment éviter Apollo
Il s’agit, notamment, de : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, utiliser le gel hydro alcoolique, éviter de toucher ou de frotter les yeux avec les mains, ne pas partager les serviettes, mouchoirs ou objets personnels.
Les pouvoirs publics déconseillent aussi l’utilisation de médicaments ou de produits (collyres, sérums, gels ou pommades) sans l’avis d’un professionnel de santé. Sont également déconseillées les recettes de grand-mère telles que le citron, le savon ou autre décoction ou infusion qui pourraient aggraver au contraire l’inflammation.
Ces conseils sont à suivre à la lettre, car c’est ainsi seulement qu’on pourrait casser la chaîne de contamination et réduire les risques de propagation de l’infection.
Quoi faire en cas d’apparition de symptômes tels qu’une rougeur, une sensation de corps étranger dans les yeux ou de sécrétions oculaires ? Le mieux, indique Dr N’Diaye de l’Unité d’ophtalmologie de l’Hôpital du Mali, c’est de consulter un ophtalmologiste. Une consultation médicale permet d’évaluer la situation et d’orienter la prise en charge de manière appropriée.
Dans son appel à la vigilance, le ministère de la Santé précise que la situation n'est pas alarmante si les règles d'hygiène sont respectées.